Les chroniques de Pushkar 3

Oui, oui, une chronique à lire

Je n’ai pas été très loquace ces derniers temps (bien que toujours un peu loca). Pourtant j’écris beaucoup et j’ai plein de sujets d’articles en tête. J’ai le cerveau en ébullition! Mais je fais tout ça tranquillement. Je prends le temps de prendre mon temps. Alors mélangez à tout ça une joyeuse dose de paresse et d’indiscipline naturelles et vous avez l’explication à mon laconisme.

Par contre, je me reprends un peu cette semaine. Partons d’abord en balade dans Pushkar.

Ode aux ruelles

J’adore me balader dans Pushkar. Ce que je préfère, c’est emprunter les petites ruelles qui parcourent la ville autour du centre (oui, je sais, cela ne surprend personne parce que c’est toujours ce que je dis quand je visite une ville). Dans ces ruelles, pas vraiment de commerces touristiques, mais des habitations, des temples, des gens…

Comme ce groupe de femmes et d’enfants tellement sweet avec qui j’ai fait connaissance au cours d’une de mes virées. La joie dans la face des petites quand elles se sont vues en photo, cela valait de l’or!

J'en profite pour répéter que pour voir plus de photos, il faut aller faire un tour du côté de mon compte Instagram!

Terminus!

Notre prochain arrêt, c’est le terminus des autobus locaux. On y trouve des petites gargotes, des marchands de fruits et de légumes, des boutiques, une pharmacie qui vend des soins pour les humains ET les animaux.

Bref, un mini bordel de bruits, d’odeurs et de couleurs. C’est pour ça que l’homme sur la première photo a le doigt dans sa narine. Il doit chercher un peu de calme dans tout ça, j’imagine…

Lac sacré vs swomp

Si Pushkar a son lac sacré, je dois dire qu’en face de mon gîte, ce qu’on trouve, c’est plutôt une swomp. Et pas sacrée pantoute. Un petit bassin qui pue, aux abords couverts de détritus. Mais, pataugeant dans ces eaux vertes dégoûtantes, la beauté. Les fabuleux contrastes de l’Inde…

Pollution sonore

Depuis quelques temps, tous les jours et cent fois par jour, flotte dans l’air une musique d’orgue aussi tonitruante qu’agressante et désagréable.

Cela m’a rappelé un vieux film qui s’intitule Ne tirez pas sur le pianiste. Et je suis bien d’accord avec ce principe pacifique. Mais savez-vous quoi? Faites ce que vous voulez de l’organiste de Pushkar! Tous les jours, il joue tellement fort (avec haut-parleurs) que c’est comme si j’étais dans une cathédrale, sauf que je fournis moi-même l’odeur d’encens.

Je me console en me disant que cela pourrait être pire, comme un joueur de flûte de Pan ou de gazou, par exemple. N’empêche… QU’ON M’APPORTE MA GUILLOTINE!

Enfin, voilà où en étaient mes réflexions avant que je découvre que le mystérieux organiste diabolique de Pushkar, c’est lui :

Mariages en série

Le responsable de la pollution sonore à Pushkar ces temps-ci, c’est la saison des mariages. C’est qu’en Inde, quand un mariage est célébré, toute une procession longe les rues pour se diriger vers le lieu d’office, en musique et en danse. Le marié-to-be (enfin, j’imagine) trône au milieu de la procession sur un beau cheval blanc tout décoré.
Le mystérieux organiste diabolique de Pushkar, c’est donc cette espèce de boîte à musique roulante munie de haut-parleurs qui crachent, toutes décibels dehors, des airs d’orgue insupportables. Elle accompagne généralement chacune des processions de mariage. Des musiciens suivent également la parade. Et le soir, des gens portent aussi un système d’éclairage électrique mobile (le tout alimenté par une génératrice qui rouspète).

Alors c’est malade comment c’est bruyant. Et ces temps-ci, c’est un mariage après l’autre, sinon plusieurs à la fois.

Pour entendre l’horrible musique lors d’un mariage de jour, cliquez ici. Et si vous vous dites que ce n’est pas si terrible après tout, dites-vous bien que vous n’avez eu à supporter cette musique que 10 secondes. Imaginez une semaine…

Pour voir une procession de soir, avec l’éclairage d’appoint, mais sans l’horrible musique (juste des joueurs de tabla), c'est par ici

Des nouvelles de Balconville

Impossible de ne pas donner de nouvelles de mon balcon!

Le bel oiseau que j’ai vu cette semaine dans mes arbres! Regardez-moi cette splendeur!

Depuis que le temps s’est réchauffé par ici, plein de genre de guêpes oranges sont apparues. La première fois qu’une de ces grosses bêtes est entrée dans ma chambre, j’ai sursauté. Puis, j’ai vu qu’elles ne s’intéressent pas à moi pantoute. Alors je les ignore moi aussi. Elles entrent et ressortent de chez moi librement. C’est le vivre et laisser vivre entre nous. Mais je suis sûre qu’elles piquent, ces bestioles-là, parce qu’elle ressemblent vraiment à des guêpes/abeilles. Alors je garde quand même un œil sur leurs allées et venues.

