Bali – Ubud (partie 1)

Faux départ

Le moins que je puisse dire, c’est que mon retour à Bali a plutôt mal commencé. D’abord, comme je l’ai déjà écrit, j’ai tenté d’écourter mon deuxième séjour là-bas pour passer plus de temps au Népal, sans succès. Premier échec. 

Ensuite, au moment de faire ma réservation de vol Bali-Australie-Bali, j’avais fait l’erreur de ne pas indiquer que j’aurais un bagage en soute. En fait, depuis mon départ du Québec, tantôt on me laisse garder mon sac à dos comme bagage à main, tantôt on me le fait mettre en soute. Par exemple, à l’aller de Bali vers Brisbane, on m’a laissé le prendre avec moi. Mais au retour, «la madame était pas contente» parce que mon sac pesait plus lourd que la limite permise pour un bagage à main et comme mon billet n’indiquait pas de bagage en soute, il a fallu que je paie un supplément de 100 $ pour qu’il soit admis. Deuxième échec.

D’ailleurs, je pense que je suis tombée sur une employée plus zélée que la moyenne parce qu’elle m’a aussi demandé de lui fournir une preuve de départ hors de Bali avant de me donner ma carte d’embarquement. J’avais heureusement cette preuve parce que je savais qu’elle pourrait m’être demandée (même si cela n’a pas été le cas lors de mon premier passage en Indonésie). Mais bon, je ne peux pas en vouloir à quelqu’un qui a juste bien fait son boulot.

Troisième prise: retirée!

Finalement, j’avais réservé une chambre pour deux nuits à mon arrivée à Kuta, Bali via le site hotels.com. Mon plan : deux jours de repos total à profiter de mon intimité retrouvée après deux semaines de dortoirs, rédaction d’articles sur l’Australie et m’abrutir devant des films pendant des heures. Mais il y avait un hic…

Je suis arrivée à la réception de l’hôtel de Kuta un peu avant minuit, après une longue journée d’aéroports. J’avais attrapé mon vol de Melbourne à Brisbane le matin et celui de Brisbane à Bali l’après-midi. 

Le type de la réception était tout surpris de me voir débarquer. Je lui ai dit que j’avais une réservation. Ce à quoi il m’a répondu par son plus bel air d’incompréhension. Il m’a ensuite demandé d’attendre pendant qu’on préparerait ma chambre, avant de me demander de la payer. Alors je lui ai répondu que la chambre était déjà payée via le site web. Pour le lui démontrer, je lui ai demandé qu’elle était le mot de passe du wifi afin de lui fournir ma preuve de réservation et de paiement. C’est là qu’il m’a porté le coup de grâce : «Ooooh, no wifi. Problem. Maybe tomorrow…», dit-il.

Pas de wifi… Mon plan de match était anéanti. Après quelques secondes d’abattement total, j’ai décidé de sacrer mon camp pour trouver une chambre ailleurs. J’ai déposé une plainte à hotels.com le lendemain et je suis toujours en attente d’un règlement à ce sujet. Troisième échec.

Poule de luxe

Je suis donc repartie dans la nuit avec mon bardas. Après deux tentatives ratées (complets), j’ai abouti dans un hôtel 4 étoiles où j’ai payé ma chambre à fort prix (pour Bali). Pas grave! Je me suis vautrée dans le luxe et je me suis reposée. J’ai profité du déjeuner inclus, du room service, du wifi parfait, du lit moelleux et du spa pour me faire masser. Bref, j’ai pu mettre mon plan à exécution. Deux jours plus tard, je partais vers Ubud. 

Un autre côté de Bali

Pendant mes deux mois passés en Indonésie récemment, je me suis promenée sur les côtes de Bali et sur certaines îles. Mais en préparant ma vadrouille, quand je rêvais de Bali, c’est à ses terres intérieures que je pensais, surtout, et à Ubud en particulier. Montagnes, rizières, forêts, plantations de fruits, de café, d’épices. Mais aussi, rencontre avec la «vraie» culture balinaise. Voyons voir…

Adorable Ubud

Mon séjour à Ubud s’est passé tout doucement. Je n’y ai pas vu tout ce que j’aurais voulu. D’une part parce que, la saison des pluies étant commencée, le ciel était souvent nuageux, avec de brèves averses et rendait la chaleur et l’humidité parfois écrasantes. Et d’autre part, il faut dire aussi que mes trois semaines australiennes m’avaient un peu fatiguée, à courir partout tout le temps. Si bien qu’un après-midi, après le dîner, j’ai fait une petite sieste… de cinq heures!

