Bali – Ubud (partie 2)

Suivez le guide!

Pendant mon séjour à Ubud, j’ai loué les services d’un guide privé pour une journée. Dans sa voiture, on s’est promenés dans la région d’Ubud. Quelle belle journée! Wayan, mon guide, était vraiment gentil et il m’a raconté plein de choses sur la culture balinaise. Si un tel tour vous intéresse, je vous le recommande chaudement (Amansuka Tours). Il vous concoctera un itinéraire sur mesure. 

Voici le récit de cette journée.

Villages d'artisans

Plusieurs villages d’artisans se trouvent dans la région d’Ubud, chacun avec sa spécialité. J’étais très intéressée de voir ça. Toutes les visites se déroulaient de la même façon. Visite des ateliers pour voir les artisans à l’œuvre, puis stop dans leur boutique.

Le premier village où l’on s’est arrêtés, c’est Tohpati. La spécialité des lieux, c’est la création de batiks, ces tissus imprimés balinais réputés. Je suis ressortie de l’atelier de confection de batiks peints et tissés en n’en revenant pas de la patience qu’il faut pour leur exécution (surtout pour le tissage). Je n’ai pas de photo sous la main, par contre.

Ensuite nous sommes allés à Celuk, un village d’orfèvres. C’était très intéressant de voir les artisans travailler l’argent et de se faire expliquer le processus de création. Une jolie bague (pas si chère) m’a fait de l’oeil dans la boutique mais il n’y avait pas ma grandeur. Zut!

On est aussi allés à Batian, village de peintres, visiter une galerie.

Le village de Mas, quant à lui, est spécialisé dans le travail du bois. Je me suis gâtée en achetant un éléphant sculpté dans un bois appelé crocodile wood en raison de son écorce à petites bosses. C’est ce bois que les artisans sculptent sur la photo. Et puis je m’y suis fait un petit compagnon qui ne voulait plus me laisser partir. Sur une des photos, on le voit qui me chicane parce que j’ai arrêté de le flatter. 

Danse traditionnelle

Au programme de la journée, il y avait un spectacle de danse théâtrale traditionnelle appelée Barong and Kris. Un feuillet avec la description de chacun des actes était remis aux spectateurs. Heureusement, parce que sinon, je ne suis pas certaine que j’aurais compris l’intrigue. En résumé, c’était l’histoire d’une lutte entre le Bien et le Mal (représentés par divers personnages), à l’issue de laquelle il n’y aurait pas de gagnant. Une histoire, bref, qui ressemble pas mal à la vraie vie. Une lutte perpétuelle entre ces deux forces opposées, sans issue finale. (En tout cas jusqu'à ce que les zombies nous exterminent... Êtes-vous prêts à faire face à cette éventualité? Survivalistes, à vos bunkers!)

Pour être honnête, je m’attendais à ce que ce soit un peu barbant, mais au contraire, j’ai adoré ce spectacle. Les costumes étaient vraiment beaux et la musique aussi, jouée par des musiciens sur place. Et surtout, chose à laquelle je ne m’attendais vraiment pas, c’était plutôt drôle!

Ce qui l’était moins, c’est les connards au selfie stick des premières rangées. Prendre des photos sans les avoir dans son champ de vision, c’était un défi! Heille, man, t’es assis dans la première rangée! T’as pas besoin de brandir ton foutu bâton comme un drapeau : tu vois tout!

Tirtha Empul Temple

On a aussi fait un stop dans un beau temple. Sur place, il y avait plein de gens en train de partager un repas ensemble. Wayan m’a expliqué que ces gens étaient des bénévoles aidant à préparer une célébration prochaine au temple. Parce que deux fois l’an, une fête est organisée pour chaque temple. Donc, comme il y a de nombreux temples à Bali, une célébration est toujours en préparation quelque part. Mon guide estime qu’il participe environ une fois par mois, avec sa famille, à l’une de ces fêtes autour de chez lui. 

Pour l’occasion, chaque famille apporte, dans une boîte particulière prévue à cette fin, des offrandes. Toutes les boîtes sont ensuite déposées sur un autel. 

Mais une fois la célébration terminée, chacun récupère sa boîte, l’ouvre et en partage le contenu avec son prochain. Il y a donc une certaine pression sociale pour que le contenu de ta boîte soit hot, parce que tu ne veux pas passer pour celui qui apporte des offrandes cheap devant ton voisinage... Wayan m’a fait bien rire en me racontant que sa femme lui demande toujours plus d’argent pour acheter des fruits importés (parce que ceux de Bali, ça fait cheapo!) et qu’il court droit vers la banqueroute! 

En plus du temple, on trouve au Pura Tirtha Empul la plus grande source thermale sacrée de Bali. La source se jette dans un grand bassin par la gueule de différentes statues. Chacune des statues a ses propriétés spécifiques. On se placera sous le jet particulier de l’une d’elles pour soigner des maux physiques, sous une autre pour équilibrer sa santé mentale, sous une autre pour stimuler sa fertilité… Et il y en a une qui ne sert qu’à la purification du corps des morts. Aucun vivant ne s’y douche. 

