Thaïlande: Bangkok et Krabi

Bouillonnante Bangkok

Je suis arrivée à Bangkok deux jours avant ma mère. C’était ma troisième visite de cette ville. Les deux premières fois (des escales de quelques jours entre l’Inde et le Québec), j’en étais repartie avec un goût amer dans le gorgoton. À l’époque (en 2006), côtoyer tous les jours les couples formés d’une jeune thaïe et d’un vieux crisse bedonnant m’avait beaucoup affectée.

Alors cette fois, j’avais réservé un hôtel dans un quartier différent. Est-ce qu’il était mieux? Tellement pas! Il y avait plein de bars de ping pong shows (je vous laisse le plaisir de vous informer à ce sujet) et la prostitution était évidente dans certaine rue. Mais moi, j’étais mieux. Je suis arrivée là-bas dans un autre état d’esprit. Je savais ce qui m’attendait et j’avais décidé de ne pas me laisser atteindre par tout ça. Parce qu’après tout, mon indignation ne changerait rien à la situation du tourisme sexuel thaïlandais. Alors à quoi bon me laisser saper le moral?

C’est comme cela que j’ai donc enfin pu apprécier Bangkok pour ce qu’elle est. Bouillonnante et tapageuse, traditionnelle et moderne, spirituelle et pervertie, sale et immaculée, cheap et luxueuse, royaume enchanté du magasinage et palais de la bouffe de rue (pour la réduire à quelques mots).

Étranges retrouvailles

Quand j’imaginais mes retrouvailles avec ma mère à l’aéroport de Bangkok, je nous voyais sautillant comme des fillettes. Parce que c’est de ma mère que je tiens mon émotivité. Mais en réalité, cela ne s’est pas passé comme ça du tout...

En fait, moi, je sautillais comme une gamine en scrutant la sortie des gens. Mais imaginez ma surprise quand j’ai vu ma mère passer la porte, sans l’ombre d’un sourire quand elle m’a aperçue au loin! «Elle doit être super fatiguée du voyage…», que je me suis dit. Puis quand on s’est rejointes, elle a éclaté en sanglots avant de me tomber dans les bras! «Oh non, encore un mort dans la famille…», j’ai pensé.

Heureusement, ce n’était pas cela. Ce qui s’est passé, c’est que sur le papier des douanes qu’il faut compléter à l’arrivée au pays, ma mère n’avait rien inscrit dans la case où elle aurait dû indiquer le nom de l’hôtel où elle logerait à Bangkok. Alors le douanier lui a demandé où elle allait, ce à quoi elle a répondu : «I don’t know. My daughter booked the hotel.».

Alors le gentil, gentil douanier a réagi de la seule façon sensée envers une femme de 72 ans : il a refusé de la laisser passer! Ma mère a paniqué, lui a répété : «Come with me, my daughter is waiting for me outside!», mais le douanier ne voulait rien savoir. Ça a duré un long moment, tout ça.

Ma mère s’est donc mise à pleurer comme un bébé, ce qui a alerté une femme travaillant là-bas. Maman lui a expliqué la situation et la femme a signé son autorisation de passage en essayant de la calmer.

C’est donc cette boule de nerfs que j’ai vu s’avancer vers moi à l’aéroport. «Bienvenue à Bangkok!», que je lui ai dit pour la faire rire.

Je me vautre dans le luxe!

Avec l’arrivée de ma mère, il a fallu que j’upgrade un peu (pas mal) la qualité des chambres réservées. Je nous avais donc trouvé un charmant endroit, l’hôtel Silom One (super et pas tellement cher). Il est situé sur Silom Road, près d’une station de métro (MRT Silom) et dans un quartier grouillant. En bonus, une petite chatte est venue se faire flatter chaque fois que je suis sortie fumer sur la terrasse de l’hôtel.

Maman a dormi les premiers 14 heures de son arrivée! Le repos du guerrier. Parce que c’était toute une épopée de partir de Montréal, de faire une escale à Beijing, pour finalement arriver en Thaïlande. Et quand la belle au bois dormant s’est réveillée, on est allé marcher dans le quartier.

Tout près, le marché de nuit Patpong, une enfilade de kiosques vendant des trucs touristiques et autour, des bars, des clubs à ping pong shows, des restos. «Ah que j’ai chaud!», dit-elle.

Département des plaintes

Il arrive que certains lecteurs de mon blog se plaignent que je ne mets pas beaucoup de photos de moi sur le site. Ceux-ci seront contents parce que je ne publierai jamais autant de photos de ma face de pet que pendant le récit de mes deux semaines avec ma mère! Et puis, après tout, j’aime tellement ça me faire prendre en photo…

Tuk-tuk mafia

Le lendemain, on a pris un tuk-tuk avec l’intention d’aller visiter le palais royal. Mais les chauffeurs de tuk-tuk de Bangkok ont la réputation d’être de fieffés coquins (je suis polie aujourd’hui). Quand ils n’insistent pas pour que tu t’arrêtes en chemin dans certaines boutiques (pour, de leur côté, recevoir des coupons d’essence), ils te font dévier de ta route. C’est ce qui s’est passé pour nous ce jour-là.

