Amed, Bali

Le charme discret d'Amed

Je suis arrivée à Amed le 13 août. Une collègue et amie, Marie-Andrée, (Merci tellement, Marie!!! xxx) m’en avait dit beaucoup de bien et j’étais super excitée d’y passer la semaine. 

Amed est un petit village de pêcheurs tranquille et accueillant. C’est mon deuxième coup de cœur indonésien après Canggu. Je m’y sentais comme dans une bulle de doux bien-être. Mon hôtel (Bali Yogi) donnait directement sur la plage de sable noir et sur la mer, limpide. Tout le long de la rive, des bateaux de pêcheurs sont hissés sur le sable, attendant leur prochaine sortie en mer. Si j’en ai vu quelques-uns armés de leur canne à pêche, c’est surtout à l’aide de longs filets que les pêcheurs d’Amed capturent les poissons.

Yogi pas l'ours

Et de fait, ma visite augurait bien. À mon arrivée sur Bali, un jeune type de mon hôtel m’attendait sur le rivage pour me conduire dans sa vieille bagnole au capot couvert de flammes. Lui-même était couvert de tatous et portait de ces piercings aux lobes grands comme des 30 sous. Mais surtout, Yogi était très cool, joyeux et enthousiaste. Les quelques minutes du trajet pour arriver à l’hôtel nous ont suffi pour nous apprécier mutuellement. Alors on s’est retrouvés plusieurs fois sur la plage, du coucher du soleil à tard le soir. On a bu des bières, beaucoup ri et refait le monde, assis sous les étoiles. WOW! 

On a échangé à propos de nos cultures, de nos vies, de nos aspirations…

Et il me parlait de son village. Il racontait qu’il n’y a pas si longtemps, avant que le tourisme ne se développe dans cette région, les gens d’Amed étaient pauvres et fonctionnaient par troc, échangeant du poisson contre une poule, du riz contre du maïs. Avec la venue du tourisme, toute une industrie s’est implantée et, depuis, les villageois se sont enrichis. 

Yogi était heureux de ces changements. Après tout, il est jeune (27) et le tourisme lui fournit travail, argent et occasions de rencontrer des gens de partout au monde. Et puis l’arrivée du tourisme lui permet également de rester dans son village, qu’il aime tant. 

Le côté plate du tourisme, pour lui, c’est cet endroit (Sunset Point) où il avait l’habitude d’aller voir le coucher du soleil mais où il ne va plus parce que maintenant il faut payer pour accéder au lieu. Ou certains clients de son gîte qui paient leur chambre des pinotes mais qui chiâlent tout le long parce qu’il n’ont pas un service cinq étoiles. 

La Dolce Vita

J’ai passé presque toutes mes matinées au bord de la piscine, alternant lecture et baignade. Ensuite je me mettais au frais quelques heures, à l’ombre sur une couchette au toit de chaume ou devant le ventilateur de ma chambre. (Ma chambre était torride - je n’aurais pas survécu sans mon ventilateur - et elle puait l’humidité, mais je m’y sentais bien.) J’en profitais pour écrire et parfois faire la sieste. 

Et puis j’allais luncher dans un des nombreux restos qui bordent LA petite route d’Amed. Conversation vécue dans un des petits warung (resto) de la place :

Moi : I would like the vegetarian nasi goreng (riz frit), please.

Serveuse : With chicken?

Moi : No. Just vegetables.

Serveuse : With egg?

Moi : No, no.

Serveuse : Ah ok… With crickets?

Moi (les yeux ronds) : Noooooo! 

Hé oui, en Indonésie, on mange des crickets frits. Je peux toutefois dire que moi, ici comme ailleurs, je n’en mangerai pas! 

Une journée, Yogi m’a emmenée visiter les alentours à moto. Il m’a fait voir un très beau belvédère avec vue sur la mer. On est aussi allés visiter un genre de parcours d’arbre en arbre où l’on pouvait grimper sur des sentiers tressés (jonc? Bambou?) jusqu’à diverses huttes perchées dans les arbres. C’était sympathique (et un peu inquiétant!). 

Mais pas aussi inquiétant que quand un vieil homme a lancé du bout d’un bâton un immense serpent blanc sur la route juste devant nous!!! Pas que l’homme cherchait à nous faire peur. Il a dû découvrir la bête dans sa maison et il a juste voulu s’en débarrasser au plus vite. Mais shit qu’on a été surpris! Et qu’on a ri ensuite!

 

 

Good vibe 

Tous les jours, en fin d’après-midi, je me rendais sur la plage pour marcher et me baigner dans la mer. Pas vraiment de coquillages, ici. La plage est jonchée de petites pierres grises, polies, qui ne font pas mal aux pieds quand on marche dessus.

Ensuite arrivait mon moment préféré. De retour sur la plage après avoir mis des vêtements secs, je m’assoyais sur le sable, seule ou avec Yogi. Autour, des enfants qui s’amusent, des ados qui jouent au soccer, improvisant des buts avec des bouts de bois, des Balinais et des voyageurs qui se rafraîchissent dans la mer, des gens qui se baladent. Presque tout le monde se salue, se sourit. C’est l’heure où tout le monde se donne rendez-vous.

