Inde: Bhagsu

Intro bonheur

Intro bonheur, c’était mon titre de travail. Mais il est tellement juste que je l’ai laissé. Parce que je nage en plein dedans. Ma vie est parfaite. Le paysage est sublime. La faune et la flore sont aussi magnifiques, qu’étonnantes et variées. Je découvre de nouvelles espèces à plumes, à poils ou à pistils pratiquement tous les jours. Je mange comme une princesse. Je jase avec mes voisins («Good morning, sweetheart», cela commence bien une journée), les proprios et le personnel. J’ai des chats autour de moi. L’air est vivifiant et sain. Le soleil est brûlant et cède parfois sa place à de beaux orages pétaradants. L’environnement sonore est doux. Et puis j’écris, j’écris, j’écris.

Bienvenue à Bhagsu…

Upper Bhagsu

La jolie Bhagsu est haut perchée dans les montagnes. Ici, on travaille son cardio et ses mollets à chaque déplacement. D’autant plus que j’habite Upper Bhagsu et que, pour s’y rendre, il faut monter un chemin assez abrupte presque tout le long. Toutefois, je suis plutôt contente de ce brin d’exercice forcé. Parce que mon athlète intérieure est bien, bien discrète, sinon. Alors avec un peu de chance, je me sculpterai de belles fesses musclées, sans même y penser. (Chut! Laissez-moi rêver.)

On trouve sur la rue de mon coin restos, boutiques et petites épiceries pour se ravitailler en beurre de pinotes, café et chandelles. En alcool, aussi (plus de prohibition comme à Pushkar, ici). Je compare toujours avec un shiraz ou cabernet Jacob’s Creek pour me situer au niveau des prix à l’étranger. Parce que je sais que chez nous, la bouteille est une quinzaine de dollars. Ici, elle est le double du prix. Jacob attendra sagement mon retour. Par contre, je me suis claqué une ou deux grosses frettes, ma Denise. Après presque quatre mois sans alcool, le feeling était curieux!

Aussi, je me suis un peu gâtée dans une bijouterie. Juste quatre petites bagues en argent avec des pierres semi-précieuses… Excessif, quatre? Ouin peut-être un peu, mais en fait, j’en aurais achetées plus! Et il n’est pas dit que je ne retournerai pas fouiner dans les bijouteries avant mon départ…

Toujours sur cette même rue, il y a un temple hindou près de chez moi. La façade extérieure du temple (du côté gauche de la rue, sur la photo précédente) est assez classique, c’est-à-dire too much!, mais l’intérieur est vraiment space. Je n’en dis pas plus parce que deux images valent 2000 mots…

Lower Bhagsu

Au bas de cette rue, c’est la partie plus touristique du village. Là-bas, on trouve plein d’échoppes à souvenirs made in china. Il y a également un temple hindou, ainsi qu’une piscine extérieure publique. Je sais, c’est biz, la piscine (des Indiens en maillot de bain? Nope, pas possible!) Alors est-ce que c’est un genre de bassin sacré dans lequel les fidèles hindous s’immergent (ce qui serait plus logique)? Et bien il faudra que j’envoie un de mes espions s’informer.

Mais si cette partie de Bhagsu a quelque chose d’un peu fake avec ses kiosques à cochonneries, il reste que j’y ai mangé le meilleur paneer parantha de ma vie, avec des pickles indiens succulents et un lassi à la banane délicieux (voir lexique un peu plus bas).

Je panse que oui

En effet, ça a l’air que je ne pâtirai pas de la papille ici, mes amis!

Avant d’y revenir, il me restait un bon souvenir, mais plutôt flou, de mon passage ici en 2006. Mais ce que je n’avais jamais oublié, par contre, c’est le Bhagsu cake.

Le Bhagsu cake, comment dire…? En fait, disons simplement qu’il va falloir que j’arrête d’en manger un chaque jour si je veux fitter dans mon siège d’avion! Ouin, on peut dire ça comme ça! En plus, il y en a maintenant au chocolat blanc ou au beurre d’arachide. Pourquoi!?

(Heille Bhagsu! Comment veux-tu que je me tanne de manger ton cake si tu m’en fournis différentes saveurs??? Un coup bas! Totally unfair, man…)

Voilà le fameux délice, spécialité de la place. C’est-y pas appétissant, le beau morceau de papier de toilette sous les cakes? Je ne m’enfarge pas dans les fleurs de la présentation culinaire, on dirait bien.

