Pemuteran, Bali

Qu’est-ce’ tu manges pour être belle de même?

Avant de passer à la suite de mes aventures, je prends un instant pour raconter ma dernière anecdote culinaire. À Malang, la veille de mon départ, j’ai mangé le pire sandwich de ma vie (j’en ai parlé dans mon dernier article). Le jour du départ, comme je disposais de quelques heures à tuer avant de prendre mon train pour Banywangi, je me suis encore arrêtée dans ce même café. En dépit de ma mauvaise expérience de la veille, je dois dire qu’on y sert un délicieux cappuccino. Et l’établissement est situé à deux pas de la gare.

Alors au bout d’un certain temps, j’avais un petit creux. Je risque donc un œil sur le menu et je vois qu’il propose une salade de fruits. Je pense : «Parfait! Aucune chance que ce ne soit pas bon.» Me fourre-je? Tellement! Ce qui m’a été servi, c’est ça :

Des cubes de melon pas mûr, des cubes d’un fruit transparent non identifié, quelques morceaux d’ananas pas mûr, le tout baignant dans une sauce «mayonnaisée» et saupoudré de fromage râpé! Re : A-re-ke. Hahahahaha! 

Bref, si vous passez par Malang et que vous vous arrêtez au Morse Café, contentez-vous donc d’y boire un cappuccino…

Une p’tite vite à Banywangi

De Malang, je partais vers Banywangi en train. Pourquoi? Et bien c’est l’endroit d’où l’on prend un ferry menant vers Bali. J’y suis arrivée vers 23 h 30, alors j’avais réservé une chambre dans une guesthouse située en face de la gare, question d’arriver en forme à Bali le lendemain. C’était une petite chambre plutôt minable, avec une douche défectueuse, mais bon, c’était juste un stop utilitaire, après tout. Par contre, les gens de la place étaient franchement sympathiques et j’ai eu bien du plaisir à jaser avec eux en déjeunant avant de repartir. 

Ferry nostalgie

Le 20 juillet, j’ai pris le traversier vers Bali. La distance est très courte entre Java et Bali (on voit l’île de Bali depuis le quai de Banywangi). Le trajet dure environ 20 minutes. J’étais super excitée parce que j’adore les traversiers.

Et puis ils me font toujours penser à mon père. Le nombre de fois qu’on a pris ensemble celui de Québec-Lévis aller-retour, juste pour le plaisir de se trouver sur l’eau! D’ailleurs, après son décès, j’ai refait le trajet toute seule pour y disperser une partie de ses cendres dans le fleuve. Je pense que c’est illégal, mais quelle importance? Parce que mon père chérissait le Saint-Laurent (il faut dire qu’il est particulièrement magnifique dans la région de Québec). Alors je ne peux penser à un autre endroit où il aurait souhaité reposer en paix.

Love at first sight

Sur le rivage balinais, un Shiva bleu géant nous accueille (les habitants de cette île sont principalement hindous). Ma conquête a été immédiate. 

Pour me rendre à Pemuteran, à une trentaine de minutes de là, j’ai pris le bus local (le terminus est juste à côté du quai). Contrairement aux trains qui sont impeccables et hyper bien organisés (j’ai vu des équipes de nettoyage les astiquer chaque fois que j’en ai pris un. Cela reluit, mon ami!), les bus locaux sont des minibus crottés et cabossés. Puis les gens fument à l’intérieur (et moi aussi. Je m’y suis remis depuis Jakarta. Voilà, le chat est sorti du sac…). Quant à moi, j’avais littéralement le cul posé sur une barre de métal tellement mon siège était défoncé. (Vraiment pas aussi confortable que ton minibus, même quand Alain déplace mon banc, Méli! Xxx) Et ces bus ne partent pas à heures fixes : il partent quand ils sont pleins. 

J’ai dû patienter une heure avant le départ. J’en ai profité pour observer le va-et-vient du terminus et pour sympathiser avec les autres passagers (tous indonésiens). Des femmes portant leur panoplie sur un grand plateau posé sur leur tête venaient proposer des trucs à boire et à manger aux gens. L’achat le plus populaire : des épis de maïs qui semblaient avoir été cuits dans leur enveloppe de feuillage. 

La route vers Pemuteran était superbe. Des palmiers, de la verdure, des arches et des sculptures hindoues, des montagnes, des petites maisons avec des vaches, des cochons, des chevaux, des coqs et des poules… Un formidable spectacle qui m’a fait penser : «Bali, je t’aime déjà». Puis, le chauffeur de bus m’a laissée juste devant la ruelle menant à mon hôtel (il m’avait demandé où je logeais quand je suis montée à bord). Et ce qui m’attendait m’a jetée par terre…

Le jardin d’Éden

Ma guesthouse s’appelle Mango Moon Guesthouse (une trentaine de dollars la nuit). On dit qu’une image vaut mille mots, alors en voilà 4 000.

Voilà ma rue:

Ici, le site de l'hôtel:

Voilà ce que je vois quand j'ouvre les portes de ma chambre :

Et voilà mon petit déjeuner quotidien (crêpe aux ananas, fruits frais, jus de melon d'eau fraîchement pressé et thé):

Jardin d’Éden, je disais. Pour ajouter à cette impression, ma salle de bain est à ciel ouvert. Ah, le plaisir incomparable de sauter dans son costume d’Ève pour prendre sa douche au grand air, caressée par la brise! Et celui, (moins poétique, mais bon) de pisser en regardant des bananiers en fruits ou le ciel étoilé… Ouiiiiiiii, je le veux! Je suis folle de cette salle de bain. Je me brosse les dents en dansant, le matin. Et certains soirs, je les ai passés assise là, en bobette, à écouter de la musique en contemplant les étoiles. Est-ce que je suis en train de me découvrir un attrait pour le naturisme, moi là?

