À une semaine du départ…

Bye bye, boss!

Ça y est, je suis officiellement en congé pour un an!

Hier, j’ai dit au revoir à mes patrons et collègues. C’était émouvant parce que, pour certains, c’était carrément des adieux (ceux qui s’en vont à la retraite bientôt, ceux qui ont prévu partir se faire voir ailleurs). Et puis la vie est pleine de rebondissements, alors on ne sait jamais tout ce qui peut se passer au cours d’un an.

In the mood for… Bof!

Toute la semaine, je me sentais bizarre! Un mélange alternant de joie et d’angoisse, de zenitude et de stress. Et plutôt que de déborder d’enthousiasme comme je le fais non-stop depuis 2 ans, je me sentais apathique. Je dois dire que je me reconnais dans cette réaction-là. Parce qu’en période de grand stress, avant de passer à l’action, j’ai le même mécanisme de défense que le hérisson : me rouler en boule et faire la roche! Heureusement, cela ne dure jamais longtemps.

Puis ce matin, à une semaine du départ en ce beau samedi gris, je me retrouve débordante d’enthousiasme à nouveau. Exit, le hérisson! Je me sens LIBRE! Je me sens PRÊTE et D’ATTAQUE pour affronter ce qui s’en vient. Aussi, du fait que le boulot soit dernière moi, cela me permettra enfin de me concentrer uniquement sur mon projet : les bagages, les derniers trucs à faire, tout ça.

Camping et chants grégoriens

Mes boîtes sont déjà parties chez mon oncle depuis une semaine. Ci-dessous, ce qu’il reste de mes effets personnels (mais finalement, le fauteuil rouge et l’ottoman, je les ai donnés à mon oncle pour le remercier du dérangement).

Je dois admettre qu’au moment où j’ai rassemblé toutes mes affaires pour prendre cette photo, j’ai reçu un petit coup de pelle dans les Chiclets. Mon cerveau a soudainement réalisé que « WOOOOOOOOOO, ON EST VRAIMENT RENDUS LÀ POUR VRAI!? WTF???». Je me suis mise à sangloter comme une enfant pendant quelques minutes. Il n’y avait pas de regret ni de tristesse dans ma réaction. Je nageais plutôt dans les eaux claires de l’incrédulité et du soulagement. Mais cela a été tout un électrochoc!

Alors depuis la semaine passée, je suis un peu en camping à la maison. Je n’ai gardé avec moi qu’un kit de survie : une fourchette, un couteau, une cuillère, une assiette, un bol, un tournevis (pour enlever les pôles à rideaux), quelques vêtements, un matelas soufflé... J’ai gardé mes plus vieilles et mes plus laides affaires, question de finir de les user, avant de les jeter aux poubelles en partant. Ma poêle rayée (et sans doute cancérigène!), mon chaudron noirci, ma serviette tachée, mes débarbouillettes décolorées, mes plus laids linges à vaisselles…

Maintenant, mon appartement est tellement vide qu’il y a de l’écho comme dans une cathédrale. Il se pourrait donc que je me lance dans les chants grégoriens d’ici quelques jours (ou pas).

Bref, j’ai déjà fait mes adieux au confort.

Réflexe gourmand

C’est nono, mais depuis 2 semaines, j’ai le réflexe de penser à toutes les affaires que j’aime manger et dont je devrai probablement me passer en Asie. Dans mon dernier panier d’épicerie, tous mes achats ont été faits en conséquence : fromage coulant/baguette, saumon fumé/bagel/fromage à la crème, kit à nachos, tranches de Singles pour satisfaire une subite envie de grilled cheese... (Euh... je viens de réaliser qu’il y a comme un thème à mon affaire! Est-ce que j’aurais été une souris dans une autre vie? Je viens peut-être de trouver une explication à ma petite voix aiguë…)

Et pendant ma dernière semaine de travail, j’ai pris congé de me faire des lunchs pour aller manger dans mes petits restos préférés des alentours du bureau.

Finalement, ça va clairement me prendre une poutine du Alpha avant de partir, au moins un plat impliquant du bacon et quelques bons vins. Là-dessus, je prends un instant pour demander pardon à mon foie...

Puis je pense que ma mère souffre du même syndrome que moi parce que depuis l’Action de Grâces, elle m’a invitée à manger un repas de dinde/atocats/patates pilées/farce/petits pois (mon repas préféré), non pas une, ni deux, ni trois, mais bien 4 fois! (Maman, c’était BOOOOOOON! xxx)

Et maintenant?

À une semaine du départ, presque tous les éléments de ma liste toudou sont biffés.

J’ai des infos et des cartes pour toutes les destinations de mon projet d’itinéraire.

J’ai tous les documents nécessaires en main (réservations, billets, passeport, visas, devises…). Il me manque seulement le permis de conduire international, que j’irai chercher cette semaine. Il faut juste passer à un comptoir CAA, payer et repartir avec le truc. Pas d’attente, donc.

Je me suis aussi délibérément gardé quelques achats à faire, question de m’occuper et aussi de passer du temps avec ma mère avant de partir.

Puis il me reste quelques trucs à vendre ou à donner à la charité.

Et de la famille et des amis à voir.

Ma dette à la société

J’ai déjà mentionné, dans un article précédent (à lire ICI), que pour me permettre de partir en vadrouille pendant un an, j’ai dû renoncer à certaines choses. Bien entendu, ce ne sont pas tant des sacrifices que des choix que j’ai faits pour atteindre un but. Par contre, par la bande, il y a des gens qui doivent et devront subir les conséquences de mon départ. De gré ou de force. C’est à ceux-là que je tiens à m’adresser ici.

D’abord, je demande pardon à mon chat (Klaxon, que j’appelle Poulet) pour l’abandon temporaire et le traumatisme du déménagement (c’est un gros stressé, il ne va pas apprécier)!

Quand même, après une période d’adaptation, je pense qu’il sera vraiment bien chez ma mère. Et je suis sûre que c’est bien plus moi qui m’ennuierai de lui que l’inverse! 

Par contre, il lui faudra conquérir l’autre mâle de la maisonnée, Jean-Claude, mon beau-père. C’est que l’arrivée d’un poilu pensionnaire sur son territoire est un sacré compromis pour lui. (Jean-Claude, je sais que c’est beaucoup te demander et je te remercie du fond du coeur. Je t’aime fort! xxx)

Il y a aussi mon oncle Marc envers qui je me sens vraiment redevable. C’est lui qui a généreusement accepté d’entreposer dans son logement toutes mes affaires pour un an. (Cher Marc, je m’excuse pour l’envahissement de ton espace! Mais je te promets que je te revaudrai ça! Je t’aime! xxx)

Et puis, je vais le dire : je suis une fille indigne! (Maman, tu le caches bien mais je sais que tu te fais déjà du souci pour moi. Tu vas beaucoup me manquer toi aussi. Mais heille! Le temps de le dire, on se retrouvera en Thaïlande et on rattrapera un peu du temps perdu. Je t’aime gros comme un éléphant à dos d’éléphant! xxx)

Sans oublier mes patrons et certains collègues à qui mon départ demandera certains ajustements. (Julie, t’es la meilleure! xxx)

Je suis pleine de gratitude envers vous tous et je me sens redevable pour le dérangement causé. Quand même, vous pourrez dire fièrement que vous avez, chacun à votre façon, contribué à la réalisation d’un rêve. Ce n’est pas rien!

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