Népal (partie 1)

C'est pas trop tôt!

Ah que j'ai eu de la misère à publier cet article! Il est prêt depuis des jours mais j'avais une connexion wifi vraiment déficiente et je n'ai pas pu le faire avant. J'avais tellement hâte de vous parler du Népal... C'est parti!

Enfin le Népal! 

Ah que j’étais excitée à l’idée de visiter le Népal! Je fantasmais particulièrement sur ses montagnes aux blancs sommets et sa nature sauvage. Mais je n’avais que trois semaines devant moi pour voir le pays et je savais en partant que ce ne serait pas assez! C’est qu’à l’origine, je devais rejoindre ma mère seulement à la fin novembre, au lieu du 10, ce qui m’aurait laissé plus de temps. Pas grave! Trois semaines, c’est déjà formidable. J’y étais du 19 octobre au 8 novembre 2017.

Mon plan était de passer quelques jours à Katmandou, la capitale bruyante, grouillante et polluée du pays. Puis j’allais me rendre à Pokhara, parce que la ville est située autour d’un grand lac et est bordée de montagnes himalayennes, dont l’Annapurna. C’était la seule destination autre que Katmandou à mon programme parce que je savais qj’y trouverais beaucoup à faire et à voir.

Katmandou

Je suis arrivée à Katmandou le soir. Dans l’avion, la vue de toutes les lumières de la vallée de Katmandou était magnifique. Bien sûr, j’aurais préféré arriver de jour pour voir les montagnes alentours, mais l’étendue de la vallée illuminée était impressionnante. À l’arrivée à l’aéroport (qui ressemble à un petit centre d’achat en briques rouges), j’ai pris mon visa d’entrée (40 USD pour 30 jours). J’ai aussi acheté une carte SIM pour un dollar. Le gouvernement népalais a mis en place cette opportunité afin de stimuler le tourisme après les terribles séismes d’avril 2015.

Katmandou m’a un peu rappelé Delhi. Une version soft de Delhi. Je m’y suis tout de suite sentie bien. Malgré la saleté, malgré le bruit, malgré la foule et malgré les regards appuyés de certains hommes sur ma poitrine. Il y en a même un qui m’a lancé son duo de choc : clin d’œil creepy-bisou! Comment j’ai pu résister à ça? Je me le demande encore... Alors le deuxième jour, j’ai porté un foulard pour camoufler mes courbes. Mais cela n’a pas changé grand-chose. Faudra faire avec.

Mais je parlerai davantage de Katmandou plus tard, parce qu’un imprévu m’a conduite ailleurs. Mon plan est de revenir visiter cette ville pendant quelques jours à la toute fin de mon séjour népalais.

Ode au partage

À mon deuxième jour à Katmandou, pour soulager un petit creux d’après-midi, je suis entrée dans une pizzéria. Assise au balcon du deuxième étage, c’était un super spot pour observer les allers et venues de la rue. Puis la pizza que j’avais commandée est arrivée. Tellement grande!

Alors j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai osé demandé aux quatre personnes de la table d’à côté s’ils voulaient la partager, ce qu’il ont accepté avec enthousiasme. Ils m’ont offert un verre de rouge en échange et on s’est mis à discuter.

Une rencontre qui change tout

Ces gens, c’était Sailendra et Upendra, deux frères népalais, Jonas, d’Espagne et Christelle, de Paris. Après un moment, Sailendra a proposé que je les suive dans son village natal pour assister à la plus grande fête de l’année au Népal dans sa famille. Les festivités dureraient trois jours et il m’hébergerait dans une des tentes du camp dont il est propriétaire. Ils partaient tous le lendemain.

J’ai pris à peu près une milliseconde de réflexion avant d’accepter la proposition!

D’abord, je devais rester quelques jours de plus à Katmandou, mais j’aurais bien le temps de la visiter quand j’y reviendrai pour prendre l’avion à la fin de mon séjour.

Ensuite, impossible que je rate une occasion en or d’assister à une fête dans une famille népalaise.