Quoi qu’il en soit, j’ai vu de bien belles choses à Ubud et dans ses environs. C’est une petite ville très touristique et même si j’y suis allée du 21 au 28 septembre, après la haute saison du tourisme, la ville était bondée de touristes. Malgré cela, j’ai adoré mon séjour là-bas et cet endroit est venu se placer dans le top 3 de ma liste de coups de cœur balinais, pour plusieurs raisons.

Alice au pays des merveilles

D’abord, mon gîte était vraiment joli. Un peu partout sur le sol (et sur chacune des marches de l’escalier), des boutons de fleurs oranges étaient déposés tous les jours par la famille de propriétaires. Il y avait aussi un petit temple familial où ils venaient se recueillir et, sur mon étage, une belle statue de Ganesh ornée d’un collier de fleurs fraîches. Aussi, depuis mon balcon, j’avais une belle vue sur les toits ocres d’Ubud. 

Chaque matin au réveil, un thermos d’eau chaude m’attendait sur la table du balcon avec une tasse propre, du thé et du café. Un nouveau thermos était également fourni en après-midi. Aussi, un délicieux déjeuner accompagné d’une assiette de fruits frais m’était servi au balcon tous les jours.

Et puis il y a eu cet instant magique… La première fois que je suis sortie de mon gîte, je suis arrivée, dans la ruelle, face à face avec un gros lapin blanc! Et j’ai pensé : «Wow! Je suis au pays des merveilles!!!»

Parenthèse papier de toilette

En Indonésie, comme dans plein d’endroits du monde, l’usage du papier de toilette ne fait pas partie des mœurs locales. Ici, on utilisera plutôt un petit boyau au jet puissant pour se nettoyer (voir photo). Cela explique pourquoi certaines canalisations ne sont pas adaptées pour recevoir du papier. Alors parfois, on nous demande de ne pas le mettre dans la cuvette, mais dans une poubelle prévue à cette fin. C’était le cas à mon gîte d’Ubud. Mais 40 ans de gestuelle automatique, ce n’est pas si facile à déprogrammer! Mes passages aux toilettes donnaient donc quelque chose comme ça :

Je m’assois sur la bol en répétant dans ma tête le mantra « Papier dans la poubelle. Papier dans la poubelle. Papier dans la poubelle… »

Je me relève, je flushe et, une fois sur trois : « Shit! J’ai flushé le papier! »

Et puis une journée j’ai décidé d’utiliser le petit boyau, juste pour voir. Et j’ai découvert que c’est super! Depuis, je continue à utiliser cette méthode. Ma nouvelle version de la vieille pub dirait :  « Maman, je me sens fraîche… » (Et là je ris toute seule en repensant à la version RBO de la pub.)

Temples et palais d’Ubud

Il y a plusieurs beaux temples hindous à Ubud. Mais contrairement à ceux de l’Inde où l’on peut entrer et s’y recueillir, n’entre pas qui veut dans ceux de Bali. Et lorsqu’il est possible de le faire, il faut porter un sarong (fournis à l’entrée contre quelques dollars, généralement). Et puis ce ne sont pas des bâtiments dans lesquels on entre, mais plutôt des espaces ouverts avec des autels pour déposer des offrandes et devant lesquels on s’agenouille pour prier.

Il y a aussi deux palais. Le Ubud Palace a une belle façade et on peut en visiter une partie à aire ouverte. L’autre palais, c’est le Peliatan Palace. Je n’ai visité que la partie externe de celui-ci.

Rites funéraires

Une fois, j’ai vu des statues funéraires superbes. C’est qu’à Bali, lorsque quelqu’un meurt, on organise une procession funéraire dans la rue avec de la musique et des chants. Un char avec des statues à l’effigie d’animaux est érigé et le corps du défunt y est placé pour la procession. Les rites durent plusieurs jours, au terme desquels le char servira de bûcher pour y incinérer le corps. Plus les défunts sont haut placés dans l’échelle sociale, plus grand sera le char funéraire et plus fastueuse sera la célébration. Le choix de l’animal représenté par les statues indique également le statut social du défunt. Les statues apparaissant sur la photo ci-dessous laissent croire qu’une procession funéraire en l’honneur d’une personne d’importance, peut-être même d’un membre de la royauté, est en préparation.