L’endroit était très beau, mais ce qui en gâchait l’atmosphère sacrée, c’est qu’il était bourré de touristes. Comment ressentir la spiritualité des lieux en regardant des baigneurs se prenant en selfie ou posant pour leur copine sous le jet d’une statue?

Bref, je ne peux pas dire qu'il n'y avait pas un chat là-bas. Parce qu'il y en avait un!

Volcan

Pour le lunch, on s’est arrêtés sur la terrasse d’un petit resto avec une vue superbe sur le volcan Kintamani et un grand lac. Le volcan est toujours actif et sa dernière éruption date des années 2000 (j'ai oublié quelle année). On peut encore voir jusqu’où la lave a ravagé le paysage.

Sur la route de Berthier (ou pas)

Une des choses que j’ai le plus appréciées de ma journée, ce sont les étroites routes tortueuses qu’on a empruntées. Nous y avons croisé de nombreux villages paisibles, de jolies rizières et des paysages magnifiques. Un autre côté de Bali, hors des circuits touristiques, empreint de pureté.

Rizière Tegallalang

L’une des images emblématiques de Bali, c’est la rizière Tegallalang, toute en plateaux. Wayan m’a raconté qu’il y a quelques années, les gens s’arrêtaient tout simplement en bord de route pour la prendre en photo. Pour que cessent les éternels bouchons de circulation créés par l’engouement des gens face à cette belle rizière, la municipalité a dû prendre des mesures et un grand espace de stationnement a été aménagé. Au fil du temps, échoppes et resto sont venus agrémenter le bord de la route pour attirer les touristes. Il est aussi possible de se balader dans la rizière, qui appartient à plusieurs propriétaires agricoles.

Prendriez-vous un petit café?

Partout autour d’Ubud, on trouve des pubs annonçant des endroits où l’on sert du luwak coffee. Ce café, c’est le plus cher au monde. Il a ceci de particulier : il est fait à partir de grains de café qui ont préalablement été ingérés par des civettes (luwak, en balinais), puis évacués. Les grains retrouvés dans les excréments des bêtes sont ensuite nettoyés puis torréfiés. La chimie intestine et les enzymes des civettes donneraient au café un goût particulier, raison pour laquelle il est vendu à prix fort.

Wayan m’expliquait que les Hollandais, quand ils sont venus coloniser Bali, ont commencé à y faire pousser des plantations de café, breuvage alors inconnu ici. Ils « employèrent » les Balinais pour travailler sur les plantations, mais leur refusaient de goûter au café. Alors les gens ont remarqué que dans les excréments des civettes, on retrouvait des grains de café entiers. Curieux, ils ont donc nettoyé les grains et les ont torréfiés, en cachette, comme ils en avaient appris le procédé auprès des Hollandais à la plantation. Et puis… ça s’est su!

Pourquoi les civettes en particulier? Parce que c’est le seul animal qui bouffe des grains de café.

Est-ce que j’y ai goûté? Tellement pas! D’abord parce que c’est dégueu juste d’y penser. Mais aussi parce que ce café est devenu un attrait touristique populaire. Donc forcément, pour répondre à la demande, les civettes doivent être mises en mode de production. C’est clair que des fermiers ne se promènent pas dans les plantations, yeux au sol, à chercher les précieux étrons! Les civettes doivent être élevées en cages et gavées de grains, alors que dans la nature cela ne constitue qu’une petite partie de leur alimentation. Alors je veux bien admettre qu’autrefois le café qu’elles produisaient avait un arôme particulièrement savoureux. Mais dans les conditions de production actuelles, avec le stress de vivre en cage et leur alimentation dénaturée, cela m’étonnerait beaucoup qu’il ait le même petit goût de revenez-y qu’à l’époque. 

En même temps, quelle hypocrisie de ma part de critiquer cela, alors que je mange des œufs tout droit sortis du cul de poules élevées dans des conditions tout aussi terribles!

Mais vous, prendriez-vous un petit café?

Au suivant!

Voilà qui termine le récit de mes aventures ubudiennes. 

La destination suivante que j’ai choisie, c’est Lovina, sur la côte Nord de Bali. Dans le guide touristique que m’a prêté ma collègue et amie Marie-Andrée avant que je parte, elle avait écrit à côté de Lovina : «Ennuyeux et désuet»! Alors pourquoi est-ce que j’ai choisi d’y aller quand même? D’abord, parce que j’ai une sacrée tête de cochon! Mais aussi, parce que l’endroit est réputé pour l’observation des dauphins. Et comme j’avais manqué mon coup à ce niveau-là lors de mon passage à Moreton Island, en Australie, cela me semblait un bon plan. 

Est-ce que je trouverai l'endroit désuet et ennuyeux moi aussi? C’est ce qu’on saura dans mon prochain article…

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