Et finalement, à propos du camp, Christelle venait de me montrer des photos des lieux et j’avais pensé : «Trop beau!!!». Pour ce qui est de dormir dans une tente (des années que je n’avais pas fait ça!), non seulement cela ne me défrisait pas pantoute, mais en plus cela me donnait une excuse pour acheter une de ces magnifiques couvertures de laine népalaises que j’avais admirées dans les boutiques des alentours. Yé!

C'est parti, mon kiki!

Alors le lendemain, on est tous montés dans un jeep pour aller au village, Siurenitar (près de Gorkha), situé entre Katmandou et Pokhara. Cela a été un trajet d’environ trois heures sur des routes de terre cahoteuses (sans déconner, des fois notre cul lève de terre!). À bord, musique à tue-tête et whisky! Et pendant le trajet, les cimes enneigées des montagnes à l’horizon.

Le chauffeur nous a laissés au village, à la maison familiale de Sailendra et Upendra. Nous avons été reçus comme des princes par leur mère et on y a passé la soirée à discuter et à manger, le tout arrosé de quelques bières et de raksi, un alcool local fait maison à base de riz ou de millet.

Le camp

En fin de soirée, nous sommes partis à pied au camp (à une dizaine de minutes de là). Là-bas nous attendaient quelques employés du camp et un bénévole italien, Giovanni, qui donnait un coup de main en échange du gîte et du couvert. Au camp, on dort dans des tentes munies de matelas en mousse. Il y a aussi un grand bâtiment où se trouve la cuisine, des tables à pique-nique à l’extérieur et un petit bâtiment où l’on trouve d’un côté la toilette et de l’autre la douche.

Mais ce n’est qu’au matin que toute la beauté du site m’est apparue. C’est que le camp, bordé d’une large plage de sable blanc et de galets, est situé à la jonction de deux rivières et est entouré de montagnes. Une vision de carte postale.

Mais avant, voici ma gang : moi, Jonas, Sailendra, un de ses amis, Giovanni, Christelle et Upendra.

Un homme et son projet

Ce camp, c’est l’idée de Sailendra. Ce dernier a un parcours intéressant. Ayant une personnalité forte et une grande détermination, il est devenu, gamin, champion de rafting et de kayak. À ce que j’en ai compris, il a été remarqué à l’adolescence lors d’une compétition au Népal par des Norvégiens qui l’ont invité à joindre leur équipe. À partir de là, il s’est installé en Europe, au Luxembourg, pendant des années. Depuis, il a beaucoup voyagé et pour gagner sa vie, il est devenu guide de rafting et kayak à travers le monde.

Puis il est revenu d’Europe avec un projet. Sur le terrain appartenant à son grand-père (que celui-ci lui a cédé), il a construit de ses mains un camp pour y loger des touristes. Ses principes de base : n’utiliser que des matériaux naturels (à peu près tout est en pierre ou en bois), offrir une nourriture savoureuse (miam!) et proposer des activités comme le rafting.

Sailendra a donc sa propre entreprise de tourisme, Best Adventure Nepal. Si vous passez par le Népal et avez envie de de vous plonger dans ce décor de rêve, vous pouvez le contacter, entre autres, sur Facebook (via Sailendra Regmi ou Best Adventure Nepal).

Fêtes de Dipawali

Partout au pays, sur la façade des immeubles, on a posé des lumières ou des guirlandes de fleurs oranges. Dans les entrées, on a peint un genre de mandalas avec de la poudre colorée et placé des lampions un peu partout.

Le premier jour du festival, les enfants du quartier se réunissent et s’arrêtent de maison en maison pour chanter des hymnes en jouant de la musique. Et certains dansent. La maisonnée aussi. À la fin, on leur remet quelques roupies. Ils utiliseront cet argent pour s’organiser un pique-nique tous ensemble le lendemain. Je mettrai des vidéos sur Instagram.

Quant à nous, on a mangé comme des cochons (tellement délicieux!) et bu tout autant.

La fête continue

Le deuxième jour, on a soigné nos gueules de bois au camp, puis on est retournés à la maison familiale. Autour de nous, des chèvres et des poules et dans un petit étable, un buffle. Et le soir, un autre groupe de jeunes (pré-ados) est venu chanter et danser pour (et avec) nous en échange de quelques roupies. Et les voisins sont venus fêter avec nous.