Quand on a dit qu’on voulait aller au palais, le chauffeur nous a dit que ce jour-là, une fête spéciale en l’honneur du roi avait lieu au palais et que des milliers de Thaïlandais y assisteraient. C’est pour cela qu’il nous recommandait d’aller plutôt faire un tour de bateau sur les canaux de Bangkok pour visiter un marché flottant avant de nous rendre là-bas. Et quand je lui ai fait remarquer que le palais ferme à 15h30 et donc que nous n’aurions pas le temps d’y aller après, le chauffeur m’a assuré qu’étant donné la fête, le palais serait ouvert exceptionnellement jusqu’à 17h.

Est-ce que c’était de la belle bullshit, ça? Je vous le donne en mille! Le palais était bien sûr fermé après notre escapade en bateau.

Bangkok sur l'eau

À notre arrivée au port, on a tenté de nous vendre une ride de bateau à 3000 bahts (on compte environ 25 bahts thaïlandais pour 1 dollar canadien). Mais comme je venais de faire des recherches en ligne pour visiter le marché flottant de Damnoen Saduak, je savais pertinemment qu’on trouve des tours pour seulement 650 bahts. J’ai donc refusé son prix en riant et quand on a voulu partir, il nous a offert le circuit pour 1000 bahts. C’était encore trop cher, mais comme on était sur place, on s’est installées dans la pirogue. Un groupe de quatre jeunes Américains très sympathiques nous accompagnait.

Le trajet longeait des canaux avec vues sur la ville et sur le palais royal, entre autres. C’était joli. Puis on nous a débarqués dans le supposé marché flottant Talingchan. En tout cas, il ne m’a pas fait flotter pantoute, ce marché. Parce qu’en fait de marché, on parle ici de quelques kiosques de bouffe et quelques autres de marchandises dont on fait le tour en moins de cinq minutes, le tout réparti sur une grande plateforme. On n’y était pas au bon moment? Je ne sais pas. Quand même, on a passé quelques belles heures sur l’eau et on a apprécié notre balade. «Ah que j’ai chaud!», dit-elle.

Quartier Khao San Road

On nous a débarquées en face du palais royal (où on a pu constater qu’il était effectivement fermé). On a ensuite marché jusqu’au quartier de routards Khao San Road. C’est vraiment un chouette quartier plein de restos et kiosques de rues. Mais mosus qu’on a trop marché! Et sous une chaleur torride. Si bien qu’on s’est littéralement écroulées à la terrasse d’un resto pour déguster une bière fraîche et un bon repas thaï.

«Ah que j’ai chaud!», dit-elle.

«Moi aussi, m’man. La prochaine fois, on choisi la Baie James, ok?».

Parc Lumpini et shopping

Le lendemain, on s’est baladées au parc Lumpini. C’est un grand parc au cœur de la ville. «Ah que j’ai chaud!», dit-elle. On y trouve des gros lézards (lézards moniteurs) et on était bien excitées à l’idée de les voir. Finalement, on en a vu juste un, mais c’est vrai qu’ils sont impressionnants, avec leur langue bleue! Et ils nagent (voir vidéo sur Instagram).

Ensuite on s’est adonnées à l’un des plaisirs obligatoires de Bangkok : le magasinage!

Le lendemain, nous mettions le cap sur le sud (en avion)!

Ma postière bien-aimée

Dans sa valise, ma mère apportait tout plein de trucs pour moi. Je lui avais fait une petite liste de choses qui me seraient utiles (comme mon déo favori, des lames pour mon rasoir, ce genre de choses). Aussi, elle me gardait de l’espace dans sa valise pour rapporter des affaires au Québec (comme mes souvenirs du Néapl, par exemple). C’est pour cela qu’à Bangkok, je ne me suis pas privée de magasiner souvenirs, sacoches et vêtements. (Merci, ma postière adorée! xxx)

Hôtel très particulier

Nous partions ensuite (en avion) vers Krabi, au sud du pays. Notre hôtel était très particulier. De l’extérieur, on aurait dit un immense temple. À l’intérieur, nos chambres (on avait chacune la nôtre pour cette partie du voyage) étaient tellement grandes (des suites) qu’on en est restées baba pour une minute ou deux.

Mais non, on n’était pas au Ritz. Enfin, je n’y ai jamais mis les pieds, mais j’ai le pressentiment que cela ne pue pas l’humidité dans leurs chambres. Et cette déco sortie d’un autre siècle… Bref, un endroit très particulier.

Krabi

Juste en face de l’hôtel, la plage Noppharat Thara. C’était tellement beau! Des rochers émergeant de l’eau, du sable blanc, des coquillages. Pour ajouter au charme des lieux, un boisé rafraîchissant longeait la plage. Et, toujours, «Ah que j’ai chaud!», disait-elle.

Et sur une partie de la plage, on pouvait voir des millions (sans exagérer) de petits trous dans le sable desquels sortaient de minuscules crabes! Un lieu de ponte comme pour les tortues à certains endroits du globe? Je mettrai une vidéo sur Instagram.

Longeant la mer Andaman, une rue bordée de restos, de bars, d’hôtels et de boutiques. On y a très bien mangé et, une journée, on a assisté à un coucher de soleil mémorable depuis la terrasse d’un resto.

À venir

Le prochain article racontera nos quelques jours à Kho Phi Phi et notre retour à Bangkok.

Et devinez quoi? Il fera encore chaud! (Pas vrai, m’man? Baie James, la prochaine fois, hein? Hahaha! xxx)

À bientôt!

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