Pour ajouter à mon bonheur, je me suis fait masser à ma chambre le jour de mon arrivée. (Mais il manquait ta touche magique, Doc-Requin. Tu es unique! Xxx) 

Vamos a la playa

La plage de Pemuteran est à quelques minutes de marche de mon hôtel. Une belle plage de sable foncé, bordée de grands arbres où s’abriter du soleil. Pour utiliser les chaises longues de l’hôtel de luxe situé en bordure, il en coûte 2,50 $. J’y ai passé des heures à lire, à écouter de la musique et à observer la beauté du paysage, entre deux saucettes dans la mer de Bali. 

Et puis j’ai décidé de me délester de quelques complexes (Tout est fini entre nous, bande d’emmerdeurs!). Alors je porte fièrement mon bikini, assumant mon bedon, ma blancheur phosphorescente et toutes mes imperfections. 

 

 

En vrac

Ci-dessous, une petite bestiole plutôt mignonne rencontrée ici. Mais à dire vrai, j’y ai surtout vu plein de mini mille-pattes et j’ai aussi croisé deux petits scorpions. Brrr! D’ailleurs, je tiens toujours mes sacs fermés depuis Singapour, juste au cas où une petite bête déciderait de s’y installer sans invitation.

Le hamac : la plus belle invention de l’homme (après la pizza), d’après moi! En tout cas, c’est ce que ma face semble dire…

Vraiment!?

Quand j’ai complété le registre de l’hôtel (nom, âge, pays, # de passeport), dans la colonne «âge», tous les gens avant moi avaient 21, 24, 28, 22 ans. Moi, j’ai écrit 42. Et je l’ai écrit avec fierté. Parce que je suis consciente que ce n’est pas si courant pour une femme de mon âge de partir en voyage pour un an. Mais hé, les voyages ne forment pas que la jeunesse…  

Je passe mon temps à me dire (encore et encore!) : «C’est vraiment ma vie, tout ça? Ces découvertes, ces rencontres, ces paysages? Et ces heures passées à écrire? Puis ces gens qui me lisent? Et tous ceux qui m’envoient de l’amour? Puis toute cette liberté?!»

Sérieux, je ne compte plus les fois où j’ai pleuré de joie depuis mon départ en vadrouille. «Ouin, mais t’es une braillarde», me direz-vous. Tellement vrai. Mais je suis contente d’avoir le cœur tendre. Cela ne m’empêche pas d’avoir de la force quand le moment s’y prête. Pour vrai, quand je pense à ma vie en ce moment, je me dis que c’est à peine croyable ce qui se passe! Et délicieux! Et je compte savourer chaque bouchée de ce surprenant gâteau.

Prochaine étape : Canggu

Étant donné que juillet-août, c’est la haute saison du tourisme à Bali, j’ai décidé, au cours des derniers jours, où je voulais aller jusqu’à mon départ en Australie le 29 août et j’ai fait toutes mes réservations (toutes de 5 à 7 jours, j’aime prendre mon temps). Et puis ce que je trouve vraiment trippant, c’est de savoir que je reviendrai passer un dernier mois à Bali, en septembre-octobre, après l’Australie. Cela veut dire que si je tombe en amour avec tel ou tel endroit, bien j’aurai juste à y revenir plus tard.

Je peux donc déjà dire que dans les prochaines semaine je visiterai Nusa Lembongan, Gili Trawangan, Amed, Samur et Kuta.

Mais d'abord, le 26 juillet, je partirai à la découverte de Canggu (prononcer tchangou), sur la côte Sud de Bali. C’est un endroit réputé pour le surf et je suis très excitée à l’idée de voir la puissance des vagues qu’on y trouve. 

Je vous en donnerai des nouvelles!

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Julie
Invité
Julie

Merci d’avoir pris le temps de t’habiller pour prendre une photo de ta magnifique salle de bain! Hahaha! xxx

Ma d
Invité
Ma d

Bali c’est tellement le bonheur!
Les salles de bain extérieur merveilleux surtout avec l’option eau chaude pour la douche ?
Les Gens souriants, la bonne bouffe et la Bintang pour se rafraîchir!
Et beurkkkk ta salade de fruits…

Yvan
Invité
Yvan

Allo Isabelle
Quelle belle aventure , Moi je vais avoir 52 ans , et je vais partir avec mon sac à dos et mes deux ami pour un trip de 1 mois, je capote à lire et voir tout les photos.
Je vais peux être pleurer ? Moi Aussi lollll. Et je part juste 1 mois. Je voudrais pas me voir pour une année

J’ai pas de vocabulaire comme toi et mon français est à Ch…
Mais bon. Super ce que tu vie et savoure chaque moment.

À plus ?

Danielle
Invité
Danielle

Wow! Super Bali et la liberté!!! Enjoy!!! Je suis allée manger en Inde à notre resto préféré et voir Footloose… oui! je ne suis pas à la hauteur, mais tout de même, avoue bel effort!

France
Invité
France

C’est le paradis Bali! En te lisant tu me donnes le goût de prendre une sabbatique pendant ma retraite. Je pars pour la mer Baltique à la mi-aoùt, jai bien hâte d’être en vacances hi hi! Bisous tourelou.