Yogyakarta

L’ourse sort de sa grotte

Après deux jours de relaxation autour de la piscine, je me sentais d’attaque pour gambader dans Yogyakarta (prononcer «djogdjiakarta). Je suis donc partie visiter le quartier de Kraton, où vivait autrefois les sultans javanais. L’ancien palais et les autres installations des anciens sultans sont aujourd’hui cernés de petites ruelles trop cuuuuute composées d’habitations, de restos et d’échoppes. C’est un réel plaisir d’y marcher à travers la végétation et les arbres fruitiers. J’y ai visité une échoppe de confection de marionnettes (les spectacles de marionnettes sont ancrés dans la culture indonésienne). Très intéressant. Pssst! C'est juste moi ou la marionnette noire pourrait être la soeur jumelle de Mr. Burns?

J’y ai aussi fait la rencontre d’un gaillard fort sympathique (Eko, un retraité Indonésien) avec qui j’ai déambulé dans Kraton pendant des heures et qui me racontait les lieux. Par exemple, quand on a visité les anciennes piscines, il m’a raconté que le sultan Je-ne-sais-plus-lequel avait 36 femmes. Alors il se postait en haut d’une tour avec vue sur la piscine des femmes, puis il leur lançait une fleur de lotus du haut de son perchoir. Celle de ses femmes atteinte par le projectile devait monter retrouver son époux (qui l’accueillait bien sûr avec un «Envoye icitte, ma chanceuse!»).

J’aime les oiseaux

Eko a proposé ensuite de m’accompagner à moto au marché aux oiseaux. Why not!, que je me suis dit. Mais je l’ai regretté sitôt arrivés. Je m’explique. 

Il semble que les Indonésiens trippent fort sur les oiseaux et qu’ils aiment en posséder quelques-uns. On voit souvent des cages accrochées à la devanture des maisons. Cela ne me défrise pas trop. Mais le marché aux oiseaux… Tout mon être s’est révulsé dès que j’y ai mis les pieds. Je n’ai pas pris une seule photo sur place parce que j’aimerais mieux oublier ce que j’y ai vu. Ça m’a fait mal à mon humanité. 

En gros, c’est une grande place où il est possible d’acheter des animaux, surtout des oiseaux, et tout les accessoires/la nourriture liés (incluant des insectes). Mais c’est d’une tristesse! Des cages bondées d’oiseaux, de lapins, de lézards, de chauve-souris empilés les uns sur les autres. 800 poissons dans le même aquarium. Des chiens, des chats, des singes confinés dans des espaces exigus et un «ring » pour les combats de coqs. Même Eko m’a dit : «I prefer them free.» Et cette odeur… Plusieurs heures plus tard, je la sentais encore me monter à la gorge.

Moi aussi j’aime les oiseaux, Yann Perreau.

Eko et les Javanais

Il était vraiment tout gentil, cet Eko. Un retraité qui s’ennuie et qui cherche à rencontrer des gens et à pratiquer l’anglais. À la fin de la journée, il m’a ramenée à ma guesthouse. Puis il m’a laissé son numéro en me disant que si jamais je suis quelque part un soir et que je suis trop fatiguée pour rentrer à pied, je n’ai qu’à l’appeler et il sera content de venir me chercher pour me ramener. Il a refusé les roupies que je lui ai offertes pour le remercier de son temps.

Parce qu’ils sont vraiment très gentils et souriants, les gens d’ici. Tu sens qu’ils sont bons et attentionnés. Ils cherchent à faire connaissance et à aider. Même les flics sont sympathiques (voir photo). Je me sens en sécurité ici. Je suis convaincue que jamais je ne me retrouverai dans le trouble sans qu’on vienne spontanément à ma rescousse.

Je suis une vieille chose

J’ai fêté mon anniversaire le 10 juillet. J’ai acheté un des tours proposés par la guesthouse et je suis partie à moto avec un des employés, Ian, pour voir la plage de Krakal, située sur le bord de la mer de Java. C’était à 1 h 30 de route. D’abord, la route était vraiment belle. On passait par des villages, puis des rizières et des champs. Et la plage était belle, avec ses eaux bleues et ses grosses vagues. D’ailleurs, je me suis fait prendre… 

Je marchais les pieds dans l’eau (toute habillée, les pantalons remontés aux genoux) et je me suis aventurée un peu trop loin, cherchant des coquillages. C’est là que je l’ai vue arriver, la grosse vague. J’ai fermé les yeux en pensant : «Ah merde, je suis tellement faite!!!» Et la vague m’a ramassée d’aplomb et je me suis retrouvée le cul à l’eau! Hahaha! Je me suis un peu écorché le genou sur les pierres, mais surtout, cela m’a rafraîchie. Et l’eau était vraiment bonne. Mais la mer est tellement puissante à cet endroit que je ne me serais pas risquée à y nager. Enfin, j’ai quand même eu droit à cette petite saucette improvisée.

J’ai passé l’après-midi à discuter avec Ian en contemplant la mer bleue (« C’est ma fête, je fais ce qu’il me plaît-aît ». Puis on est rentrés. J’en rapporte quelques beaux coquillages (cadeaux de la nature).

Pour terminer cette journée d’anniversaire, j’ai pris un bon repas (un kwetiau) et j’ai reçu la visite d’une petite chatte en manque d’affection (un cadeau de fête félin). Puis j’ai juste relaxé et jasé longuement avec ma mère sur Skype (un cadeau de la technologie). Aussi, j’ai reçu plein de beaux messages de mes proches. Une bonne dose d’amour avant de me coucher, le cœur chaud.