Spa facile, ma vie!

Ubud, c’est l’endroit idéal pour se faire dorloter. Partout des spas et des établissements de yoga. Je me suis gâtée. Pédicure (6$), exfoliation du corps (15$), massages. 

Pour l’exfoliation, on m’a enduite d’une pâte jaune à base de curcuma et d’huile qu’on a laissée «prendre» avant de me frotter vigoureusement pour l’enlever. Ensuite, on m’a badigeonnée d’une mixture de concombre et d’herbes et on m’a laissée macérer, enveloppée dans un drap. 

Pendant cette période d’attente, je pensais : «Ma foi, maintenant que je suis bien assaisonnée et attendrie, on me mettra sur le grill!» Mais non, ce qui m’attendait ensuite, c’est une douche suivie d’un bain digne d’une princesse, rempli de pétales rouges. 

J’ai aussi reçu un traitement particulier: un massage ayurvédique de la tête, des épaules et du haut du dos. C’était un massage à l’huile chaude. Non, non, ce n’est pas Nefertiti sur la photo ci-dessous! C’est juste moi, dont a recouvert la tête pleine d’huile et badigeonnée d’une pâte aux herbes avec une feuille de bananier.

La grande bouffe

Ah qu’on mange bien à Ubud! La place est pleine de restos grano-bio, végétariens (ou vegan) ou de fine cuisine et avec des décors enchanteurs. Comme par exemple, ce petit resto végétarien qui donnait sur un joli étang. Je m’en suis pris plein les papilles!

Mon coup de cœur : Atman Kafe. Dans ce resto grano au beau décor en bambou avec des tables basses où l’on s’assoit sur des coussins, la partie arrière donne sur une rizière. Shanti, shanti! Et puis c’est le genre d’endroit qui fait macérer son kambucha maison. Je sais que c’est trendy mais maudit que c’est pas ragoûtant à voir! En tout cas, je n’ai pas osé goûter.

Et puis parlant bouffe, les chips ici ont des saveurs originales (voir photo). Chips aux sushis? Non merci!

Salut Montréal!

Une journée, je voulais manger à la terrasse d’un resto qui proposait des nachos. J’y entre, mais comme la place était complètement bondée, la serveuse m’a suggéré d’aller juste la porte à côté (même proprio, même menu). Je m’assois donc à une table. Une fille seule est assise près de moi et on se met à jaser. 

C’est comme ça que j’ai rencontré Joëlle, une Montréalaise. On restera longtemps à jaser ce jour-là et on se quittera avec le projet de nous revoir deux jours plus tard. Et c’est ce qui se passera. On ira visiter ensemble le palais Peliatan, puis on ira boire une grosse bière (ici, c’est courant) avant d’aller souper. Les heures ont passé sans que je m’en rende compte, jusqu’à ma surprise de réaliser qu’il était rendu passé 23h. 

Quelle belle rencontre! On a beaucoup de points en commun toutes les deux et je sentais qu’on se comprenait. J’avais l’impression d’être avec une vieille chum. C’était naturel, sans chichi, franc. Dire que si le resto où je voulais aller le jour où je l’ai rencontrée avait eu une place libre, je n’aurais jamais fait sa connaissance… La vie est bien faite!

Joëlle quittait Ubud le lendemain et rentrait au Québec la semaine d’après, mais jusqu’ici on continue à s’écrire des courriels. Et j’espère qu’on se reverra à mon retour. (Salut Joëlle! Je t’avais avertie que je parlerais dans ton dos sur mon blog! ?)

Singeries

À Ubud, il y a aussi la Sacred Monkey Forest. C’est un bout de forêt avec des sentiers dans lequel on trouve plein de singes et des temples. Il y a des kiosques où l’on peut acheter des morceaux de banane pour les nourrir. Plein de gens le font et les animaux viennent autour d’eux pour s’approprier les fruits. Certains sont audacieux et grimpent sur les gens pour les épouiller ou leur voler des trucs. 

