Pushkar love

Pushkar love

Ah qu’il fait bon vivre à Pushkar! Cela fait déjà plus d’un mois que j’ai posé mon sac ici. Et il n’y a aucun endroit où je préfèrerais être en ce moment. Pourquoi? Bien c’est ce que raconterai dans le texte qui suit.

Mon zoo à moi

Si vous êtes familier avec mon blog, vous savez à quel point j’adore les animaux. Et ici à Pushkar, j’en suis quotidiennement entourée. D’abord, j’ai déjà parlé des oiseaux, singes et tamias qui se partagent les arbres en face de mon balcon. C’est un spectacle dont je ne me tanne pas. Chaque jour, je m’assois sur mon balcon et la magie opère toujours.

D’ailleurs, j’ai pu observer deux nouvelles espèces d’oiseaux dans mes arbres ces derniers jours. Je pense que c’est lié au fait que le temps commence à s’adoucir (je n’ai pas eu à partir ma chaufferette pendant plusieurs jours de suite).

Il y a aussi plein d’oiseaux terrestres ressemblant à des cailles carreautées qui courent sur le terrain. Et quand ça se met à jacasser, ces oiseaux-là, ça fait tout un boucan! Il y a aussi de petits oiseaux jaunes trop mignons.

Puis une journée, je lisais allongée sur mon lit, la porte du balcon ouverte, quand j’ai eu la surprise de voir un tamias sur mon couvre-lit! Il s’est enfui en entendant mon éclat de rire.

J’ai aussi eu une aventure étrange avec un petit lézard. Les lézards sont communs en Inde. On en voit toujours plein sur les murs et plafonds. Mais à part celui dont je parlerai dans un instant, je n’ai vu aucun lézard ici. Est-ce parce qu’il fait trop froid ces temps-ci? Anyway, la seule fois où j’en ai croisé un, c’est le jour de mon arrivée. Je viens de prendre possession de ma chambre et j’étrenne ma toilette. Je me relève, je flushe, et voilà qu’on lézard apparaît en tourbillonnant dans la bol! Propulsé par le jet d’eau, il essayait désespérément de s’agripper à la paroi. Alors j’ai tenté de le sauver avec le manche de la lavette à chiottes, mais sans succès. RIP, petit lézard.

J'aime les animaux

Les animaux sont partout à Pushkar. Les belles vaches dodues sillonnent les rues, nonchalamment, à la recherche de nourriture. D’ailleurs, quand tu marches dans les rues indiennes, il est primordial de regarder attentivement où tu met les pieds. Parce que sinon t’es dans la marde. Littéralement! Il y a d’immenses bouses partout…

Aussi, on croise d’autres animaux dans les rues. Comme des porcs, des ânes (mulets?), des chèvres tachetées magnifiques, des chiens errants. Très peu de chats, par contre.

Et puis Pushkar est également célèbre pour sa Camel Fair, qui a lieu chaque année en novembre. Pour l’occasion, tous les marchands de chameaux et tous les acheteurs potentiels de la région (le désert du Thar) se réunissent ici pour faire de bonnes affaires. Quand j’y étais en 2006, la Camel Fair était en préparation et on voyait des gens commencer à arriver avec leurs chameaux. Impressionnant et exotique!

On trouve toutefois plein de chameaux toute l’année à Pushkar. Je ne me rappelle pas que c’était le cas il y a 11 ans, mais on peut maintenant faire un tour de chameau et on trouve aussi des caravanes décorées, tirées par des chameaux, que les touristes peuvent louer pour se déplacer.

J'aime les couleurs vives

Marcher dans les rues de Pushkar, c’est se promener à travers un festival de couleurs. Les objets vendus par les marchands sont magnifiques et colorés. Les saris des femmes sont multicolores. On ne pourra jamais reprocher à l’Inde d’être beige!

Et parlant de couleurs, Holi aura lieu le 1er mars cette année. C’est la fête hindoue lors de laquelle tout le monde se réunit dans les rues pour se pitcher de la poudre de toutes les couleurs. Et j’ai bien l’impression que je serai encore ici pour participer à la fête.

