Thaïlande: Chiang Mai

L'attrait du nord

Après le départ de ma mère, j’étais bien excitée de me rendre à Chiang Mai. Parce que quand je pensais à la Thaïlande, c’est surtout le nord du pays qui m’intéressait, et particulièrement Chiang Mai. J’y passerai du 26 novembre au 4 décembre 2017.

Je peux dire que mon départ là-bas s’est passé sur des chapeaux de roues. Autant je suis le genre de personne qui arrive toujours trop d’avance pour attraper son avion, son train, son bus, autant cette fois-là…

Mission (quasi) impossible

J’avais réservé un bus de nuit (une dizaine d’heures de route) qui partait de Bangkok à 20 h. Le terminus était à une trentaine de minutes de mon hôtel. Considérant que trouver un taxi est toujours facile et rapide à Bangkok, je me suis postée à un coin de rues à 19 h.

Presque tout de suite, un taxi s’arrête. Je lui donne l’adresse et il me répond par une face d’incompréhension et un : «No english» avant de me faire signe de descendre. Ok…

Ensuite passent 10 minutes où tous les taxis qui passent sont pris. Je commence à angoisser un peu. J’arrête donc un tuk-tuk, mais il ne veut pas me prendre non plus (trop loin). Là je commence à suer pour autre chose que la chaleur (Keep calm and sweat)!

19 h 15… 19 h 20… 19 h 25… 19 h 30!

Last call

Au moment où j’étais en train de me dire que je n’avais plus qu’à trouver une chambre à Bangkok pour la nuit («votre p’tit chien, madame…» est mourru), une moto s’arrête devant moi. Le jeune dude ne dit pas un mot, il me regarde. C’était une moto-taxi. Je lui montre où je veux aller, il n’a pas l’air de comprendre, mais il me montre son prix sur l’écran de son cell. Je dis ok, même si je ne suis pas sûre qu’il me déposera au bon endroit. Je n’ai rien à perdre.

Donc, la moto part et je reprends espoir d’arriver à temps pour mon bus. Sauf que 100 mètres plus loin, il s’arrête! Je lui explique que je suis en super rush, que mon bus part à 20 heures, mais il est clair qu’il ne comprend pas l’anglais. Il se met à parler avec un chauffeur de tuk-tuk (qui semble lui indiquer le chemin) pendant que je me demande pourquoi j’ai accepté d’embarquer sur cette moto-taxi!

Un bon dieu pour les vadrouilleuses

Mais quand on est parti pour de bon, je me sentais bien sur cette moto. À Bali, j’étais grimpée sur une moto avec tout mon bardas pour me rendre à l’aéroport de Kuta et j’avais eu une petite frousse parce que mon gros sac à dos me mettait en déséquilibre. Mais cette fois, j’avais aussi un petit sac à dos sur le devant de moi, ce qui faisait contrepoids et me donnait de la stabilité. Alors je me sentais en sécurité et je savais que si j’avais une chance d’arriver à temps pour mon bus, c’est seulement à moto que je pouvais réussir parce qu'elle peut se faufiler à travers le trafic. Quand même, j’ai pensé qu’il nous fallait un petit coup de pouce, alors j’ai demandé à l’Univers : «J’aurais besoin d’une petit miracle, là, si jamais vous en avez un sous la patte.»

Go! Go! Go!

Bref, je commençais à me dire que peut-être que tout irait bien. Quand tout à coup le chauffeur s’est dirigé vers un pont et je savais que c’était une erreur. J’ai dit : «No, no, it’s the other way!» et il a fait un u-turn. Il s’est arrêté pour parler avec un autre chauffeur de tuk-tuk et celui-ci a répondu que c’était juste la prochaine rue. J’ai crié : «Go! Go! Go!» comme si je coachais le National de Québec et cela a fait éclater de rire mon chauffeur. En tournant le coin de rue, on a vu l’autobus. J’ai lancé un : «Yééé!!!» trop joyeux qui l’a encore fait rire.

Je suis la dernière passagère à être montée à bord du bus. Il était 20 h 05!

À l'ère du wifi

Quand j’ai acheté mon billet de bus, cela disait que le bus s’arrêtait en chemin pour nous permettre de manger et d’utiliser d’autres toilettes que celle du bus. Au bout de quatre heures de route, quelqu’un est venu demander au chauffeur quand est-ce qu’on s’arrêterait. Celui-ci a répondu : «No stop.». Une heure plus tard, juste pour être sûre d’avoir bien entendu, j’ai reposé la question au chauffeur, qui m’a fait la même réponse.

