Gili Trawangan, Lombok

Une femme à la mer!

Le 6 août, je quittais Nusa Lembongan pour l’île Gili Trawangan. Pour y arriver, je devais prendre un petit bateau pour un trajet d’environ 2 h 30. J’ai déjà dit que j’adore les traversiers. Ils sont gros, ils sont stables, ils sont capables. Mais là, je m’embarquais sur un petit rafiot pour 2 h 30 et, la veille au soir, je me suis mise à angoisser solide. Parce que mourir en mer : sans façon!

Mon esprit s’est emballé… J’ai écrit un courriel de panique à mon amie Édith avec mes heures de départ et d’arrivée (au cas où!). Ma première pensée a été qu’il n’y a pas vraiment de requins dans le coin à ce que je sache (toujours ça de pris!). Puis je me suis demandé comment survivre à un naufrage. Et je me suis fait un plan! 

J’ai mis presque tout mon argent, ma carte de débit, ma carte de crédit et une carte d’identité dans mon petit bidule de plage hermétique. J’ai placé le bidule sur le dessus dans mon sac à dos en me disant qu’en cas de besoin, je me l’attacherais autour du poignet. Si je survivais, j’aurais au moins de l’argent; et si je mourrais, on pourrait m’identifier (gagnant-gagnant!). J’ai aussi mis ma lampe de poche à côté du bidule en me disant que je pourrais essayer d’envoyer des signaux de détresse. Pour le reste, je me suis dit que le mieux serait de flotter sur le dos et d’attendre des secours. Voilà ce qui se passait dans mon cerveau affolé à la veille du départ.

Le lendemain, j’avais retrouvé mon calme.

Maman, les p'tits bateaux...

Quand je suis montée à bord du bateau, le personnel annonçait que toutes les places assises à l’intérieur étaient prises. Nous étions dix de trop. Six personnes se sont installées sur le toit et quatre (dont moi) dehors à l’arrière du bateau, sur un long banc. Sur le coup, j’étais contente parce que j’allais mieux voir le paysage (et puis je me disais qu’il serait facile de quitter le bateau en cas de pépin!). J’ai compris mon erreur assez vite merci. Parce qu’à l’arrière du bateau se trouvent les moteur. J’ai donc passé le trajet dans un bruit terrible et l’odeur entêtante du fuel. 

Pour ajouter au gros luxe de ma traversée, des trombes d’eau arrivaient de chaque côté du bateau! Impossible de rester au sec. C’est là que j’ai été prise d’un de ces longs fous rires irrésistibles… Et j’ai abdiqué. Tant pis si j’étais trempée (mes affaires, elles, étaient à l’abri). Et la vue sur Bali était superbe. Quand même, à la fin du voyage, j’ai fini par aller m’assoir par terre à l’intérieur (à côté d’un gars du staff qui dormait roulé en boule sur un carton!). Je suis arrivée à destination trempée, mais heureuse d’avoir survécu à l’aventure.

Gili Trawangan

À côté de l’île de Bali se trouve l’île de Lombok, dont la population est musulmane. Au large de Lombok se trouvent trois petites îles : Gili Trawangan, Gili Air et Gili Meno. La plus grande est Gili Trawangan. Ici, aucun véhicule à moteur. On s’y déplace à pied ou à vélos. 

Il y a aussi des petites carrioles à chevaux qui font office de taxi. Oui, sur le coup, j’ai trouvé que c’était très chou, les carrioles. Mais en y regardant de plus près, ce que je vois, ce sont des chevaux la langue pendante, des chevaux l’écume aux lèvres, des chevaux qui travaillent sans relâche dans la chaleur accablante. Et cela me vire à l’envers. Vous ne me verrez pas monter à dos d’éléphant non plus, cela dit, en Thaïlande ou ailleurs. C’est une forme d’esclavage, non?

L’île est toute petite. Tout le long de la rive, la plage d’un côté et la rue principale de l’autre, avec ses mille et une boutiques et autant de restaurants, de bars et d’hôtels en tous genres. Et oh combien de touristes! C’est un endroit très populaire où l’on vient faire la fête (tu croises des gars avec leur grosse bière à la main à 9 h du matin). Et c’est très joli. Du rivage, on voit Gili Air et Lombok. Il y a aussi un spot où l’on peut assister au coucher de soleil, bien assis sur des chaises-pouf en sirotant un cocktail. Quand le temps est clair, on aperçoit au loin le volcan Mount Agung, sur Bali.

Ma routine «giligane»

Mon coin plage préféré se trouve à l’écart de la masse des touristes (mon côté antisocial). Un bout de plage bordé d’arbres sous lesquels s’abriter du soleil et où le vent souffle fort. Parce qu’il fait vraiment très chaud ici. Sitôt dehors, je me retrouve avec un pinch de gouttelettes permanent et je sue des joues. Je ne savais même pas que j’étais capable de faire ça. Comme quoi on peut encore s’étonner soi-même passé 40 ans! 

