Népal: Pokhara, etc.

Route paradisiaque... et infernale!

Le 24 octobre, je quittais ma gang pour me rendre à Pokhara. Le trajet depuis Lumbini en autobus fait au moins 7-8 heures. Le bus s’arrête plusieurs fois en chemin, le temps qu’on puisse dîner ou aller aux toilettes, mais aussi pour prendre et laisser des voyageurs en cours de route. Et cette route, elle est souvent très belle. On y croise des rivières coulant au creux des falaises et tout autour de nous, des montagnes et des montagnes.

Mais la route est parfois aussi inquiétante qu’elle est belle! Parce que là-bas, l’asphalte est plutôt l’exception que la règle. Alors on roule sur des chemins étroits et cahoteux en terre battue, parfois longeant des falaises, avec un demi-pouce entre les deux voies. Des fois l’espace n’est pas suffisant pour laisser passer deux gros véhicules (et le trafic est composé de 70% de gros camions et bus), alors l’un doit laisse passer l’autre. À les voir, tu te dis qu’ils vont smasher puis, comme dans un ballet routier, chacun connaît sa chorégraphie et le show continue sans accident.

Et allo les bouchons de circulation et les nuages de poussière! Donc, pour éviter de me mettre à lâcher des «hiiiiii» incontrôlables, j’ai porté mon regard au loin sur les paysages, sans regarder la route et je m’en suis remise à l’expérience du chauffeur pour nous mener à destination sans problème.

Mais honnêtement, à chaque fois que j’ai embarqué sur une route népalaise, il y a toujours eu un moment où j’ai eu une pensée du genre : «Si mon heure est venue, je pars en paix parce que je suis heureuse de la vie que j’ai vécue jusqu’ici. Merci la vie.»

Durs débuts

J’ai été témoin d’une triste affaire au terminus de Pokhara. Je mangeais une bouchée dans un petit resto avec un couple d’Autrichiens avec qui j’allais partager un taxi jusqu’en ville par la suite. Puis là, un veau s’est avancé dans le stationnement des bus. Il n’allait pas bien, c’était évident. Il avait du mal à tenir sur ses pattes. Alors il s’est écroulé sur le flanc, secoué de spasmes. Quelques minutes plus tard, il ne bougeait plus. Quand on est repassé par là pour joindre le taxi, on a vu qu’il était mort, une flaque de sang et d’écume sortant de sa bouche. Triste…

Quoi, ma gueule?

Mais il n’y avait pas que le pauvre veau qui était mal en point. De mon côté, pendant le trajet de bus, je ressentais un picotement désagréable à un œil. À mon arrivée à ma chambre, j’ai pu constater l’ampleur des dégâts. On aurait dit que j’avais mangé un coup de poing sur la gueule!

Le lendemain, je me suis donc rendue dans une clinique du coin. Après m’avoir examinée, le médecin m’a remis deux types de gouttes, des antibiotiques et des comprimés contre la douleur, pour finalement me délester de 70 USD! Pas si grave, mes assurances me rembourseront.

Quand même, je tiens à raconter mon expérience et à faire cette mise en garde. Si on vous donne des médicaments à l’étranger, regardez toujours l’état des produits et leur date d’expiration avant de partir. Parce que quand je suis arrivée à ma chambre, j’ai constaté que un, une des bouteilles de gouttes était déjà décapsulée (donc je ne l’ai pas utilisée). Et deux, les comprimés contre la douleur qu’on m’avait remis était expirés.

En plus (t’sais quand ça va bien!), après deux jours, j’ai dû arrêter de mettre les autres gouttes parce que mon œil empirait. Il est devenu rouge sang. Heureusement, j’avais mes propres gouttes hydratantes et, dans les jours suivants, mon œil s’est rétabli petit à petit.

Quand même, mes premiers cinq jours à Pokhara ont été assez déprimants. Parce qu’en plus de ne pas feeler à cause de mon œil, j’ai plutôt mal vécu le retour à la solitude. Ma gang de fous me manquait. Alors j’ai fait ce que je fais généralement quand je me sens comme ça : je me suis roulée en boule sous ma couette et j’ai attendu que ça passe. Et ça a passé!

Pokhara, la belle

Pokhara, c’est vraiment trop chou! La ville est construite autour d’un grand lac et est cernée de montagnes magnifiques.

Et puis j’ai fait du rafting pour la première fois de ma vie! J’étais morte de peur juste avant («À quoi j’ai pensé???»), mais maudit que j’ai aimé ça! J’ai capoté! On était un groupe réparti en trois bateaux. Les gens, c’était surtout des Indiens très rigolos et quelques gentils Chinois. Non seulement le rafting était vraiment trippant, mais j’ai eu beaucoup de plaisir avec tout ce beau monde.

En plus, j’ai plein de souvenirs en photos de ces moments trépidants parce qu’un des sauveteurs en kayak se postait à tout moment sur un rocher pour prendre plein de clichés des rafts en action. Alors maintenant je sais quelle face je fais quand j’ai la frousse parce que sur presque toutes les photos j’ai le front plissé et la bouche ouverte! Mais c’était une belle frousse. Pourquoi j’ai attendu 42 ans avant de faire ça?