Pendant ce temps, les femmes de la maison ont préparé des genre de churros népalais, une pâte sucrée frite. Quel délice! Cette sucrerie est cuisinée spécialement en vue de la cérémonie du lendemain qui célèbre les frères et soeurs et dont je parlerai plus tard.

La grand-mère

La grand-mère Regmi était trop chou. Elle perd un peu la boule et fait des bêtises. Par exemple, elle a détruit le beau mandala qui avait été dessiné la veille à l’entrée de la maison! Aussi, elle se sauve de la maison de temps en temps. Deux fois pendant notre séjour un voisin a appelé pour dire que la vieille était rendue chez eux. Mais une fois, elle s’est mise à m’observer, puis elle s’est arrêtée devant moi et a dessiné des signes sur mon front avec ses doigts en prononçant quelques paroles. Je ne sais pas ce qu’elle a dit ni pourquoi elle a fait ça. Je sais seulement que j’ai été touchée qu’elle m’accorde cette attention.

Oh et une fois Sailendra avait mis son portable sur un banc pour faire jouer de la musique. Tout à coup, plus de musique. On regarde vers le banc et… la grand-mère était assise dessus! On a ri aux larmes!

Parenthèse : sur la photo, à gauche de la grand-mère, on voit une bande ocre peinte sur le sol, sur laquelle apparaissent des petits pieds blancs ou rouges. Les Népalais tracent cette bande, partant de l’extérieur et se poursuivant à travers la maison, à l’occasion des festivités de Dipawali. Pourquoi? Afin de montrer aux dieux le chemin de leur foyer. Poésie du Népal...

Le grand jour

Le jour le plus important du festival est celui qui célèbre les frères et sœurs. Toutes les familles se réunissent pour l’occasion. Ce sont les sœurs d’une famille qui organisent la cérémonie au cours de laquelle elles pratiqueront le rituel du tikka sur leurs frères. (Le tikka, c’est la marque de poudre colorée, généralement rouge, que les hindous portent sur le front). Ce sont aussi elles qui ont la responsabilité d’acheter tout le nécessaire pour la cérémonie. Dans le cas de la famille Regmi, comme il n’y a qu’une sœur pour trois frères, la jeune femme a fait des économies toute l’année en prévision de cette fête. Voilà comment la cérémonie s’est déroulée.

Sur le seuil de la maison, une longue pièce de tissu avait été posée au sol. Nous nous y sommes assis les uns à côté des autres, à commencer par les frères. Devant chacun de nous, une grande assiette remplie de sucreries ainsi qu’un cadeau. D’abord, la jeune femme a fait trois fois le tour de nous en jetant de l’eau, puis trois autres fois en jetant de l’huile (rituel de purification).

Puis elle a dessiné le tikka sur le front de chacun d’entre nous, à commencer par ses frères. Je m’attendais à l’habituel point rouge, mais j’ai été surprise de voir qu’à l’aide d’un pochoir découpé dans une feuille de bananier, elle nous a dessiné une fine ligne en plusieurs couleurs. C’était vraiment beau.

Ensuite, elle nous a saupoudrés de pétales puis a déposé une couronne de fleurs autour de nos cous et une autre autour de nos têtes. Finalement, elle a déposé sur la tête des hommes un chapeau traditionnel népalais. Quant aux femmes, elle a entremêlé à nos cheveux un magnifique ruban rouge orné de dorures et de perles.

Après, on pouvait manger le contenu de notre gamelle. Sucreries, biscuits, fruits, chocolat et les fameux genre de churros népalais. Aussi, chacun avait un petit présent. Le mien, c’était une pince à cheveux, des élastiques et une petite boîte de tikka rouges autocollants.

Faire des plans au Népal

Après la cérémonie, on a joué un peu aux cartes, mais on a décidé de rentrer tôt au camp. Cela faisait quelque jours qu’on mangeait et buvait trop et on était tous un peu barbouillés. Sauf que juste avant d’arriver, on est passé devant la version népalaise d’un dépanneur. Le propriétaire, toujours dans son élan des festivités, a décidé de nous retenir pour partager une bouteille de whisky, puis une autre… Puis un groupe de jeunes adultes est passé pour nous offrir des chants et de la danse. Bref, on a failli se coucher de bonne heure!

Dernier jour: une feinte!