Sauf que dans le bus, il y avait du wifi. Alors j’ai écrit à la compagnie pour me plaindre du fait que le chauffeur refusait de s’arrêter. Moins de dix minutes plus tard, il recevait un appel. Et trente minutes plus tard, on s’arrêtait. Voilà comment régler un problème en direct à l’ère wifi (même à 1 heure du matin)!

Chiang Mai

Chiang Mai, c’est la deuxième plus grande ville de Thaïlande. Pourtant, quand on s’y promène, on a plutôt la sensation de se trouver dans une petite bourgade cool. Cette impression est renforcée par le fait qu’entre les grands axes, elle se découpe en étroites ruelles. Au fil de ces ruelles, des arbres en fleurs, des temples bouddhistes, des cafés. Et en marchant, on est bercé par le tintement métallique des clochettes ornant les temples.

Et puis on dirait que les gens de la place ont un sens particulier du style. Parce que les gîtes, restos et cafés sont généralement décorés avec un certain cachet.

Une chambre qui rock

J’avais pris une chambre pas chère un peu ex-centrée. Une chambre toute simple : un matelas et une poubelle, les toilettes et douches communes. La place avait l’air tranquille quand j’y suis arrivée vers 8 h le matin. Mais oh que non! Ce que je ne savais pas, c’est que mon gîte était situé en plein cœur du red light de Chiang Mai. Alors à la nuit tombée, le quartier se transformait. Les bars à filles (et à ladyboys) ouvraient, la musique fusait de partout et l’ambiance devenait racoleuse. Par contre, cela faisait une distraction de sortir fumer en me trémoussant sur mon banc au son de la dernière toune populaire.

Malgré tout, je dormais bien parce que le gîte était bien insonorisé (et j’avais mes précieux bouchons). N’empêche qu’à partir de là, j’ai commencé à me coucher et à me lever de plus en plus tard. Pas facile d’aller dormir quand dehors c’est la fête. À chaque fois que je sortais pour une dernière clope avant le dodo, je retournais à ma chambre avec le pied dansant et l’envie soudaine de boire un drink! Voilà donc comment j’ai repris tranquillement mon horaire d’ado.

Liberté pour les pieds

La seule chose que j’ai faite à Chiang Mai, c’est de marcher. J’ai parcouru chacune des petites ruelles de mon quartier avec un plaisir immense. Parce que non seulement il faisait un peu moins chaud (23-24 avec une petite brise), mais en plus, c’était donc le fun de recommencer à marcher à mon rythme. C’est que ma belle maman, voyez-vous, marche à tous petits, tous petits pas. Alors après deux semaines à ralentir ma cadence, retrouver mon pas, c’était le pied!

Faune

J’ai croisé toutes sortes d’animaux sur mon chemin à Chiang Mai. Comme par exemple, dans un temple bouddhiste, une poule avait pondu ses œufs, presque tous éclos ce jour-là, dans un grand pot de fleurs. C’était trop mignon de la voir avec ses poussins.

Parenthèse poulette. Cela m’a rappelé qu’une fois, en voiture avec mon guide d’Ubud sur une route de campagne, une poule et sa portée de poussins se sont mis à traverser la chaussée et Wayan a dû arrêter l’auto. La poule, elle, est restée vaillamment plantée devant la voiture, comme pour assurer la sécurité de ses petits, jusqu’à ce que le dernier ait réussi sa traversée. Pour la première fois de ma vie, j’ai compris à ce moment-là l’expression «être une mère poule». Il faut dire que les poules que je croise par chez nous ne sont pas très communicatives… Faudra que j’en glisse un mot à mon épicier. Fin de la parenthèse poulette.

Mais je n’ai pas croisé que des poules là-bas. J’y ai aussi vu plein de chats (je vous sens incrédule, mais oui, oui. Et j'ai même pris quelques photos de ces poilus.), des oiseaux (cui cui), un lapin, des écureuils, une abeille géante (biz biz biz), un zèbre (euh…) et même Donald Duck (WTF!?).