Autour de Pokhara

J’ai aussi été voir le lever du soleil sur les montagnes à Sarangkot, village haut perché pas loin de là. Et j’ai vraiment eu de la chance parce que des fois il y a tellement de nuages qu’on ne peut pas voir les sommets enneigés. Alors que ce jour-là, le ciel était tout dégagé, et le spectacle magique.

Depuis le belvédère, on contemple non seulement les montagnes, mais aussi Pokhara et son lac (mais je n'ai pas de photo assez jolie pour la mettre ici).

Le Tibet aux Tibétains!

Le même jour, je suis aussi allée voir une grotte, une chute et j’ai visité un village tibétain. Tibétain? Oui, parce que dans les années 70, quand la Chine a envahi le Tibet, de nombreux Tibétains se sont enfuis vers l’Inde et le Népal pour échapper à la tyrannie de leurs envahisseurs. Le gouvernement népalais a alors donné une parcelle de terre aux réfugiés près de Pokhara.

Les exilés s’y sont installés et, parmi leurs moyens de subsistance, ils vendent des souvenirs et tissent des tapis de laine à la main. Tellement beaux, ces tapis, mais je n’avais ni les moyens ni l’espace-bagage pour me gâter. Par contre, j’ai un peu perdu les pédales au niveau des bracelets (vraiment mignons). J’en ai achetés six!

Une stupa stupéfiante (c'tu pas un stupide jeu de mot, ça?)

Mais la plus belle partie de cette journée a été ma visite de la stupa World Peace Bouddha. La vue sur les montagnes enneigées depuis ce temple bouddhiste est à tomber. Et que dire de la vue sur Pokhara et son lac en contrebas? J’y ai aussi croisé quelques Indiens qui ont voulu que je prenne des photos avec eux (comme la famille ci-dessous, à laquelle j’ai demandé une photo en échange). La dame en turquoise sur la photo de famille m’a pris la main («For good fortune!»). Alors à partir de maintenant, qu’on m’appelle Grigri! Je porte chance…

Un coucou surprise

La veille de mon départ de Pokhara vers Katmandou, Christelle m’a contactée sur Facebook. Toute la bande prenait la route de Pokhara ce matin-là et retournait au camp le lendemain pour faire un rafting à la pleine lune. Est-ce que ça me tentait d’embarquer?

Une expédition de rafting avec eux, de nuit, éclairés par la pleine lune? Je n’aurais pas manqué cela pour tout l’or du monde! Katmandou attendrait…

Alors le soir, je suis allée les retrouver (Sailendra, Christelle, Giovanni et Jonas) dans un petit bar très cool appelé Silk Road. On s’est fait un festival d’accolades, on a mangé des délicieux momos et on a jasé en écoutant un excellent show live. Plus tard, on est tous allés au gîte de Sailendra et Christelle et on a passé la fin de la soirée sur le toit de l’immeuble, éclairés par la presque pleine lune, à écouter de la musique.

Le lendemain, on prenait le bus vers le camp. Giovanni, quant à lui, s’en allait à Katmandou pour rejoindre sa blonde qui arrivait ce jour-là d’Italie. Ils seront dans le Sud de l’Inde en décembre, tout comme moi. Peut-être nous reverrons nous là-bas.

Magie de la pleine lune

Le 4 novembre, nous sommes donc tous partis au camp. Là-bas, il y avait un couple de Français, Anaïs et Clément, un Britannique, John, et un Allemand, Marco. Plusieurs amis de Sailendra se sont aussi joints à nous. Le soir, le staff nous a préparé un super BBQ. Ensuite, plusieurs ont joué au volleyball. Puis vers 23h, on s’est préparés pour le rafting à la pleine lune.

On est partis directement du camp et on a vogué tranquillement sur la rivière, avec quelques descentes de rapides faciles. Une expédition toute en douceur où on a passé de longs moments sans même pagayer, juste à écouter de la musique (John et Jonas on même dansé dans le raft!) et à savourer l’instant. Magique!

À l’arrivée, un tracteur est venu nous chercher (il apportait aussi nos vêtements de rechange). On s’est mis au sec, puis on a grimpé dans la boîte du tracteur, qui nous a ramenés au camp. Magique!

Puis on est restés jusqu’à l’aube autour d’un feu sur la plage. Magique!

Cette journée était parfaite en tous points. Inoubliable. À tout moment je me répétais: «Je suis au Népal, en bonne compagnie, dans un raft à la pleine lune (ou dans un tracteur)! Malade!!! Que j’aime ma vie!»

Toutes les photos ci-dessous ont été prises par Sailendra ou Christelle.

Et Katmandou, alors?

Ouin ben Katmandou a attendu encore un peu… Parce que je suis restée deux jours de plus au camp. Je ne suis donc repartie vers Katmandou que la veille de mon vol vers Bangkok. Tout ce que j’aurai visité de la ville, c’est le quartier Thamel où j’ai logé.