Après le festival, j’avais décidé de rester un dernier jour pour me reposer et profiter de la vue et de la tranquillité du camp. J’allais prendre le bus vers Pokhara le jour d’après. Mais ce n’est pas comme ça que ça s’est passé!

Parce que le jour qui devait être mon dernier au camp, ma gang a décidé de partir en road trip le lendemain jusqu’à Lumbini, au sud du pays, près de la frontière indienne. Et pas n’importe comment! Ils partaient avec le gros camion de la famille. J’ai embarqué dans l’aventure.

Quand même, ce jour-là on s’est reposé toute la journée, puis on est partis à pied visiter les villages alentours. C’était très chouette. Des petits ponts comme sur la photo ci-dessous, on en voit plein au Népal. Puis on a aboutit dans un camp voisin et on est rentrés tard, les poumons surchargés d’agriculture locale. Ben quoi? Après tout, le Népal a une certaine réputation en la matière...

Truck road trip

Au matin, on a tous grimpé dans la cabine du camion. Sailendra, Upendra, Jonas, Christelle, Giovanni et moi. Le grand frère Regmi était le chauffeur. On ne le voit pas bien sur la photo (parce que j’ai supprimé la meilleure photo en pesant sur le mauvais piton), mais la cabine est assez grande pour nous accueillir tous les six, à condition de nous coller un peu. Et puis tout est recouvert de matelas en mousse, alors c’était plutôt confortable. En chemin, on s’est arrêté pour prendre un chargement de pierres (enfin nous, on est allé manger pendant ce temps), que le grand frère a ensuite vendu près de Lumbini.

Maudit qu’on a eu du fun sur la route! Nous sommes arrivés à destination tard dans la nuit. On a dormi quelques heures tous entassés dans la cabine et au petit matin, on est partis visiter Lumbini.

Lumbini

Lumbini, c’est la ville où Siddhartha Gautama, dit le Bouddha, serait né. On peut visiter l’endroit de sa naissance et, tout autour, sur un vaste territoire, des temples bouddhistes de différents pays ont été construits. C’est très joli. Mais mis à part ces temples, la ville en tant que telle présente très peu d’intérêt. On a donc passé la journée là-bas et visité les temples, puis on a passé la nuit en ville. Le lendemain, je prenais le bus vers Pokhara et le reste de la troupe reprenait le chemin du retour en camion.

Sur le bout de la langue

Ah que j’ai apprécié le retour du namaste dans ma vie! Parce qu’ici comme en Inde, pour saluer et dire au revoir, on dit namaste (généralement en joignant les mains au niveau du coeur) ou namaskar, pour saluer les gens des castes plus élevées. Mais comment savoir quand on ne connaît pas la personne? Fouille-moi! Alors je m'en suis tenue au premier.

L’eau, c’est pani (en Inde aussi).

Et pour dire merci, on dit dhanyabaad.

Côté bouffe, je m’attendais à très mal manger au Népal. Quelle erreur! Bon, il faut dire que j’ai été choyée avec les Regmi parce qu’ils cuisinent vraiment bien. En plus, étant du coin, Sailendra nous amenait toujours manger dans des restos qu’il savait très bien. Mais s’il est vrai que j’ai eu quelques mauvaises expériences au niveau des papilles au resto, en général, je me suis régalée.

Parmi les spécialités, on trouve le fameux dhal bhat. Ce plat est composé d’une part de riz, d’une part de curry et d’une généreuse lampée de lentilles. Miam! C'est le plat quotidien des Népalais. Matin, midi et soir: dhal bhat. Il y a même des t-shirts avec l'inscription «Dhal bhat power»! 

On trouve aussi beaucoup de momos au Népal (mais je pense que c’est tibétain). Ce sont des boules de pâte farcies (genre dumplings). Miam!

Retour au mode solo

Après six jours en super compagnie, il était donc temps pour moi de repartir seule. J’étais à la fois triste de quitter mes joyeux drilles et excitée à l’idée de voir Pokhara. Mais pour apprendre ce qui s’est passé ensuite, il faudra attendre mon prochain article!

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Les churros népalais, on dirait des picarones, sirop en moins!

https://fr.wikipedia.org/wiki/Picarones