Mais je dois admettre que de mon côté, je me sentais un peu nerveuse en compagnie de tous ces singes. Je me méfiais d’eux et je préférais conserver une certaine distance. Parce que même s’ils sont habitués à voir passer des milliers de touristes, il reste que ce sont des animaux sauvages, donc imprévisibles. D’ailleurs, à l’entrée, un grand panneau met en garde les visiteurs de ne pas, entre autres, les regarder dans les yeux. Pour ajouter à ma méfiance, il faut dire aussi qu’une Néerlandaise rencontrée à Melbourne m’avait raconté s’être faite mordre par l’un d’eux. 

Finalement, je dirai qu’il faut rester prudent en visitant cette forêt parce que quelques jours après ma visite, j’apprendrai également que Joëlle aussi a été mordue. Et apparemment, cela arrive souvent! Un léger choc nerveux et quelques injections contre la rage, cela te change le mood d’un voyage, non?

Voici quelques photos des lieux.

Boîte à surprises

Ubud, c’est aussi un bon endroit pour faire des achats de souvenirs et de vêtements. 

On y trouve bien sûr les habituels kiosques de bidules touristiques. Par exemple, si vous allez au Ubud Market, allez-y tôt le matin pour voir de vrais marchands de denrées destinées à la population locale. Parce que plus tard, il n’y a plus qu’une enfilade de ces kiosques insipides proposant les mêmes marchandises pour les touristes.

Par contre, on trouve aussi à Ubud de belles boutiques proposant des articles plus originaux.

D’ailleurs, j’y ai acheté quelques souvenirs indonésiens et j’ai envoyé un paquet au Québec par la poste. J’y ai mis aussi quelques trucs dont je ne me sers pas (comme une paire de sandales) et mes souvenirs australiens. Mon paquet devrait mettre de 2 à 3 mois pour se rendre à destination. Je croise les doigts! Parce que j’anticipe déjà le plaisir d’ouvrir la boîte à mon retour pour redécouvrir, émerveillée, les trésors qui y sont cachés. 

Finalement, j’ai été surprise de voir ici plusieurs boutiques où l’on vend des trucs amérindiens, comme des attrapeurs de rêves. Bizarre, bizarre… (Mais cela m’a fait penser à vous autres, ma famille de Vincent-Savard-Lefebvre! Je vous aime fort! Xxx)

Et que penser de ces pénis en bois peints qu’on trouve partout à Bali? Ode à la fertilité? À la virilité?

Bientôt sur vos écrans

À Ubud, j’ai loué les services d’un guide en auto pour une journée. Avec lui, j’ai visité des villages d’artisans et le Tirta Empul Temple, assisté à un spectacle traditionnel de danse théâtrale, sillonné les routes de campagne bordées de rizières et de villages sereins, lunché avec vue sur le volcan Kintamani et un beau lac et contemplé la superbe rizière en plateaux Tegallalang qui apparaît sur toutes les cartes postales balinaises.  

Mais je vais réserver le récit de cette journée d’aventures pour un prochain article!

En terminant, un mot à propos des alertes d’éruption imminente concernant le volcan Mount Agung (que vous pouvez voir en arrière-plan sur mes photos d’Amed). Rassurez-vous, je m’en tiens loin. Le pire qui puisse m’arriver serait qu’il entre en éruption et m’empêche de prendre mon vol vers le Népal le 17 octobre prochain. Pendant mon passage à Ubud, des citoyens paradaient en chantant pour récolter des dons pour leurs concitoyens qui ont dû quitter leurs foyers suite aux alertes. C’était très touchant. J’espère de tout cœur que tout rentrera dans l’ordre, pour les Balinais. 

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Isabelle en vadrouilleJoëlleMarie-Claude Dufour Recent comment authors
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Joëlle
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Joëlle

Coucou Isabelle!
Fiou, tu dis juste des belles choses, j’avais peur… 😉
Moi aussi j’ai apprécié les heures passées avec toi!
Quelle belle rencontre.
J’ai hâte de te retrouver autour d’une bière à Mourial!
xxxx

Marie-Claude Dufour
Invité
Marie-Claude Dufour

Mon frère fait son propre kombucha, et effectivement, ça l’air dégueu! C’est surprenament très bon! J’y ai goûté une fois qu’il en avait amené chez mes parents, mais tsé, dans une bouteille. Il laisse la « mère » (le gros amas de champignon qui flotte dessus) à la maison, dans la chaudière où il le fait macérer.