Nusa Lembongan

En route vers Lembongan

Le 31 juillet, je quittais Canggu pour l’île Nusa Lembongan. Pour y aller, j’ai pris un taxi jusqu’à Sanur (30 minutes), et de là, un bateau (45 minutes). Surprise à l’arrivée : pour grimper sur le bateau (un petit bateau plat, couvert), il fallait avancer sur quelques mètres dans l’eau. Que mon pantalon soit mouillé jusqu’à mi-cuisses, je m’en foutais pas mal, mais j’espérais juste ne pas être renversée par une vague et que mon sac à dos se retrouve trempé! Mais j’ai réussi à garder mon équilibre et la traversée s’est bien passée. 

La mort d'un préjugé

Dans le bateau, j’étais assise à côté d’un charmant jeune couple de Chinois (de Beijing) avec qui j’ai jasé en route. Ils étaient en vacances pour une semaine seulement et, avec leur groupe organisé, ils avaient un programme chargé, question d’en voir le plus possible de Bali. 

Cela m’a fait réfléchir au cliché de l’Asiatique en voyage organisé qui visite genre 7 villes européennes en 7 jours (j’exagère un peu). J’ai toujours trouvé que c’était absurde, voire ridicule. Mais tout à coup cette rencontre avec ce couple m’a fait voir les choses différemment. Parce que c’est facile de voyager lentement et de prendre son temps quand, justement, on en a, du temps. Mais quand on n’a qu’une semaine devant soi pour voyager? Est-ce qu’alors on n’a pas envie de mettre les bouchées doubles pour visiter les attraits principaux d’un pays (et de ne pas avoir à se préoccuper d’organiser ses déplacements, ses repas, son hébergement…)? 

Voilà donc comment, suite à une seule conversation, je me suis dépouillée d’un vieux jugement de valeur que je traînais en moi depuis toujours! Et j’ai l’impression que les voyages servent aussi à ça. Il me semble que c’est seulement en rencontrant l’Autre que l’on peut mieux le comprendre. Try walking in my shoes…

Y a-t-il un médecin dans la salle?

J’ai passé mon séjour à Nusa Lembongan un peu patraque. 

D’abord, ce rhume qui n’en finissait plus. 

Puis mon œil gauche qui est devenu tout rouge. Si cela m’était arrivé à la maison, j’aurais chassé toute inquiétude d’un haussement d’épaules : «J’ai dû me frotter l’œil avec un doigt sale. Cela passera.» Mais ici, parce que je me suis baignée dans la mer, je me suis conté des peurs. Je ne suis pas de nature hypocondriaque, pourtant. Mes pensées, elles, se sont faites parano : j’avais peut-être attrapé un de ces horribles vers de l’œil?! (Merci Google pour les images terrifiantes!) Je les trouvais ridicules, ces pensées, et j’essayais de ne pas les écouter. N’empêche, elles étaient là. Heureusement, j’avais des gouttes hydratantes et j’ai pris soin de mon œil en le nettoyant souvent. Après une semaine, tout est rentré dans l’ordre. J’ai dû faire une conjonctivite. Ou mon ver est mort noyé par les gouttes! 😉

Autre inconfort, je suis venue à bout de ma réserve de charbon végétal activé. Inutile d’en dire plus…

Feeling bof 

Bref, je n’ai pas profité tellement de mon passage à Lembongan. J’ai passé presque tout mon temps à ma chambre (un petit bungalow climatisé avec son porche et pas d’eau chaude). J’ai végété, pas tellement mangé, essayé de me réhydrater, fait la sieste. Je dirais même que j’ai déprimé un (gros) brin. Je n’avais envie de rien. Alors je me suis écoutée et je me suis reposée. J’ai lu, j’ai lu, j’ai lu et je me suis claqué plusieurs films et séries sur Netflix. Tout le reste pouvait attendre.

Et Nusa Lembongan?

Quand même, je me suis un peu baladée. L’île est petite, mignonne, relaxe. Toute en étroites rues, avec des touristes allant pieds nus. Mon hôtel était à 5 minutes de la plage. Plein de petits bateaux, une belle eau claire, du sable blanc. La plage était couverte de morceaux de coraux blancs, rouges, mauves et de coquillages. Superbe!

