Inde: Delhi

Welcome to the jungle!

Arriver à Delhi, j’adore ça! J’y suis passée plusieurs fois dans mes voyages passés, mais jamais plus d’un jour ou deux. Parce que Delhi, c’est la jungle! Et arriver là-bas, c’est poser les deux pieds dedans et recevoir un choc culturel en pleine face. C’est du moins l’effet que la ville me fait à chaque fois.

Et quitte à parler de jungle, je ne vous cacherai pas qu’il est impossible pour moi de prendre un taxi à l’aéroport sans me demander si je me rendrai bel et bien à destination. C’est que Delhi a une très mauvaise réputation envers les femmes. Les histoires de viols de touristes ou d’Indiennes qui font la nouvelle y sont nombreuses. Tellement qu’à l’aéroport, la plupart des taxis portent un autocollant «This taxi respects women». Pour cette raison, j’avais veillé à ce que mon vol arrive pendant le jour.

Je suis donc montée, un peu stressée quand même, à bord de mon taxi pour me rendre dans le quartier Pahar Ganj, le quartier habituel des routards. C’était le quartier parfait pour moi parce que la gare de train de New Delhi se trouve à distance de marche.

Les rues de Delhi

Malgré le léger stress du taxi, j’étais toute heureuse de la vie de me retrouver à Delhi. Quel maudit bordel!

D’abord, le trafic est infernal. Et tout le monde klaxonne bruyamment. Sur une route à deux voies, les automobilistes en prennent trois de large minimum. Cela donne un puzzle compliqué et assourdissant! Et j’ai remarqué qu’autour de nous, presque toutes les voitures étaient cabossées à un endroit ou l’autre. Pas étonnant.

Aussi, en chemin j'ai vu une superbe Royal Enfield retapée qu’on aurait dit sortie des Années 60. On en croise à l'occasion sur les routes indiennes. Elles sont tellement belles, ces vieilles motos!

Et puis, partout des vaches, des chèvres, des chiens, des gorets dans la rue… La crasse, les vidanges et les couleurs vives. On t’interpelle, on te bouscule, on te klaxonne. Étourdissant et fascinant!

Mais ce n’est pas le genre de ville où j’aime m’attarder. Une ou deux nuits et j’en repars tout essoufflée!

Chambre de marde

Mais mon subit enthousiasme pour Delhi aura duré le temps d’une course en taxi, parce que sitôt arrivée à Pahar Ganj, je me suis sentie envahie par le stress. Vraiment pas reposant, ce quartier!

Je me suis donc dépêchée de trouver une chambre pour échapper au brouhaha. Et ma première nuit, je l’ai passée dans une chambre dégueulasse (et vraiment pas chère). La poubelle n’avait même pas été vidée. Imaginez les draps… Sur ceux-ci, quelques cheveux et un long poil de cul. Jamais je n’ai été aussi contente d’avoir mon propre drap de soie et mon propre oreiller. Sinon, je pense qu’il y aurait eu des risques de grossesse imprévue!

En plus de la saleté (et de la toilette qui fuyait), il faisait vraiment froid à Delhi et l’immeuble n’avait pas de porte. Moi qui voulais prendre le frais, j’ai été servie! Il faisait autour de 10-15 degrés Celcius à Delhi. Je n’ai donc pas eu le choix d’utiliser la grosse couverture fournie avec la chambre. Pour couronner le tout, mon étage était occupé par des jeunes Indiens super bruyants. Ah, mon amour indéfectible pour mes bouchons!

Péril en la demeure?

Au moment de me mettre au lit, j’ai paniqué. J’ai remarqué que la barrure de ma porte de chambre avait déjà été défoncée dans le passé. On avait posé une patch de plâtre pour réparer le mur. Considérant que l’étage était plein de jeunes Indiens et que l’immeuble était sans porte, j’ai commencé à avoir peur qu’on entre chez moi sans invitation. Mon cerveau malade s’est alors mis en activité et je me suis fait un plan.

D’abord, avec des cure-pipes, j’ai solidifié le verrou de la porte. Je me disais que si jamais quelqu’un essayait d’entrer, les cure-pipes le retarderaient, ce qui me laisserait le temps de m’enfermer dans la salle de bain. Puis j’ai écrit à ma chum Marie-Claude pour lui expliquer la situation et lui donner les coordonnées de la guest house au cas où elle n’aurait pas de mes nouvelles le lendemain. (Merci pour le réconfort, tounesse. xxx)

Étrangement, sitôt après avoir écrit à mon amie, j’étais apaisée et j’ai dormi comme un bébé, toute habillée, avec des bas et ma capuche sur la tête pour me garder au chaud.

Pradeep à la rescousse

À mon arrivée à Delhi, j’ai contacté Pradeep, qui avait été mon guide en 2006, pour qu’on aille boire une bière. Malheureusement, il était sur la route avec des touristes, mais quand il a appris que ma chambre était minable, il m’a trouvé une autre chambre plus adéquate.

C’est dans cet autre hôtel que j’ai passé les deux nuits suivantes. L’hôtel avait un resto avec service aux chambres et je ne m’en suis pas privée.