Aussi, mon gîte, le View Cafe, opère son propre resto sur place. C’est super parce que, si je le souhaite, je peux aller commander ma bouffe au resto et on me l’apporte à la chambre. Et non seulement le menu est varié, mais le cook (il s’appelle Lucky) est un artiste. J’exagère un peu (je dois avoir un petit creux), mais sans blague, sa cuisine est simple et savoureuse. Par exemple, le thali ci-dessous était exquis (trois grosses piasses de hum-hum-hummmm). Mais comme on peut le constater, on ne s’enfarge pas ici non plus dans les fleurs de la présentation culinaire! Est-ce que je suis la seule à entendre la louchée de lentilles sploutcher dans l’assiette en regardant la photo? Hahaha!

Puis à Bhagsu, c’est la fin du végétarisme forcé (après Pushkar, qui était une ville sainte hindoue sans viande, sans poisson et sans oeuf). Place, donc, au végétarisme choisi. Et dans celui-ci, en avant les œufs, puisque j’en suis une grande fan. Par ailleurs, bien honnêtement, je n’ai jamais mangé de viande ou de poisson en Inde. Parce que les conditions sanitaires ne sont pas toujours au top, d’une part. D’autre part, parce qu’il y a une grande variété de plats végé délicieux à savourer.

Lexiquet et main gauche

Avant de poursuivre, quelques éclaircissements.

Thali. Un thali, c’est un repas indien composé de plusieurs éléments et généralement servi dans une assiette compartimentée. Dans celui de la photo, il y avait du riz, des lentilles (dhal), un curry de légumes, de la raïta et des chapatis. Mais un thali peut aussi comprendre plusieurs types de currys et des pickles indiens.

Pickles indiens. Rien à voir avec nos cornichons. En fait, ils s’apparentent plus à notre «ketchup maison», mais ils sont souvent à base de mangue et de lime et très piquants (en rouge, sur la photo de mon repas dans Lower Bhagsu juste un peu plus haut). Et je suis accro aux mango pickles de marque Patak que l’on trouve dans nos épiceries du Québec. 

Raïta. La raïta est un genre de trempette à base de yogourt avec, souvent, concombre, oignon, menthe ou autres légumes et fines herbes.

Lassi. Le lassi est un breuvage à base de curd (genre de yogourt nature). On le sert parfois simplement salé ou sucré. Moi j’ai un faible pour celui à la banane, mais on en trouve aussi à d’autres fruits comme la mangue, l’ananas, etc. On en trouve aussi parfois à la rose ou à la cardamome (et je salive juste à y penser). Et si vous commandez le special lassi apparaissant sur le menu de certains restos, sachez qu'il aura une jolie couleur verte (vert marijuana).

Chapatis. Pain traditionnel mince comme une crêpe qui accompagne presque tous les repas des Indiens (et nombre des miens). En fait, comme les Indiens mangent sans ustensiles, leurs repas sont généralement accompagnés de riz et/ou de chapatis (ou d’une autre sorte de pain indien comme le roti, le parantha ou le naan). Ils utiliseront le pain pour saisir des bouchées de curry ou de dhal. Ou avec leurs doigts, ils utiliseront le riz pour former des boulettes avec la nourriture (le riz ayant un effet liant), qu’ils porteront ensuite à leur bouche.

Attention : main impure. Et toujours, les Indiens n’emploieront que la main droite pour manger. C’est que la main gauche est considérée comme impure parce qu’utilisée pour se laver le troufignon. Le papier de toilette n’étant pas dans les us du pays, on se torche donc avec de l’eau et… sa main gauche. Pour cette raison, ici, on prendra toujours sa main droite pour manger (bien quin!) ou pour tendre quelque chose à quelqu’un (comme de l’argent à un marchand, par exemple).

Cela me donne des ailes

C’est fou raide les beaux oiseaux que je vois depuis mon balcon! En dix jours, j’en ai capturé en images de vingt «allures» différentes. (J’allais écrire 20 espèces, mais en fait, des fois une femelle est brune, alors que le mâle de la même espèce est coloré. Pas toujours facile, même pour une experte ornithologue comme moi, d’unir ces couples dépareillés. Je me reprendrai au retour à la maison, à grand renfort d’ouvrages de références pour les identifier adéquatement.)

Ces volatiles, ils sont du type colibri jusqu’à l’oiseau de proie, en passant par le type pic-bois. Leur point commun : ma face qui s’illumine quand je les aperçois.

Je vous présente mon premier fab four. À noter que les oiseaux bleus à très longue queue sont superbes, mais qu’ils ont vraiment une voix de marde! Ce sont mes Guy A.!

Néanmoins, peu importe la bête se présentant sur mon catwalk : «T’es donc ben beauuuuu! Merci pour la photo.», que je lui dis. Et je le redis en regardant les photos après!