À 2 jours du départ, je me sentais mieux et j’ai décidé de partir explorer l’île. On m’avait dit à mon hôtel que pour aller voir le pont jaune (un des trucs à voir sur l’île), cela prenait environ 30 minutes à pied. J’ai donc chaussé mes sandales et je suis partie. En réalité, le trajet m’a pris 1 heure et demie. Avoir su, j’aurais mis mes running, parce que je me suis retrouvée avec des grosses ampoules sous chaque pied! Je suis rentrée en moto (j’ai demandé un lift à un type, moyennant quelques roupies). Mais le lendemain, je pouvais à peine marcher. D’abord, les ampoules me faisaient tellement mal que je marchais comme une envie de chier (ce qui tombait bien : c’était le thème de l’heure!). Et puis mes douleurs articulaires se sont déchaînées. T’sais quand ça va bien? Hahaha!

Les dieux sont à Bali 

Partout à Bali, on trouve des temples hindous, des statues divines, des autels. Les divinités sont semblables à celles retrouvées en Inde. Shiva et Ganesha, par exemple. 

  Mais on trouve aussi des représentations divines différentes à Bali. Par exemple, je suis tombée sur l’étonnante statue ci-dessous entre Gilimanuk et Denpasar. Je me suis renseignée et j’ai appris qu’il s’agit d’un Ogoh-Ogoh. Ce sont des démons auxquels les Balinais témoignent respect une fois par an en organisant une parade. J’aime cette idée du respect du mal comme du bien. Après tout, le négatif est là, qu’on le veuille ou non, et la vie est un ensemble de contrastes. Cela me semble donc plus réaliste de témoigner du respect à nos démons que de faire comme si la vie n’était que joie et petits oiseaux cui-cui. Et aussi plus positif que de leur hurler VADE RETRO SATANA! Quant à la statue, vous aurez deviné que le Ogoh-Ogoh, c’est le poilu et non le méditant. 

Autres statues souvent croisées, ce couple de vieillards rigolos. Ils représenteraient un mariage heureux. TELLEMENT! Ils sont irrésistibles!

  Aussi,  tous les jours, devant chaque temple, chaque commerce, chaque maison sont placés des petits paniers d’offrandes aux dieux. Où je logeais à Lembongan, chaque bungalow avait son petit autel où une offrande était déposée chaque jour par une vieille dame qui allumait aussi un bâtonnet d’encens. Dans ces paniers, on trouve des fleurs, des fruits et plein d’autres choses comme des biscuits, des bonbons, du tabac… Sur celui de la photo ci-dessous, on avait mis des aromates (enfin, je pense que c’est ça, la touffe de verdure). 

Chasser les mauvais esprits d'île en île

Je suis désolée si mon récit est un peu déprimant cette fois-ci. Je n’y peux rien : c’est comme cela que les choses se sont passées pour moi au courant de cette semaine. Et je ne ferai pas semblant que tout est toujours rose. J’avoue par contre que j’avais hâte de quitter Lembongan. J’espérais que mes problèmes de santé et de moral bas resteraient sur place. Est-ce que ça a marché? Il faudra lire mon prochain article pour le savoir…

Ma prochaine destination, donc, c’est l’île Gili Trawangan. Départ le 6 août. 

 

 

 

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Isabelle en vadrouilleMarie p lefebvreLouiseFRANCEJohanne Vincent Recent comment authors
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Marie p lefebvre
Invité
Marie p lefebvre

Merci Isabelle, tu es tellement intéressante avec tes récits, je voyage ,
Soit prudente et prend soin fde toi

Louise
Invité
Louise

Bon un peu plate mais pour te ramener à la réalité c’est encore mieux une envie de chier à Bali qu’une envie de rien à la Régie! Excuse mon language…
Je reviens moi même de vacances alors j’ai du rattrapage à faire pour savoir quel fut ton parcours. Je vais me mettre à jour.
Lâches pas Isabelle, tes récits sont juteux (pour rester dans le thème)

FRANCE
Invité
FRANCE

Oh! quand on est malade on se sent seule au monde. Et oups repart le topshape et on n’y pense plus. Bravo Isabelle tu es humble et tellement honnête c’est ce qui fait de toi une personne magnifique. Plein plein de bisous tu en a de besoin. Et hop la vie. Tourelou du Québec.

Johanne Vincent
Invité
Johanne Vincent

Allo Isabelle,je t’envoie des ondes positives et de santé, je pense à toi souvent et chaque fois j’ai un sourire et une bouffée de bonheur.
J’aime te suivre et je me sens près de toi. Gros câlins xxx

Francine
Invité
Francine

Prends soin de toi ma belle. Le pire est sûrement derrière toi. Bonne route. Je t’embrasse.