Je suis aussi une star

Hé oui, je suis une star ici. Je n’ai rien eu à faire de particulier pour atteindre le firmament : cela m’est venu tout naturellement. C’est que je me fais arrêter par des jeunes hommes, des femmes, des enfants pour qu’on prenne des selfies ensemble! Voici deux de mes petites fans :

Sur le bout de la langue

J’ai commencé à pratiqué mon indonésien. Je sais dire merci, qui se dit (au son), tre makasi (rouler le r gaiement et allonger le i). Et on répond en disant sama sama. Bon après-midi, c’est selamat siang. La finale est différente pour le matin et le soir. Alors pour le moment, je ne peux saluer les gens que l’après-midi! Cela fait le tour de mes compétences pour l’instant.

Chronique météo

Le temps est agréable ici. Il fait très chaud et humide, mais tôt le matin et le soir venu, il fait plus doux. Une petite brise vient me rafraîchir la madame de temps en temps et quelques nuages bienvenus donnent à l’occasion un peu d’ombre à ma peau rougissante. Rien à comparer au niveau chaleur avec l’étouffante Singapour, donc, qui ne m’a fourni aucun répit en fait de dégoulinance, que ce soit à 6 heures le matin ou à 10 heures du soir. J’apprécie. N’empêche, j’ai beau mettre de l’écran solaire plusieurs fois par jour et être presque venue à bout de mon tube, j’ai toujours la peau rougeaude et surchauffée. Je songe à adopter la burka.

La suite! La suite!

Cette nuit, à 3 h 30 du matin, je partirai à moto avec un couple de Français et 3 employés de l’auberge pour aller assister au lever du soleil sur l’immense temple bouddhiste Borobudur. Nous irons ensuite visiter les temples de Prambanan. Je quitterai Yogyakarta (un peu à regret) le lendemain. J’ai essayé de prolonger mon séjour à ma guesthouse d’une semaine, mais je n’ai pu rester qu’un jour de plus (c’est tout réservé). 

Mais bon, c’est le signe qu’il est temps pour moi de poursuivre mon chemin. J’ai choisi une destination qui me rapproche de l’extrémité Est de Java, en vue de traverser sur l’île de Bali éventuellement (parce que c’est de Bali que je prendrai mon envol vers l’Australie à la fin août). 

Prochaine destination javanaise, donc : Malang. Je prendrai le train le 13 juillet pour cette petite ville montagneuse. 

Houston…

Il semble qu’il y ait eu un problème avec l’envoi de ma dernière infolettre. Pour une quinzaine d’abonnés, celle-ci a été considérée comme un spam et elle a rebondi. Je suis désolée pour les inconvénients. Je croise les doigts en espérant que le problème était passager (peut-être dû à un mot que le système informatique a trouvé louche?). Si la même chose se produit avec le prochain envoi, je contacterai mon hébergeur de site pour demander de l’aide.

Le cœur en berne

J’ai perdu quelqu’un de très cher à mon cœur le 8 juillet. Yolande, une des personnes que j’aime le plus au monde, depuis toujours. Je ne serai pas avec ma famille pour ses funérailles qui auront lieu le 15. Vous dire comment cela me frustre! Mais je serai là-bas dans mon cœur. Je vais faire brûler un petit lampion à l’heure prévue pour la messe et me recueillir en pensant à toute la famille réunie en sa mémoire.

Yolande, c’était celle qui nous accueillait toujours chez elle à bras ouverts, même à l’Improviste. Il y avait toujours du monde pour y débarquer, surtout le dimanche. Yolande, c’était une femme forte qui avait du caractère et pas la langue dans sa poche. Yolande, c’était une femme tendre, aimante, pleine d’humour, avec les yeux rieurs et une bette moqueuse. 

Yolande partie, cela fait un grand trou dans la vie de tous ceux qui l’ont connue et aimée. Yolande partie, c’est une grande vague de tristesse sur mon cœur.

Sympathies, câlins et gros bisous à toute la famille. xxx

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Isabelle en vadrouilleEric Desjardinssabine duclairDanielleGilles Recent comment authors
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Eric Desjardins
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Eric Desjardins

Tellement intetessant de te lire Isabelle. Tu nous donne même l’impression d’y être quelque fois. ? Merci. Continu d’en profite au Max et de nous informé. C’est apprécié.

sabine duclair
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sabine duclair

Tu donnes bien envie d’y être!

Danielle
Invité
Danielle

C’est tellement agréable de te suivre et d’avoir de tes nouvelles. Moi aussi, je trouve que tu as du talent pour écrire et j’ai toujours hâte de te lire.

Gilles
Invité
Gilles

J’adore la façon que tu t’exprime, j’ai l’impression de vivre avec toi cette magnifique aventure. Quel chance de faire ces découvertes avec des gens ordinaire non lié à l’industrie du tourisme… Du vrai bonbon!

Manon
Invité
Manon

C’est extraordinaire de constater que les gens soient si gentils, entre autre ton petit monsieur retraité 🙂 c’est sécurisant de te voir bien entourée aussi loin de nous. bonne route xxx

Johanne Vincent
Invité
Johanne Vincent

Que c’est intéressant, j adore te lire
Je suis un fan fini
Bisous xxx