Vivre à Pushkar

Feeling d'université

Je suis à Pushkar depuis plus de cinq semaines maintenant. Et je suis toujours aussi folle de ma vie ici! J’ai l’impression de surfer sur les relents de mes années en résidence à l’université Laval. La différence principale étant que je me sens beaucoup mieux dans ma peau de quadragénaire que dans celle de la jeune vingtaine. Mais comme à l’époque, je sens que j’apprends, que je repartirai d’ici avec une meilleure connaissance de moi-même et du monde. Et je me sens libre, créative, présente, enthousiaste face à l’avenir, entourée. Puis j’ai toujours un carnet de notes à portée de main, toujours une idée qui monte. Et Pink Floyd dans mes oreilles.

Déséquilibre créatif

Quant à mon horaire, comment le qualifier autrement que d’anarchique? Un jour je me couche à 3h du matin ; un autre jour je suis debout à 4h! Je dors quand je suis fatiguée et je veille quand je suis en forme, sans essayer de m’astreindre à une routine équilibrée.

Pourtant, je le ressens au fond de moi, cet équilibre. Parce que je me sens pleinement en phase avec ce mode vie. Comme si mes conditions de vie actuelles me permettaient de réaliser mon plein potentiel. Je ne m’épanouis pas tant dans un contexte où mes jours ressemblent à ceux du film «Le jour de la marmotte». Et ma créativité s’en trouve muselée.

Alors je compte bien profiter de chaque instant de liberté que les prochains trois mois m’offriront.

Balconville

La magie opère toujours sur mon balcon. J’ai de nouveaux voisins : un couple de Britanniques très gentils, dans la soixantaine.

Et puis j’ai eu le privilège d’assister à un spectacle inoubliable! J’étais tranquillement assise à mon bureau, à colorier, quand soudainement, un groupe d’une dizaine d’oiseaux gris est apparu sur le garde-fou du balcon, juste devant moi. C’était superbe à voir! Ils s’empilaient les uns sur les autres, se lavaient, s’ébrouaient, jacassaient, bondissaient. J’ai pris 800 photos et une vidéo de l’événement. C’est juste plate que la moustiquaire apparaisse entre eux et l’objectif de la caméra. Mais bon, voici ci-dessous quelques photos du tapon d’oiseaux. Pour voir la vidéo, c’est par ici.

Et une journée j’ai assisté à un drôle de comportement entre deux perroquets. Je pense qu’il s’agit d’une parade amoureuse, parce que j’en ai revus effectuer le même manège juste après avoir copulé. Même que j’ai bien l’impression que la saison des amours bat son plein ces jours-ci parce que ça copule à tous vents dans mes arbres! Vous pouvez voir la vidéo en cliquant ici.

Bienvenue chez moi

Ah que je me sens bien chez moi! Surtout que depuis quelques temps, il fait beaucoup moins froid ici pendant les heures de sieste de Galarneau. Durant le jour, le soleil est toujours présent, jamais un nuage, et il fait jusqu’à 27-28 degrés Celsius.

Et ma chambre est spacieuse, lumineuse, bercée par le chant des oiseaux. À la maison, je passe des heures à colorier. Pour une fraction du prix au Québec, on trouve ici de superbes livres à colorier de mandalas. Je me suis gâtée. J’ai aussi pris des feutres. Je dessine en écoutant de la musique ou des podcasts comme «La soirée est (encore) jeune», «WTF» de Marc Maron (j’adore ce comic un peu fru) ou «Sous Écoute», le podcast parfois hilarant, parfois désolant de Mike Ward.

J’aime bien aussi flâner sur Netflix.

Et j’écoute beaucoup, beaucoup de musique. Et je danse parfois comme une vraie folle.

Doux matins

Au réveil, généralement, je me fais un thé et j’écris pendant quelques heures. Je prépare les textes pour mon blog, les révise, les fignole. Mais je n’écris pas que pour mon blog. J’ai aussi recommencé à tenir un journal, ce que je ne faisais plus depuis mon départ en voyage. Et puis, il m’est venu une idée de roman (encore une!), alors je travaille là-dessus également.