Et puis voici quelques-uns des spécimens venus défiler sur mon catwalk cette semaine…

Super Isa contre La Créature

Un matin, deux singes bruns sont venus dans mes arbres. Comme d’habitude, je me suis installée sur le balcon pour les observer. Tout à coup, l’un d’eux a bondi vers le balcon et s’est avancé dans ma direction. J’ai filmé une courte vidéo où on le voit venir vers moi et où je referme ma porte de chambre rapido.

Si je raconte cette histoire, c’est qu’après avoir filmé cette vidéo, j’ai rouvert la porte de ma chambre, prudemment… Le singe était juste un peu plus loin et il a alors foncé vers moi. J’ai vite refermé la porte, mais il a poussé très fort dedans pendant que j’essayais de mettre le verrou!!!

Je ne m’attendais tellement pas à ça! J’ai eu un peu peur. T’sais comme si je venais de vivre live une scène de film d’épouvante? Une créature maléfique attaque le héros qui réussit in extremis à refermer la porte derrière lui…

Ce qui est drôle, c’est qu’avant d’ouvrir la porte, j’avais pris mon appareil-photo en main, allumé. Dans le stress de la mésaventure, je n’ai pas eu le temps de penser à prendre de photo. Mais mon doigt, lui, a pressé la gâchette juste au moment où je referme la porte en catastrophe parce que le singe s’apprête à bondir! J’adore cette photo spontanée. Tellement dramatique!

Comme quoi il faut vraiment être prudent avec les singes. Ils sont très intelligents et ils n’ont peur de rien. Alors depuis, quand je laisse ma porte de chambre ouverte, je garde mon balai à portée de main, en cas d’intrusion.

Pushkar masala

Quelques anecdotes et curiosités indiennes…

Shiva lingam. J’ai déjà parlé des curieuses statues qui ornent certains temples et autels hindous. Je n’avais pas de photo à montrer à ce moment-là, mais j’en ai une maintenant. Voyez, c’est comme une roche peinte en orange, recouverte de papier d’alu, avec cette fois une touche de rose. La roche, en fait, doit être un Shiva lingam, c’est-à-dire une forme phallique pour représenter le dieu Shiva. Bon, je suis d’accord avec vous, les Indiens sont un peu lousses dans leurs représentations d’une forme phallique! Mais assez parlé, maintenant prosternez-vous devant Shiva!

Normes de sécurité. Voici à quoi ressemble un échafaudage indien. À vos assurances!

What’s up, Doc? Je suis allée à l’hôpital de Pushkar pour accompagner Sivan, qui se faisait amputer la tête. Sa deuxième cette année, heille! Ah non, attendez, c’était peut-être juste pour une consultation… En tout cas, dans la salle du médecin, une dizaine de personnes attendaient autour de lui (parce qu’on ne fait pas la file en Inde, on fonce dans le tas). Et chacun leur tour, les gens expliquaient au doc leurs petits bobos. Devant tout le monde!!! Décidément, ce n’est pas en Inde où la notion d’intimité trouve son plein potentiel…

Explosion. Une journée, je me suis réveillée à 6h. J’ai allumé la lumière au-dessus de ma tête pour lire. J’ai lu 10 minutes et j’ai éteint, m’emmitouflant dans mes couvertures pour dormir encore un peu. Puis j’ai entendu un crac en même temps que j’ai senti quelque chose me tomber dans les cheveux. Je me suis levée d’un bond et j’ai allumé la lumière centrale. Le globe au-dessus de ma tête avait explosé en mille morceaux! De fins éclats de verre partout sur le lit… Ça, c’est le genre de truc qui arrive en Inde au niveau électrique. Comprenez-vous mieux mon stress avant de monter à bord d’un téléphérique ici?

Vroum! J’ai déjà parlé des motos Royal Enfield qu’on trouve en Inde. Mes préférées sont les plus anciennes (les rafistolées mille fois, à la peinture mate). Mais en voici une rutilante. Trop belle!

Ça fait tu mal quand ça pousse? C’est un fait encore mal connu, mais en Inde, les vêtements poussent dans les arbres.

Il y a de la houle!

Depuis quelques temps, je suis constamment ramenée vers l’idée de mon retour à Montréal. Je n’y avais pas vraiment pensé depuis mon départ en juin, pourtant. Mais cela a commencé à l’arrivée de 2018… Parce qu’à partir de là, il a fallu que je réfléchisse à plusieurs aspects concernant mon retour. Combien de temps avant la fin? Quoi faire de la suite et fin de la vadrouille? Réserver un billet de retour depuis Delhi ou Mumbai ou attendre? Trouver un appartement…

Le temps file trop vite!!! Je me sens bousculée… Et quand je me sens bousculée, je me roule en boule et me transforme en roche, le temps de reprendre mon souffle. Avant de repartir à l’aventure de plus belle. C’est un peu là-dedans que je patauge en ce moment.

Voilà donc pour les dernières nouvelles de votre vadrouilleuse.

À bientôt, les poussineaux!

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