Alors à cause de la chaleur, j’ai pris l’habitude de me lever plus tard, de déjeuner (inclus) sur le porche de ma chambre, puis de relaxer en lisant ou en écrivant jusqu’en fin d’après-midi. Une des choses que j’aime, c’est que près d’où je loge, il y a une seule mosquée. Partout ailleurs, les mosquées étaient nombreuses et les appels à la prière venaient de partout en même temps et se confondaient. Ici, comme il n’y en a qu’une proche, j’entends clairement le muezzin et les douces mélopées qui suivent. Quand cela commence, j’arrête tout pour écouter. C’est juste vraiment doux et mélodieux. 

En fin d’après-midi, je sors marcher. J’ai longé d’un bout à l’autre la rue principale en bord de mer, mais ce que je préfère, c’est sillonner les rues intérieures de l’île. Pas d’asphalte ici. Les étroites rues sont en terre battue. Chacun arrose de temps en temps son bout de rue pour que la terre ne s’envole pas trop. J’aime bien m’y balader, voir comment les gens vivent. C’est tranquille parce que la plupart des voyageurs restent sur la rue principale.

À la soupe!

Après ma marche, je vais généralement voir le coucher du soleil (Another mai tai, please!), puis je vais manger. Parce que manger, c’est une des choses que j’aime le plus ici. Il y a quelques temps, je racontais ma nostalgie gourmande et mon rêve d’une pizza. Ici, je m’en mets plein les papilles. On y trouve de tout. Grillades, pizzérias, cuisine indienne, italienne, rôtisseries, burgers (bacon! Bacon! Bacon!), cuisine végé, cuisine bio, cuisine crue, gelato, boulangeries… Je me fais passer la nostalgie all right!

Si jamais vous passez dans le coin, je rajouterai que j’ai un faible pour le Kayu Café (cuisine santé, jus frais et desserts cochons), Regina Pizzéria (PIZZAAA!) et surtout, The Roast House (leur poulet rôti est à tomber et leur cheeseburger mémorable).

Par contre, c’est aussi plus cher que les autres endroits où je suis allée en Indonésie (haute saison touristique oblige, je présume). Par exemple, je m’en sortais d’habitude avec des repas à 3-4 $. Ici, ça tourne plutôt autour de 10-15 $ (en tout cas moi je m’en tiens à cette tranche de prix-là). Pour compenser, je prends d’ordinaire mon déjeuner inclus et seulement un autre repas en fin de journée.

Renouvellement des stocks 

Cela commence à faire un bout de temps que je suis partie et que je lave et relave (et porte, surtout!!!) les mêmes vêtements. Je me suis donc dit qu’il était temps de faire peau neuve (en tout cas, un minimum). J’ai profité des nombreuses boutiques qu’on trouve sur l’île pour magasiner un peu. 

Si c’est comme pour la bouffe, les prix sont probablement plus hauts ici qu’à Bali. Pas l’endroit idéal pour changer ma garde-robe, mettons. Fa’que je me suis contentée d’acheter deux morceaux pour l’instant (petit train va loin). Mais vous dire comment je suis heureuse de me débarrasser de ce t-shirt qui pue au profit d’une camisole fraîche! Et d’échanger ce pantalon fleuri que je ne suis plus capable de voir contre une petite robe neuve!

Sérieux, la vadrouilleuse, on s’en tamponne de ton magasinage! Tu vas pas te mettre à raconter tes achats à chaque fois… Tellement pas! Si j’en parle aujourd’hui c’est juste pour expliquer qu’après un mois et demi à les porter, mes quelques vêtements ne sont plus très frais et que certains doivent maintenant être remplacés. Et c’est ce que je ferai tout au long de ma vadrouille. Mais le mot d’ordre, c’est que si j’en ajoute un, j’en laisse un. Pas d’accumulation parce que je veux continuer à voyager léger.

Histoire de pêche

Le 13 août, je retourne sur l’île de Bali. Yé!

Je devais quitter Gili Trawangan le 12, mais je n’ai pas été assez prévoyante et je n’ai pas pu trouver de bateau pour cette date. J’ai donc dû rester ici un jour de plus. Heureusement, j’ai pu garder ma chambre. 

Ma prochaine destination est Amed, un village de pêcheurs situé sur la rive Est de Bali. Pour m’y rendre, je devrai reprendre un petit bateau pour une traversée d’environ une heure. Pas de trouble : j’ai mon kit de survie! Haha!

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Isabelle en vadrouilleMarie-Claude DufourMarie p lefebvre Recent comment authors
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Marie-Claude Dufour
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Marie-Claude Dufour

Te lire me donnes des idées pour de prochains voyages… T’es inspirante, Isabelle!

Marie p lefebvre
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Marie p lefebvre

Wow, merveilleux isabelle