Puis le spectacle commence… Le soleil descend juste à côté du volcan Mount Agung (le même volcan que je voyais à l'horizon depuis Gili Trawangan se trouve juste à côté d'ici) et fait jaillir dans le ciel des couleurs différentes chaque jour. Ensuite, pour ajouter une surdose de beauté, les couleurs cèdent alors leur place aux étoiles… Comme il y a peu de pollution lumineuse à Amed, le ciel s’allume à la tombée du jour. Magique!

Un soir, je suis restée allongée toute seule sur la plage déserte jusque tard dans la nuit, à regarder les étoiles en écoutant de la musique. Étant à deux pas de mon gîte, c’était un rare plaisir que de profiter de la plage à la nuit tombée et de me sentir en sécurité (tout en restant alerte, on s’entend). 

Et qu’est-ce que ça écoute, une vadrouilleuse, pour contempler le ciel? Space Oddity (David Bowie), Rain Song (Led Zeppelin), Different Pulses (Asaf Avidan), Redemption Song (l’incontournable Bob), The Great Escape (Patrick Watson), Yellow (Snow Patrol), High By The Beach (Lana Del Rey), tout plein de Kanye West (je déteste ce type mégalo, mais je suis complètement accro à plusieurs de ses tounes)... 

Échec et mat, la solitude!

En plus de passer du temps avec Yogi, j’ai aussi eu le plaisir de jaser avec un couple Espagnole-Français vraiment charmant vivant ensemble au UK. Ils étaient à Bali pour 3 semaines et logeaient à très peu de frais chez l’habitant. On a échangé des bons plans balinais.

Et puis j’ai passé un bout de soirée vraiment cool à discuter à bâtons rompus avec ma voisine de chambre d’une nuit, Anka. Une Allemande en congé sabbatique, elle aussi, doublée d’une mordue du voyage en solo. Ça a tout de suite cliqué entre nous. Pendant son congé, elle a fait plusieurs allers-retours en Australie pour en visiter chaque fois une partie différente. Elle est tombée en amour avec ce grand pays et elle en profite à chaque passage pour chercher du travail là-bas, question de renflouer ses coffres pour pouvoir continuer à voyager. Sachant que j’allais y aller, elle m’a donné toute une liste de ses coups de cœur à Melbourne. Avant de nous quitter, on a échangé nos coordonnées parce qu’en principe elle sera à Brisbane en même temps que moi. On s’est promis d’aller boire un verre.

2006/2009 VS 2017 

Je suis très solitaire et, honnêtement, depuis mon départ, je ne me sens pas seule (sauf peut-être pendant ma mini-déprime de Lembongan). Partout, j’ai croisé des gens avec qui j’ai jasé un brin. Mais maudit que ça m’a fait du bien cette grosse dose de contacts humains! D’avoir de vrais échanges, de longues conversations, qui vont plus loin que les habituels «Where are you from? How long do you stay?» et autres banalités. 

Parce que jusqu’ici j’ai eu plus de mal à créer le contact avec les gens que pendant mes voyages passés. Je pense que cela vient de trois facteurs. Un, parce que je suis un peu timide, un peu sauvage et que des fois je suis plutôt dans ma bulle. Deux, je dirais que le fait que je ne sois plus de la même génération que la plupart des voyageurs que je croise joue son rôle. Trois (et je pense que c’est la raison principale), parce que dès qu’ils sont seuls (ou même quand ils sont avec d’autres), les gens ont toujours le nez dans leur foutu téléphone! Cette habitude-là n’était pas aussi présente il y a juste quelques années. 

Par exemple, il arrive que deux personnes seules partagent la même table de resto si l’endroit est plein. C’était, jadis (!), dans les temps anciens de ma trentaine, une belle occasion de se mettre à discuter avec des inconnus. Par contre, cette même situation s’est présentée à moi deux fois en cours de vadrouille. Chaque fois, l’inconnu(e) m’a à peine accordé un bref sourire et quelques mots de politesse avant de s’absorber dans son téléphone. Sympathique… Haha!

Bref, voilà pourquoi j’ai d’autant plus apprécié toutes ces belles rencontres de mon séjour à Amed. 

Cap sur Sanur

Le 18 août, je quittais Amed, un peu à regret (mais avec l’idée d’y repasser peut-être après l’Australie). Ce que je rapporte comme souvenir de mon passage : un petit caillou gris, des ongles d’orteils peints en bleu foncé (mon pédicure m’a coûté un gros 8,50$!), un rendez-vous futur à Brisbane, des soirées mémorables sur la plage et… un ami!

Me voilà maintenant à Sanur. J’ai choisi cet endroit parce que c’est une ville de bord de mer qui me rapproche de ma destination balinaise finale, Kuta, d’où je prendrai l’avion le 29. Mais pour savoir comment cela se passe pour moi ici, il faudra attendre le prochain article!

À bientôt, les poussineaux!

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Isabelle en vadrouilleMarie p lefebvre Recent comment authors
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Marie p lefebvre
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Marie p lefebvre

Très beau, profite bien de tout