J'aime l'architecture

J’adore l’architecture indienne. Pourtant, les immeubles ont souvent des airs de décrépitude, avec leur peinture défraîchie et leur crasse. C’est comme si les Indiens n’accordaient aucune importance aux objets, comme s’ils n’avaient aucun soucis de l’entretien de leurs biens. Ainsi, dans les boutiques, les objets à vendre sont souvent poussiéreux et sales. Alors imaginez les carences au niveau de la rénovation des immeubles, aussi finement travaillés soient-ils.

Malgré tout, je me retrouve quand même en admiration devant la beauté et la finesse du travail architectural. Quand je regarde autour de moi, je vois au-delà de ce qui choque l’œil pour ne contempler que cette beauté.

J'aime les gens d'ici

J’ai déjà parlé du regard creepy que certains hommes indiens posent sur les femmes occidentales. Le genre de regard qui déshabille sa proie et la rend mal à l’aise. Mais pas de ça ici à Pushkar. Parce que c’est une ville sacrée? Je ne sais pas. Ce que je constate, toutefois, c’est qu’ici les gens sont portés à vous saluer quand vous passez dans la rue et qu’ils semblent spontanément partant pour piquer une jasette. Il arrive même que des marchands vous offrent gracieusement le chai quand vous visitez leur boutique! Et moi je suis toujours partante pour un chai, que les Indiens boivent très sucré, avec du lait bouilli.

J'aime la spiritualité

Les temples hindous sont légions dans les environs. Ils sont tous différents, du plus simple au plus excentrique. Mais si j’aime bien visiter des temples, ce que je préfère encore, ce sont les salutations spontanées offertes par les habitants. Tout en marchant dans la ville, je dois répondre constamment aux hochements de tête, aux namaste, aux ram ram que les gens lancent sur mon passage. Je suis sincèrement touchée chaque fois qu’un passant ou un marchand joint les mains au niveau de son cœur pour m’envoyer son namaste, qui signifie «je reconnais le divin en toi».

Ce que j’aime beaucoup, aussi, ce sont les marchands de fleurs pour les offrandes aux dieux. Et le fait de croiser des gens qui se recueillent et se signent devant les temples.

J'aime les langues

J’ai toujours été intéressée par les langues. Pas étonnant que j’aie étudié en linguistique! Alors j’essaie d’apprendre un peu plus de mots en hindi. Ce qui m’aide, c’est de côtoyer Sivan. Parce qu’avec le temps, elle a développé son vocabulaire hindi et elle l’utilise beaucoup. Alors j’apprends moi aussi. Mais mes connaissances demeurent rudimentaires. Nehi (non), tchalo (partir), ek (un), garam (chaud).

N’empêche que c’est surtout les mots liés à la bouffe que je connais le mieux. T’sais quand t’es gourmande! Pani (eau), palak (épinards), chana (pois chiches), dahl (lentilles), paneer (fromage frais indien), gobi (chou-fleur)….

En bonus, j’apprends aussi quelques mots d’hébreux. Et du vendredi PM au samedi PM, quand je croise Sivan, on se salue d’un Shabbat Shalom (peaceful Shabbat).

J’aime bien entendre parler l’hindi et l’hébreux. Je trouve que ce sont deux langues expressives qui ont du punch.

J'aime la bouffe

Aaaaaaaah que je mange bien ici! Voici donc quelques-uns de mes spots préférés.

Le restaurant Raju Terrace Garden. Pour son cashew nut curry, devenu mon nouveau plat indien favori, et la belle vue sur le lac depuis la terrasse sur le toit. En plus, Raju est très sympathique et ils ont un jeune Dalmatien trop adorable qui vient chercher caresses et bisous auprès des clients. Grâce à lui, je pourrai dire que oui, j’ai frenché à Pushkar!

Voilà mon marchand de fruits itinérant qui vient tous les jours se poster au carrefour principal. 