Flore

La flore thaïlandaise est épatante. Par exemple, ces grosses fleurs aussi étranges que magnifiques :

J'ai les oreilles propres

Une journée j’ai décidé que j’en avais assez de me voir la tignasse alors je suis partie à la recherche d’un salon de coiffure.

Je ne sais pas si c’est courant en Asie (c’était ma première coupe de cheveux asiatique), mais la shampouineuse m’a aussi nettoyé les oreilles avec dévouement, allant jusqu’à glisser son doigt dans leur orifice. Un grand ménage, t’sais.

Ensuite il y a eu un malentendu avec la coiffeuse. Je voulais que mes cheveux soient assez courts, mais plus longs sur le devant. Mais elle a oublié ce bout-là… Elle s’est confondue en excuses, la pauvre, et a refusé que je paie la coupe (j’ai quand même insisté pour qu’elle prenne la moitié du prix). Mais en vérité, je suis très contente de ma tête de fifille de 42 ans.

Le fruit qui pue, etc.

Vous connaissez ce fameux fruit appelé durian? C’est un gros fruit avec des pics, à la chair jaune et à l’odeur dégueulasse. Enfin, c’est ce qu’on dit. Mais comme on peut voir des affiches interdisant le fruit dans plusieurs endroits publics, cela doit être vrai. Je n’y avais jamais goûté jusque-là, mais à Chiang Mai, j’ai mangé un pop sicle au durian. J’avais déjà eu une conversation au sujet du durian avec mon guide d’Ubud, à Bali. Il me disait que c’était bon, mais que quand tu en manges, les autres autour savent pendant quelques heures que tu en as mangé. Et j’ai compris pourquoi. Mon pops avait bon goût, mais après, je ressentais le même feeling qu’après avoir mangé de l’ail. Comme un reflux odorant. Bref, goûter au durian : check! Mais il n’y aura pas de deuxième fois.
Autre truc que j’ai goûté en Thaïlande, ceci :
Je sais, ça a l’air de ce qu’on propose au menu de celui qu’on veut insulter! Mais en fait c’est une gousse de tamarin. C’est très populaire ici et on les mange enveloppées d’un mélange de sucre et de chili. On trouve ça dans n’importe quel dépanneur. Un vrai délice!

Ça trompe énormément

Une journée, je suis allée dans un refuge pour éléphants appelé Ethical Elephant Sanctuary. C’est un endroit appartenant à des gens de la tribu karen, originellement de Birmanie (Myanmar). Les Karens vénèrent les éléphants. Dans ce refuge, il y avait six éléphants dont deux éléphanteaux. Les Karens ont sauvé les adultes au Myanmar alors qu’ils servaient pour des travaux forcés. Leur nouvelle vie au refuge est paisible et tout ce qui leur est demandé, c’est de se nourrir, de se vautrer dans la boue, de se baigner et de marcher en forêt. Et les touristes qui visitent le refuge les accompagnent dans le programme de leur journée.

Programme pachyderme

D’abord, c’était l’heure du repas alors on a nourri les grosses bêtes de morceaux de cane à sucre. C’était assez impressionnant de voir arriver vers soi une grosse trompe enthousiaste!

Ensuite, on a fait une brève marche en forêt avec eux.

Après, on s’est baigné dans un trou de bouette avec eux. Il fallait prendre de la boue et en frotter le cuir des éléphants pour les soulager des parasites.

Puis, on se baignait dans l’eau et on les arrosait pour nettoyer la boue. Et on se faisait arroser par les éléphants à notre tour!

Une vraie belle journée. Vous remarquerez peut-être sur les photos qu’une des femelles a une patte déformée. C’est parce qu’elle a posé le pied sur une mine en travaillant dans un champ birman.

Pêle-mêle

Compagnie. À Chiang Mai, je n’ai pas tellement tissé de liens. Mais il y a eu cet Italien dans la cinquantaine qui demeurait dans le même gîte que moi et avec qui j’ai eu quelques conversations intéressantes. D’ailleurs, le mosus a semé une petite graine dans mon cerveau en me parlant de son amour pour le Myanmar. Et si j’allais découvrir par moi-même ce magnifique pays? À suivre!

Lessive. Depuis mon départ en vadrouille, je fais ma lessive à la main (dans mon sac Scrubba). Mais à Chiang Mai, il y avait plein d’endroits pas chers pour faire faire son lavage. Je me suis gâtée et pour environ 2 $, j’ai fait laver tout mon linge. Je m’attendais à ce que ce soit un peu comme en Inde et retrouver mes vêtements rêches comme de la peau de cantaloup (et fripé). Et bien non! Tout était doux, propre et sentait bon. Une petite gâterie aussi rare qu’appréciée.