Mais ce deuxième hôtel n’était pas le paradis non plus. La nourriture était très bonne, mais je me demande bien qui d’entre vous aurait osé boire un café provenant de la carafe ci-dessous... Moi, j’ai osé. L’Inde rend coriace!

Aussi, le jeune homme qui m’a montré ma chambre était plutôt creepy. Comme bien des hommes à Delhi, malheureusement. Il me regardait avec insistance, cherchait à rester plus longtemps dans la chambre, revenait cogner à ma porte pour des raisons loufoques (comme changer la serviette qu’il venait juste de me donner dix minutes plus tôt)…

Mais j’ai quand même profité de ces deux nuits pour relaxer et me plonger dans une série Netflix. C’est d'ailleurs comme ça que s’est passé mon Noël, accompagné d’une séance Skype avec ma mère.

Pour le reste, je n’ai pas fait grand-chose à Delhi. Parce que marcher dans le quartier de Pahar Ganj, cela tient du sport extrême. Trop de bruit, trop de monde, trop de rickshaws, trop de motos, trop de marchands, trop de bouses à éviter… C’est épuisant! Résultat, je n’ai pas vraiment pris de photos de la ville. Mais voici quand même quelques photos prises en 2006.


Les arnaques de Delhi

Delhi, c’est aussi le rendez-vous des crosseurs... 

Gare aux trains

Dans un article précédent (Festival de la Mésaventure : le Bal des Vampires), j’avais raconté qu’à la gare de New Delhi, des types racontent aux touristes que pour acheter un billet de train, il faut aller dans un bâtiment situé un peu plus loin. L’excuse qui m’avait été donnée en 2009, c’était qu’il y avait des travaux dans la gare à ce moment-là (ce qui était vrai). Je m’étais donc retrouvée dans une agence de voyage qui se faisait passer pour gouvernementale et j’avais abouti au Cachemire pour quelques jours au lieu de Varanasi comme prévu. Après cette mésaventure, j’étais plutôt contente d’être allée au Cachemire, finalement, même si j’étais un peu honteuse de m’être faite avoir.

N’empêche, le 24 décembre, quand je me suis rendue à la gare pour acheter mon billet vers Ajmer, des types ont encore une fois tenté de me faire acheter mon billet ailleurs qu’à la gare. Le pire dans tout ça, c’est que même sachant que c’est une arnaque, je dois admettre que ces gars-là sont convaincants! Pour un instant, j’ai douté avant de les envoyer promener et de passer mon chemin.

Les faux employés

J’ai donc acheté mon billet de train au comptoir situé au 2e étage de la gare (il y a un comptoir réservé aux touristes). La femme qui m’a servie m’a dit de ne pas m’occuper des gens qui viendraient peut-être me dire que le train est annulé.

Et heureusement qu’elle m’a dit cela parce que, comme de fait, au moment où j’allais déposer mes sacs sur le scanner de la gare, le 26 décembre au matin, un homme est venu m’annoncer cette fausse nouvelle : mon train était retardé de 10 heures! Sachant que c’était faux, j’ai poursuivi mon chemin. Mais si je n’avais pas été mise en garde, je l’aurais cru. Heille, le gars était juste à côté du scanner et il m’a demandé mon billet avec autorité, avant de me dire que le train était retardé. Je l’ai vraiment pris pour un employé officiel de la gare, au début.

Fausse taxe

Autre crosse, quand j’ai quitté ma première chambre en disant au type de la réception que ma nuit était déjà payée, il a voulu me faire payer une fausse taxe de 160 roupies (environ 5$). J’ai répondu fermement : «No.» et je suis partie sans me retourner. Il n’a pas insisté.

Bref, pas reposante, la Delhi!

Les Indiens et le bruit

Les Indiens semblent n’avoir aucune conscience du bruit qu’ils font. Ils ne font jamais le moindre effort pour faire moins de bruit par égard pour les autres, peu importe l’heure, peu importe si des gens dorment juste à côté. D’ailleurs, les dormeurs indiens semblent capable de dormir peu importe les conditions ou le bruit ambiant.

Je me dis que c’est peut-être lié à la surpopulation, et que s’ils devaient commencer à s’inquiéter du confort auditif des autres autour, ils en deviendraient fous, à la longue.

En voiture!

Le 26 décembre, je partais pour Pushkar. Un trajet d’environ 7 heures. J’étais tellement excitée! Sivan m’avait réservé une chambre dans son auberge. A big, clean room in paradise, selon elle.

Mais pour apprendre comment se sont passées nos retrouvailles après onze ans, il faudra attendre le prochain article.

À bientôt!

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Louise

Isabelle,
Tu me fais tellement rire même quand ce n’est pas drôle. J’ai vécu dans une maison de chambre sur le boulevard Saint-Joseph, à mon arrivée à Montreal et lorsque j’ai vu la photo de ta douche et bien ça m’a rappelé des souvenirs pcq ma douche ressemblait à la tienne. Je ne te le dis pas souvent mais merci pour tout ce que tu partages. C’est hyper chouette!