Sur la place centrale de Main Market Road, il y a un petit café que j’aime bien. C’est le moustachu Gopal qui le tient. Pas le meilleur chai en ville, mais on s’y assoit sur des tabourets de jonc placés en cercle, au milieu de l’activité du centre. Et la petitesse des lieux porte à entamer la conversation avec les autres clients. Mais ce que j’aime surtout de ce café, ce sont ses chocolate balls, qui sont un délice. Je les prend toujours pour apporter, pour soulager une éventuelle fringale de fin de soirée.

Mon meilleur spot pour le chai, il est situé juste à côté de mon gîte. L’endroit est tout simple. On s’y assoit sur un banc de bois. Mais le proprio est vraiment gentil, tout comme sa mère, souvent présente sur les lieux. Il prépare le plus extraordinaire rose chai qui soit. Dix roupies de pur bonheur fleurant la rose et la cardamome.

Il y a aussi trois marchands ambulants que j’aime particulièrement. Ils roulent leur kiosque à travers la ville, mais on finit par savoir où les trouver vers quelle heure. Le premier ne sert que des momos végétariens (il va sans dire), mais ils sont absolument délicieux. Le deuxième, c’est le marchand de gâteaux végétaliens donc j’ai déjà parlé dans mon article précédent. Le troisième prépare du bhel puri. C’est un mélange délicieux de riz soufflé, tomates fraîches, oignon et épices.

J’aime bien aussi m’assoir à la terrasse du Narayan Cafe pour observer les passants. J’en profite pour y déguster leur appétissant muesli avec une multitude de fruits frais et yogourt. Ou bien leur étonnante crêpe épinard-fromage. Les épinards sont mixés dans le mélange à crêpe, ce qui la rend donc verte (et savoureuse!). 


Et puis j’ai découvert un plat que je ne connaissais pas : le poha. C’est du riz aplati avec des légumes et épices. La texture de ce plat, mes amis! Un plaisir pour le dentier autant que pour les papilles! 


Pour un délicieux kachori, j’ai aussi mon spot de prédilection sur Main Market Road.

Plaisirs gustatifs partagés

Mais parmi mes plaisirs gustatifs à Pushkar, il y a bien sûr mes repas à la maison partagés avec Sivan. Comme nos salades de légumes frais et de noix.

Et au jour de l’An, nous avons utilisé la cuisine du gîte pour cuisiner des pâtes et des bhindis (ou gombo ou okra), un légume que je n’avais jamais goûté avant mais que j’ai adoré.

Pour en finir avec la bouffe, il faut que je parle de mon étonnement face à ma santé digestive. C’est que les deux autres fois où je suis venue en Inde, j’ai été malade tout le temps. Je m’attendais donc à ce que l’histoire se répète cette fois-ci. Bien non! Je suis top shape au niveau du transit. Aucun problème. Pourtant, je n’ai jamais mangé autant dans les kiosques de rues. Et je bois l’eau de la fontaine commune au lieu de juste de l’eau embouteillée. J’utilise même l’eau du robinet pour faire mon thé! Il faut croire que j’ai fini par développer les anticorps appropriés…

J'aime la trame sonore de ma vie

La trame sonore de ma vie pushkarienne est éclectique. Des klaxons aux sonneries différentes fusent jour et nuit. Les tamias jasent beaucoup, tout comme les nombreux perroquets. Et j’entends chanter les différentes espèces d’oiseaux qui viennent profiter de mes arbres.

Puis chaque jour, à l’aube et au crépuscule (6h30-18h30), les mêmes airs religieux proviennent de différents temples des environs pendant les cérémonies hindoues de l'aarti. Un matin, j’ai enregistré depuis mon balcon deux brèves vidéos sur lesquelles on peut entendre comment ces airs quotidiens sont à la fois beaux et tonitruants. Pour les visionner, cliquer ci-après : vidéo 1, vidéo 2.

Et toute la journée, j’entends un mélange musical provenant des alentours, proposant un mélange de musique traditionnelle indienne, de chants sacrés, de pop hindi et de musique transe.