Le dénominateur commun entre tout ça, c’est le buzz que je ressens quand les mots se mettent en place sur la page, quand je sens que j’ai trouvé la bonne formule pour dire quelque chose, quand je réalise que ce que j’ai écrit tient la route.

Sérieusement, peu de choses au monde m’allument et me nourrissent comme l’écriture.

Kid Kodak est dans la place

Quand je me balade dans les rues de Pushkar, je me sens chaque fois privilégiée. Je suis toujours émerveillée par sa beauté, par son énergie. D’ailleurs, depuis que je suis ici, je garde toujours mon appareil-photos à portée de main, à l’affût du prochain cadeau visuel qui me sera offert. Je me sens avide, curieuse. J’ai envie de tout fixer dans ma caméra. La beauté, les couleurs, les habitudes, les bizarreries, les gens, les vaches sacrées, une corniche joliment travaillée…

Aussi, les marchands proposent maintes tentations et je sens parfois une frénésie d’achat de souvenirs qui monte! J’ai bien lutté contre ces envies jusqu’ici, mais je n’ai pas pu résister à un support à encens rose pétant. Heureusement, sachant qu’à mon départ je me délesterai de bien des choses (vêtements, produits de beauté, etc.), cela me permettra de me lâcher lousse et de faire le plein de souvenirs à rapporter dans mes bagages avant de partir.

Escapades en rickshaw

Avec mes amies, je suis allée visiter plusieurs temples situés à quelques kilomètres de Pushkar, en rickshaw. Comme je l’ai déjà écrit, Pushkar est situé dans la zone du désert du Thar. Le paysage aux alentours de la ville est donc sablonneux, avec une végétation désertique. De nombreuses collines font également partie du paysage pushkarien.

Un baba pas au rhum

L’un des plus beaux et paisibles temples que j’ai visités, c’est celui de l’Aaloo Babaa. Le saint homme qui y est installé a été surnommé Aloo Baba parce qu’il ne se nourrit que de pommes de terre et de chai depuis des années (aloo = patate, baba = homme saint hindou). Généralement, les visiteurs apportent une offrande de pommes de terre ou de lait (pour faire le chai) au baba. Nous nous sommes donc arrêtés en chemin pour acheter une provision de pommes de terre pour lui. Quand nous sommes arrivées là-bas, le vieux baba (barbu, avec des dreadlocks) fumait le chilom, assis en cercle avec quelques hommes. Je n’ai pas osé lui parler ni le prendre en photo, mais juste avant que nous partions, il nous a bénies par quelques gestes et paroles, Sivan et moi.

Pour ajouter au plaisir des lieux, nous avons nourri de grains les nombreux paons qui vivent autour du temple. Pas facile à capturer en pixels, ces superbes oiseaux toujours en mouvements! Mais j’ai rapporté une belle plume en souvenir.

Savitri temple

Une autre fois, je suis allée au temple Savitri pour y voir le coucher du soleil. Ce temple est situé au sommet d’une colline. Pour y accéder, on peut soit monter l’escalier y menant ou prendre le téléphérique. On a choisi la facilité. À vrai dire, le coucher de soleil était so-so ce jour-là et le temple est assez banal.

Par contre, depuis là-haut, la vue sur Pushkar est superbe. J’y étais montée à pied avec un compagnon britannique en 2006 pour assister au lever du soleil. J’avais dû céder à un singe un peu trop entreprenant ma ration de biscuits! J’ai donc pu comparer mes photos d’alors avec celles de cette année, pour constater l’évolution de la ville après onze ans.

Temple sans nom

Nous sommes aussi allées visiter un autre temple, dont j’oublie le nom, situé sur un beau site avec de grands arbres, des bassins et de magnifiques oiseaux.

Kite Festival

Le cerf-volant est très populaire auprès des Indiens. Sur le toit des immeubles, on voit toujours des enfants qui essaient de les faire planer. Et la fin de semaine du 13-14 janvier 2018, c’était le Kite Festival. Assise sur mon balcon le dimanche, je regardais le ciel plein de cerfs-volants et j’entendais s’amuser les enfants. Il y avait de la musique forte provenant de partout. L’habituel mélange musical de techno, pop indienne et musique traditionnelle. Et à la nuit tombée, les gens se sont mis à faire s’envoler des lanternes enflammées. Puis sont venus les feux d’artifices. 