Non, non, non, c'est pas comme chat

Mon plan de conquête des félins du coin est commencé. Les chats (ils sont quatre, tous tigrés), même s’ils se méfient encore, passent quand même devant moi sur le balcon quand j’y suis (en se dépêchant un peu ou beaucoup, selon le poilu). Il faut que j’explique que les chats se tiennent sur les trois balcons de mon étage, qui communiquent ensemble par une étroite bordure de béton. Ils passent donc d’un balcon à l’autre, cherchant le soleil et/ou l’absence d’humain.

(Parce qu'en Inde, les chats errants ne sont pas tellement bien traités. J'en ai vus chassés à coups de bâton. J'en ai vus pourchassés par une bande de garçons, pour jouer. Puis une fois, à Kochi, un chat dormait roulé en boule par terre et un homme lui a crissé un coup de pied en passant à côté de lui, sans raison. Cela les rend méfiants envers l'homme, on s'en doute. Et si on construisait un temple dédié à un nouveau dieu, mi-homme, mi-matou? Est-ce que cela aurait le même effet qu'Hanuman pour les singes et entraînerait un nouveau respect des chats par ici? Et ne me dites pas qu'il est trop tard pour créer un nouveau dieu parce qu'après tout, le dieu Dollar est une création assez récente et sa popularité est tristement indéniable.)

Pour en revenir à mes moutons, il y a un jeune enjoué qui semble plus enclin à faire ma connaissance. D’abord, je l’ai vu boire à mon bol d’eau fraîche placé au sol. Puis c’est ma corde à linge qui l’a conquis, attiré par le bout de corde qui pendouillait, parfait pour jouer. Il s’est même risqué deux fois à entrer dans ma chambre (avant de vite en ressortir). Mais il reviendra, le jeune curieux que j’ai surnommé «Le Heune» (aspirez-moi ce h en beauté). À suivre!

Un autre des chats est blessé, une plaie rose au flanc. Son surnom : L’Éclopé. Sur la photo, Le Heune est à gauche, L’Éclopé, à droite.

Puis cette belle femelle pourrait bien être leur mère. Et elle semble un peu en rabette, comme dirait la mienne (surnom : La Toutoune).

Finalement, voilà le chien des voisins. Il est tout chou, mais il jappe comme un doberman (à supposer qu’un doberman jappe fort et avec beaucoup d’enthousiasme). Sa passion, c’est de courir après les chats. Sa maîtresse et son garçon de 7-8 ans passent leur temps à courir sur notre terrain pour le récupérer, en criant quelque chose comme : «Poupée!». Voici donc Poupée.

Persona non grata

Je me disais récemment que j’ai été chanceuse au niveau des bestioles pendant ma vadrouille. Trois coquerelles (Lovina, Koh Phi Phi), autant de petits scorpions (Pemuteran) et une méga araignée (Canggu)… Rien de bien terrifiant.

Alors bien sûr est apparu un intrus dans ma maison (la pensée créatrice, que voulez-vous)!

Vous savez la grande bibitte d’humidité pleine de pattes qu’on dirait des longs poils et qui se pointe à l’occasion dans nos salles de bain? Non? Tant mieux pour vous! En tout cas, je suis arrivée nez à nez avec son cousin obèse planqué derrière un rideau! J’ai réussi à pousser vite, vite cette vision d’horreur vers le balcon (en couinant). Mais c’est clair que la prochaine fois que je sortirai sur le balcon, je le ferai à la manière d’un commando entrant dans une pièce où se cachent des tueurs. C’est-à-dire en ouvrant la porte à toute volée, vérifiant chaque recoin de la pièce attentivement avant d’entrer, lentement, mon arme de poing à la main! (Mon arme étant un grand carton pour la faire débouler en bas du balcon.)

Le mot de la fin

Voilà pour les nouvelles de votre vadrouilleuse cette semaine. La semaine prochaine, je pense raconter mon expédition à la chute de Bhagsu.

En terminant, parce que parmi mes visiteurs préférés, il y a ces petits punks gris (encore des punks) qui viennent de temps en temps me montrer leur huppe, le mot de la fin sera… ANARCHIE!!!

À bientôt, les weirdos!

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Isabelle en vadrouilleRenelleJulie Recent comment authors
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Renelle
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Renelle

Bonjour belle Isabelle, douce comme du miel,
Un autre samedi matin à sourire,rire et même verser quelques larmes en te lisant. C’est ma façon préférée de débuter la fin de semaine. Même au Quebec, il te faudra continuer ton blogue, j’ai vraiment trop plaisir à te lire et je sais que je ne suis pas la seule. Je pense à toi. Xx

Julie
Invité
Julie

Continue de monter et de descendre ta montagne pour effacer l’effet de ton gâteau quotidien… En plus, tu auras un fessier d’acier à reposer dans ta chaise de bureau. 😉 xxx