Parce qu’il a fallu que je fasse un choix : profiter plus longtemps du bonheur d’être au camp avec mes amis ou partir visiter la ville. Et le momentum était au camp, avec eux.

Alors disons qu’en fait de photos de Katmandou, je n’ai pas grand-chose à offrir à part ce fier matou.

Les adieux

Je suis donc repartie du camp en bus en compagnie d’Upendra qui devait lui aussi se rendre à Katmandou. Juste avant notre départ, Sailendra m’a organisé une cérémonie très touchante.

Tout le monde s’est réuni autour de nous. Sailendra m’a attaché autour du cou une écharpe (pour me protéger dans mon voyage). Ensuite, l’un après l’autre, chacun m’a dessiné des lignes de poudre rouge sur le visage en me disant quelques paroles d’appréciation. Les marques signifiaient que je venais de dire adieu à quelque chose.

Je suis donc partie prendre le bus comme ça, le visage bariolé de rouge. Pourquoi pas? D’ailleurs, mes yeux aussi étaient rouges. J’avais le cœur à l’envers en partant.

Le lendemain, à l’aéroport, j’ai remarqué que plein de gens portaient autour du cou un foulard de soie comme le mien. Je n’y aurais pas fait attention, avant. Mais grâce à mes amis népalais, je connais maintenant leur signification touchante. Voyager m’apprend à porter un regard différent sur les choses.

 

En vrac

Météo. Le soleil tapait dur, au Népal. Mais soir et matin, ça prenait une petite laine. Et la nuit, sous la tente, ma couverture était plus que bienvenue. Même que la dernière nuit j’ai demandé une couverture de plus.

Spic N’ Span. Au niveau de la propreté, le Népal est tout un contraste avec l’Indonésie. Autant en Indonésie on enlève ses souliers avant d’entrer chez les gens, dans les boutiques ou dans sa chambre, autant au Népal, tu ne veux surtout pas marcher pieds nus, même à l’intérieur!

Les gens. Les Népalais sont très sociaux. Ils se voisinent, se regroupent, se jasent. Et ils n’ont pas peur de faire du bruit, non plus. Ils s’interpellent les uns les autres, qu’ils passent en moto, en auto ou à deux rues de distance.

Et en avant la musique à fond!

Puis ils n’ont pas peur de se toucher. Là-bas, on s’accote les uns sur les autres, on se prend par le cou, par le bras, on se pousse, on se donne des coups (la belle-sœur Regmi, la première fois que je l’ai vue, m’a sacrée une de ces bines!) ou on se fait la prise de l’ours! Ils sont toughs et ils s’asticotent tout le temps.

Histoire de pêche. Une fois, au camp de Siurenitar, j’ai vu des pêcheurs capturer le poisson d’une curieuse façon. Un homme s’est placé à un bout d’un filet, debout sur la plage. Un autre a grimpé sur une chambre à air en tenant l’autre extrémité du filet, se dirigeant à l’aide d’un bâton. Puis tous deux ont avancé le long de la rivière, attrapant les poissons au passage. Imaginatif!

Pollution. Partout on voit des gens portant un masque sur la bouche et le nez. Pas étonnant! En fait oui, étonnant. Parce que je m’attendais à ce que ce soit pollué à Katmandou, mais même en pleine nature, les routes sont la plupart du temps en terre battue et l’air est saturé de sable. Et puis il y a une quantité phénoménale de gros camions partout. Alors sable et diésel, ça te scrape un poumon assez vite.

Réclamation d’hôtel. J’ai raconté il y a un bon moment de ça sur ce site que j’avais eu un problème avec ma réservation d’hôtel à Kuta et que j’avais fait une réclamation au site www.hotels.com. Pour en finir avec cette histoire (parce que je vous imagine assis sur le bout de votre chaise en attendant d'avoir enfin le fin mot de cette mésaventure!), j’ai obtenu le remboursement demandé lors de mon arrivée au Népal.

Pas de bilan, bon!

Je refuse de faire le bilan de mon séjour au Népal. Parce que je n’étais pas prête à le quitter. J’en suis partie avec un solide feeling de coït interrompu! Il faudra une suite à mon histoire d’amour avec ce pays. Mon petit cœur a totalement fondu pour ses gens et ses paysages. Je pensais même y revenir en décembre. Sauf que les dernières nuits au camp, il faisait vraiment froid. Winter is coming… Le timing ne serait peut-être pas idéal pour un retour. Mais peut-être qu’en mai… À suivre!

Direction Bangkok

Après le Népal, il était alors temps pour moi d’aller rejoindre ma petite maman pour deux semaines en Thaïlande. J’avais tellement hâte de la voir et de la serrer dans mes bras! Je raconterai comment se sont déroulées nos retrouvailles dans mon prochain article.

À bientôt, les rigolos!

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DanielleIsabelle en vadrouilleDiane Ross Recent comment authors
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Danielle
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Danielle

Je le savais que le Népal serait extraordinaire… Bonne route, mon amie!

Diane Ross
Invité
Diane Ross

Ma belle Isabelle,

C’est toujours un plaisir de lire tes aventures, que de souvenirs tu rapporteras dans tes bagages. Bonne continuité.