Isabelle en post-libertum!

La face cachée du retour

Cela m’intimide énormément de publier cet article. Malgré tout, je sens qu’il faut que je le fasse. Après tout, l’objectif premier de ce blogue était de raconter mon année sabbatique à voyager, incluant les préparatifs, la vadrouille en tant que telle et le retour. Si ce dernier m’a menée là où je n’avais pas du tout l’intention d’aller, je pense néanmoins que je doive le raconter, en toute honnêteté, afin de boucler la boucle. Alors je me lance.

Si vous avez lu mes deux dernières publications, vous vous doutez sûrement, mes chers Watson, que mon retour fût douloureux. Oh que j’ai crashé! Une fois de retour au travail, en l’espace de huit semaines, mon discours intérieur a glissé de «J'aime donc ben la vie, moi!» vers «À quoi bon continuer à vivre de toute façon?». J’en suis encore tout abasourdie d’en être arrivée là. Le cerveau est décidément une drôle de petite bête…

Ce qui s’est passé est simple. J’ai passé presque trois ans à rêvasser de mon congé sabbatique à venir, suivis d’une année les deux pieds dans le merveilleux. Bref, quatre années à planer joyeusement grâce à ce projet. Alors de retour dans mon ancienne routine, j’ai rapidement été envahie par le vide et j’ai crashé vitesse grand V dans un profond abysse de gris.

La chute au tapis

Je savais que le retour serait inévitablement difficile, mais je me pensais équipée pour faire face à la situation. Parce que oui, mon année de vadrouille a été une année d’exception, que je chérirai toujours. La plus belle année de ma vie, même! Enfin jusqu’ici… La nuance est importante. Parce que je ne suis pas du tout revenue dans la nostalgie du voyage. Au contraire, j’étais satisfaite, sans aucun sentiment d’une quelconque incomplétude face à ma sabbatique. Je suis rentrée au pays le regard droit devant, toute prête à embrasser la suite de mon aventure humaine et greillée de mon habituel enthousiasme et d’un profond amour de la vie.

Mais bien malgré moi, je me suis retrouvée complètement désarmée, terrassée par une sensation débilitante de grand vide, submergée par des sentiments puissants de tristesse, d’anxiété et d’abattement. De culpabilité et de honte, aussi, parce qu’incapable de prendre sur moi pour me sortir de cet état-là. Et pour la première fois de ma vie, j’ai entraperçu le désespoir.

Alors le diagnostic est tombé : dépression. Après Isabelle en vadrouille, voilà que je me retrouvais Isabelle en post-libertum! La vie est pleine de rebondissements…

Get a grip, Marshall!

Ma remontée vers la lumière fut un long et lent processus. Toutefois, petit à petit, mes pensées se sont éclaircies, mon cœur s’est remis à battre et doucement, le sourire m’est revenu à l’idée des lendemains.

Et si les derniers mois ont été difficiles, je suis consciente néanmoins d’avoir été privilégiée, même au pire de la tempête. D’abord parce que j’ai un travail qui m’a accordé le luxe de prendre le temps de me rétablir sans trop de soucis financiers. Aussi, je tiens à dire que mon patron a été impeccable dans les circonstances (à l’écoute, compréhensif, rassurant).

Mais surtout, j’étais bien entourée. Ma mère (avec sa patience et ses bons petits plats) et mon beau-père (avec son humour bien à lui) m’ont pris sous leurs ailes.

Et puis j’avais une carte magique dans mon jeu : un lunch hebdomadaire avec mon amie Danielle. Cette femme-là est tellement lumineuse que, quand elle te fait l’accolade, elle te donne la tag du goût de vivre en même temps!

Finalement, je pense que mon chat m’a sauvé la vie, en quelque sorte. Je sais que cela peut sonner idiot, mais dans mes jours les plus sombres, mon gros Poulet, avec son petit nez rose et son brin de folie, était le seul point ensoleillé de mon quotidien.

Boucler la boucle

Cela dit, je pense avoir enfin réussi à semer ce mosus de nuage gris.  À moi l’enthousiasme et la joie de vivre retrouvés! Je recommence donc progressivement le travail le 20 mars. Et si je me sens un peu nerveuse, je pense toutefois que ça ira. Alors maintenant, place à mes nouveaux projets!

Voilà. La boucle est bouclée. Vous venez de lire le dernier article à propos de ma sabbatique à voyager.

Je vous remercie chaleureusement de m’avoir accompagnée dans cette formidable aventure.

À la prochaine vadrouille!

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Marie-Claude Dufour
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Marie-Claude Dufour

Yéééé! J’ai hâte de te voir!

Diane Ross
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Diane Ross

Bonjour Isabelle, je suis à St-Martin et je viens de lire ton dernier plog désolée d’apprendre pour ta santé, pas évident le retour à la routine après de si belles expériences et rencontres enrichissantes. Je te souhaite de retrouver le bonheur et ta joie de vivre, tu es une fille radieuse dans tous les sens du mot.

Prends bien soin de toi.

Xxxx
Diane

Jocelyne Thibault
Invité
Jocelyne Thibault

Isabelle, je suis tellement contente de savoir que tu vas mieux! Je m’inquiétais parce que je me doutais que le retour à la réalité serait extrêmement difficile. J’ai toujours dévoré tes textes avec avidité, peu importe ce que tu avais à raconter. Et je serai toujours heureuse de recevoir de tes nouvelles. Merci encore d’avoir partagé avec nous!
Au plaisir de partager une prochaine vadrouille avec toi! 🤗
Jocelyne Thibault

Nicolle Charpentier
Invité
Nicolle Charpentier

Tellement contente de te savoir sur la route……bonne route…je serai toujours heureuse de te lire….💕💕
Nicolle

Julie
Invité
Julie

Une grosse boucle de bouclée!! J’ai hâte de te suivre dans tes prochaines aventures. Gros bisous de nous trois! xxx