Isabelle sans vadrouille

Toute dévadrouillée

Le clown est tri-ste. Le clown est tri-ste. Tout seul en pi-ste. Y est triste en chriii-ste!

- RBO

Déjà plus d'un mois que ma sabbatique est derrière moi...

Avant même de partir en vadrouille, je savais que le choc du retour au boulot serait majeur. D'ailleurs j'avais prévu le coup: je suis rentrée au pays avec quelques projets en poche, question de me garder enthousiaste à l'arrivée.

Je m'attendais à être frappée par une onde de choc, donc. Ce qui m'étonne, par contre, c'est à quel point je suis déstabilisée par ce qui devrait être ni plus ni moins que le «retour à la normale». Parce que depuis que je suis revenue, je ne trouve rien de normal à ce quotidien qui ne m'appartient plus... Ainsi, mon état d'esprit, au lieu de s'améliorer de semaine en semaine, dégringole.

C'est quoi, qui me tue à petit feu? La routine? Le travail de bureau? La perspective de toutes ces années de routine devant moi? Je ne sais pas. Ce dont je suis convaincue, toutefois, c'est que le fait de changer de job en ce moment ne changerait rien à l'affaire. Alors depuis quelques temps, je me sens un peu perdue dans mes luttes intérieures. Je suis dépassée par tout ça, honnêtement. Et j'étouffe tant bien que mal une envie grimpante de fuir toutes voiles dehors!

Des journées, je me dis que mes collègues doivent apercevoir, au loin dans le couloir, un nuage gris tourbillonnant (avec des mouches dedans), avant de finalement comprendre que c'est juste moi qui s'avance, avec mes mauvaises vibrations qui se font un zumba. Je fais quand même des efforts pour essayer de sourire (ou de pousser la blaguounette), question de ne saper le moral de personne. Mais peut-être que, quand je m'efforce trop fort pour leur donner le change, les gens pensent-ils que je leur montre les dents au lieu de leur sourire! Parce que je dois sonner faux par bouts.

Ce qu'il y a, c'est que j'ai peur, un peu. Peur de rester pognée dans la tourmente. Peur de passer le reste de ma vie pas à ma place, pas en phase avec moi-même. Peur qu'à force de froncer les sourcils, mes rides frontales finissent baptisées «cratères d'Isa» par la Ville, qui chargera 2$ pour leur découverte en chaloupe! Et comme moi, la visite, je ne raffole pas...

(Je suis encore capable d'autodérision... C'est bon signe, non?)

Shine on you crazy diamond

Alors comment je gère tout ce bordel interne? Hé bien jusqu'ici, j'alterne entre l'inertie totale (je suis passée pro pour faire la roche years ago) et l'active recherche de solutions menant à mon éventuel bien-être. S'entremêlent donc les jours de face longue et les jours décadents où je me permets tout. Je passe d'une crise de larmes à une longue séance de réflexion sur le sens de ma vie. Ou de l'abrutissement total de ma cervelle (par tous les moyens du bord) à l'écoute attentive de ce que je ressens à l'instant précis.

Et puis je m'agrippe à l'amitié, à la zoothérapie, à mon amour de la vie. Et je me rappelle, de temps en temps que, dans la vie, tout passe.

Surtout, j'ai l'impression de tailler (de gré ou de force) dans un diamant brut. Parce que je suis convaincue que je ne rush pas dans le néant en ce moment. Je pense que je sortirai de cette phase-caca avec une teinte de plus à ma palette de couleurs, et que cette nouvelle teinte viendra rehausser la toile complète de ma vie et de ma compréhension du monde. Il jaillira des éclats lumineux de ce passage à vide, je crois!

Mais en attendant que je retrouve la sérénité, je terminerai avec une phrase que me lance à l'occasion mon cher Me B., au bureau (citant lui-même je ne sais plus qui), et qui reflète assez bien mon état d'esprit des derniers temps :

«Stop the world, I wanna get off!»

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