Et toute la fin de semaine, de la nourriture gratuite était distribuée sur la place centrale pour l’occasion.

Amitié naissante

Quel plaisir d’avoir une amie de femme sous la patte pour jaser, rire et pour partager repas et activités! Si bien que l’idée de poursuivre ma vadrouille ailleurs en Inde sans la présence de Sivan à mes côtés ne m’enchante pas du tout. Alors je lui ai parlé de mon sentiment à ce sujet et sa réaction m’a vraiment fait chaud au cœur. Parce qu’elle ressens la même chose. Alors on s’est dit que quand viendra le temps de quitter Pushkar à cause de la canicule qui s’en vient tranquillement, on organisera nos flûtes pour s’enfuir ensemble vers une ville du nord.

Je sors du garde-robes!

Coming out musicaux. Comme je le disais plus tôt, j’écoute beaucoup de musique ces temps-ci. Je laisse défiler mes nombreux mp3 pendant que je dessine. Mes goûts musicaux sont éparpillés. Mais voilà, j’ai beau être une fan de Pink Floyd, il n’en reste pas moins que j’adore deux tounes qui me font un peu rougir de honte parce qu’elles me touchent à chaque fois… Ces chansons, ce sont «Ce n’était qu’un rêve», de notre Céline nationale et «L’amour revient de guerre», la chanson-thème de La guerre des tuques, interprétée par Nathalie Simard! Qui m’aime me pardonne ces fautes de goût!

Coming out culinaires. Savez-vous ce que je trouve ici et que je n’avais pas mangé depuis mon départ en vadrouille? Du beurre de pinotes! Cela fait trois pots de suite que je dévore… Cela accompagne tellement bien mes bananes le matin. Aussi, figurez-vous donc que je me suis acheté du café instantané. Je sais, c’est dégueu, mais le matin, des fois, je peux donc me faire un petit café à la maison.

Coming out de bonbons addictifs. Non, je ne fais pas référence ici à mon bec sucré ni à mon penchant pour les substances illicites. Je parle de Candy Crush! Je n’ai toujours eu que mépris pour ces jeux idiots, pour ces no-brainers gobe-temps. Sauf qu’une journée, je cherchais une façon de m’occuper les mains en écoutant un podcast et j’ai pensé que ce serait parfait pour la situation. J’ai donc téléchargé Candy Crush sur ma tablette. Quelle erreur! Ce jeu stupide est hautement addictif…

Coming out vestimentaire. Mes pantalons préférés ici, c’est ceux de la photo ci-dessous. Je les ai trouvés à Singapour, mais il n’y a qu’ici que j’ose les porter pour sortir. Parce qu’ici, tout le monde s’en tamponne de ce que je porte.

Dernière touche au tableau

Me voilà donc à vivre ma vie de bohème, en portant des foulards et des pantalons mous, bouffants et colorés. Il manquait toutefois un élément clé pour compléter ce tableau de la parfaite hippie : le macramé! Puis Sivan a proposé de m’apprendre à fabriquer un attrapeur de rêves. Le tableau est maintenant complet!

Et qu'est-ce qu'on fait maintenant?

Ce qu’on fait? Et bien on vit, mes amis! Ici et maintenant.

Sur ce, je vais me préparer un deuxième café et le déguster sur mon balcon en observant la nature trépidante bouger dans mes arbres. Shanti, shanti, ma vie!

À la semaine prochaine pour la suite de mes aventures!

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johanne pontbriand-vincent
Invité
johanne pontbriand-vincent

c’est bon de te voir si heureuse et épanoui
xxxx

Monique
Invité
Monique

Je reprends mon commentaire interrompu par un appel. J adore ton écriture, ton audace et ton assurance. Tu prends le temps de vivre et de te découvrir. Heureuse d avoir découvert ton blog. Une ancienne employée de la racj.

Marie-Claude
Invité
Marie-Claude

Aaaaawww, t’as l’air bien! Toute sereine! Je t’envie, tu fais vraiment un beau voyage!