Mais jamais on n’entend ici de musique « américaine ». Mon premier break de Despacito en six mois! Parce que les Indiens sont plutôt chauvins quand il s’agit de musique ou de cinéma (Bollywood mène le bal quant aux films). Les Indiens semblent à l’abri de l’assimilation culturelle occidentale. Tant mieux.

J'aime les gratteux de petits prix

Une des choses que j’apprécie également, c’est que le coût de la vie est ridiculement bas ici. Par exemple, je paie moins de 50$ par semaine pour me loger. Je pourrais même payer moins cher, mais je suis trop bien dans mon gîte. Et puis comment laisser tomber mon merveilleux balcon et la proximité de mon amie?

En ce qui concerne la nourriture, mes achats de fruits quotidiens me coûtent environ 1$. Le chai coûte 10 roupies (20 sous). Un repas au resto coûte environ 100 à 200 roupies (2 à 4 $) et la moitié du prix dans les stands de rues.

Mais tout est pas cher. Pour les produits de soins corporels, par exemple, les prix sont imbattables. On trouve en Inde toute une gamme de produits composés à partir de recettes ancestrales ayurvédiques (de marque Patanjali). J’ai déniché un formidable hydratant corporel pour seulement 2$ et une crème hydratante pour ma face de pet à 1,50$. «Parce que je le vaux bien!», comme dirait l’autre…

J'aime le weird

Voici, pêle-mêle, quelques excentricités indiennes qui me plaisent bien…

Emballage emballant. Au lieu d’utiliser des sacs de plastique, plusieurs marchands mettent nos achats dans des pochettes de tissus colorées. J’adore ça!

Et si tu prends ton chai pour apporter, il sera mis dans un sac de plastique!

Et si tu commandes un repas pour apporter (comme le dosa masala de la photo), on te mettra aussi certains éléments (les currys, les sauces) dans un sac de plastique.


Mais ta part de gâteau ou ta chocolate ball, elle, sera emballée dans du papier journal. D’ailleurs, une fois, j’avais acheté un morceau de gâteau et j’ai eu un léger malaise quand j’ai ouvert mon paquet. C’est qu’on voit une main imprimée sur le journal, juste à côté du gâteau. L’espace d’une seconde, j’ai cru qu’il y avait une petite patte de souris dans mon emballage!
Eau potable communiste. On trouve dans les restos de grandes jarres remplies d’eau potable. Un verre commun est mis à la disposition des consommateurs. Ceux-ci l’utilisent pour boire en veillant à ne pas poser leurs lèvres sur le verre en buvant.


Dieux oranges. Il n’est pas rare de trouver des temples avec pour effigie une statue orange ornée d’une plaque de papier d’alu. Ces autels sont pour moi fascinants d’étrangeté et de pas-beau drôlatique. La statue ci-dessous représente Hanuman. Mais souvent, la seule statue du temple, c'est une genre de roche peinte en orange avec un bout de papier d'alu dessus! 


Noirceur. Les coupures de courant sont fréquentes ici. Je traîne toujours ma lampe de poche sur moi en cas de besoin. J’adore avoir besoin d’éclairer mon chemin pour rentrer chez moi, parfois.

Singerie. Me semble que j'entends le singe chanter. « Dimanche au soir à Châteauguay, les pieds pendant au bout du quai… » 

Bonheur planant

Voilà. C’était quelques-unes des raisons qui me font aimer ma vie à Pushkar. Regardez-moi donc la face de gros bonheur béat intense!

Alors concrètement, qu’est-ce que je fais de mes journées, ici?

Et Brad arrivera-t-il à temps pour sauver son frère jumeau Brett de l’incendie? Mais surtout, surtout, Crickette épousera-t-elle le ténébreux Victor Collins???

Et bien c’est ce que vous apprendrez la semaine prochain à notre antenne!

À bientôt!

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Isabelle en vadrouilleFrancine Parent Recent comment authors
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