Routes. En Asie, les routes laissent parfois à désirer. Mais je dois dire qu’en Thaïlande, les routes sont toutes pavées et lisses (c’est peut-être différent dans le fin fond des campagnes, par contre).

Sur le bout de la langue. Pour dire bonjour, on dit «sawatika» (au son). Et merci, c’est (au son) «kap koun kha». Voilà qui fait le tour de mes connaissances linguistiques thaïes.

Blanche peau. En Asie, les gens considèrent que la blancheur de la peau est un signe de beauté et de rang social élevé. C’est pourquoi, dans tous les pays asiatiques que j’ai visités, on trouve sur le marché des tonnes de produits de beauté blanchissants, de la crème hydratante au gel douche.

Moines. Tôt le matin, les moines bouddhistes thaïlandais se promènent dans les rues, pieds nus, un grand bol à la main. Les gens leur donne alors de la nourriture. La photo ci-dessous a été prise à Bangkok, mais j’ai vu ces moines dans les rues de Chiang Mai également.

McDo. Les McDo ajustent leur menu en fonction des lieux où ils sont implantés. Alors en plus du menu de base, on trouve des mets plus typés. Comme la poutine, au Québec. En Thaïlande, on sert donc aussi des plats thaïs. En Inde, c’était des trucs masala ou avec du paneer. Mais si je parle de cela, c’est juste un prétexte pour montrer la photo suivante prise sur la route : même Ronald a été modifié pour la Thaïlande!

Retour à Bangkok

Je suis retournée à Bangkok le 5 décembre. Mon vol pour l’Inde était le 7. Je me suis trouvé une minuscule chambre très chouette et j’ai profité de ma dernière journée là-bas pour magasiner des pantalons légers et confortables en prévision de l’Inde. Je voulais aussi me trouver une autre veste parce que la veste verte que je porte depuis le départ, je ne peux juste plus la voir! Heureusement, j’ai trouvé et j’ai pu laisser la vieille chose verte derrière moi.

J’en ai aussi profité pour me payer la traite le dernier soir dans un resto de fine cuisine espagnole (Taburete Restaurant Tapas Pinchos). Je recommande chaudement le feuilleté de canard et les asperges bacon et gremolata (si vous passez dans le coin).

Bilan thaïlandais

Ma conclusion par rapport à la Thaïlande, c’est que c’est le pays parfait pour une introduction toute en douceur à l’Asie. Pas de gros dépaysement ici, malgré un certain exotisme asiatique. Et il est facile d’y trouver ses repères et même de continuer à vivre en Occidental, si on le désire.

Ce qui m’excitait le plus à propos de ce pays, c’était surtout d’y retrouver ma mère. Mais je suis très contente d’y être allée, finalement. Par contre, je suis bien consciente que ce que j’en ai connu se limite au niveau touristique de ce qu’elle a à offrir. Il n’y a pas eu de plongée dans la culture véritable du pays. Dans une prochaine vadrouille, peut-être?

Toutefois, Bangkok est une plaque tournante de l’Asie du Sud-Est et il est fort possible que je repasse par-là éventuellement entre deux destinations.

En attendant, l’Inde m’attend. Ou plutôt, c’est moi qui l’attends. Depuis 8 ans!

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Joëlle
Invité
Joëlle

Que tu es belle et radieuse! Wow!
C’est toujours un plaisir de te suivre dans tes aventures. La Thaïlande m’intéresse plus que je le pensais.
Tes photos sont magnifiques! Les éléphants!!!!!!
Bon passage dans la nouvelle année et à bientôt xxxx

johanne pontbriand-vincent
Invité
johanne pontbriand-vincent

Merci pour le récit toujours aussi fascinant xxxx

Francine Parent
Invité
Francine Parent

Merci pour cette belle lecture. Je te souhaite une bonne et heureuse année Isa et plein de beaux projets encore à accomplir. Il te reste quand même 5 ou 6 beaux mois pour emplir ta tête de souvenirs et de bonheur.

Danielle
Invité
Danielle

J’adore ta coupe de cheveux et les éléphants 🙂